mardi 30 août 2016

Des vacances françaises




 Je n'ai pas beaucoup ouvert mon ordinateur cet été...
depuis les évènements du 14 juillet, qui n'ont eu lieu qu'il y a un mois et demi, j'ai l'impression qu'il s'est passé une vie...
Cet été a été intense: dur, et revigorant à la fois.


mardi 19 juillet 2016

Nice. La foule



le Figaro



Je n'ai jamais été fan de la foule. Depuis longtemps, j'évite les rassemblements, les salles de concerts, les stades.
D'abord parce que je ne m'y suis jamais sentie en sécurité (mon petit côté claustro), ensuite parce que je n'aime pas les phénomènes de groupe. C'est mon côté animal solitaire, mais je trouve que le groupe rend idiotes des personnes qui, individuellement, sont d'intelligence normale (oui, c'est un peu mon côté radical).
(Vous devinez donc aussi que je n'aime pas spécialement les manifs)
Logiquement, après le Bataclan, j'évite encore plus ces endroits.

Je n'étais pas sur la Prom' pendant la minute de silence, pour plusieurs raisons aussi. Bon, d'abord parce que j'avais mes enfants, ensuite parce que je trouve ça ridicule, enfin parce que j'ai besoin de me maintenir un minimum en dehors de tout ça pour gérer le truc, et toutes les angoisses qui vont avec. C'est très personnel.

Entendons-nous bien, je ne critique pas du tout ce rassemblement, je l'ai d'ailleurs trouvé émouvant et fort. C'est juste qu'à titre personnel, je ne m'y serais pas spécialement sentie a l'aise.

Je n'ai pas de problèmes non plus avec la façon dont chacun gère le choc, le deuil. Je comprends à la fois ceux qui ont besoin de se recueillir, d'exprimer leur tristesse ensemble, que ceux qui ont besoin de continuer à vivre, à sortir. (Même si, pour moi, la Promenade des Anglais a quelque chose de sacré en ce moment, et il me paraîtrait incongru d'y faire mon footing ou d'aller me baigner juste à côté)
Mais je n'aime pas la foule.

Même si dans le fond, le niçois est grande gueule, et c'est pour ça qu'on l'aime, et que je comprend tout à fait les sifflets contre Manuel Valls (franchement, qui aurait envie de serrer dans ses bras des gouvernants qui ont du sang sur les mains, et nous expliquent, philosophes, que rien ne pourra être fait, qu'il faudra s'habituer à voir nos enfants crever d'une mort violente, que "tout a été fait, et bien fait", dans la lutte contre le terrorisme? -je développerai cela dans un prochain billet, mais, vu de Nice, où la gauche a été quasiment éradiquée, où les discours baba-cool n'existent pas et où la langue de bois n'est pas admise, ce discours angélique n'est pas audible, et les élites parisiennes devraient prendre plus en compte cette colère), que ce n'est pas à lui de décider si ces sifflets sont indignes ou pas, et qu'il doit juste se taire face au deuil que vivent les Français, je suis mal à l'aise avec ce hurlement collectif. Une personne se met à huer, et puis une autre... Et tout le monde suit, par mimétisme. Cela aurait pu être des pleurs, ou des insultes, ou plus que ça... Et cet effet moutonnier me fait peur.

J'ai vu qu'à l'emplacement du camion, il y avait tout un tas de détritus déposés par la foule. Je comprends ce besoin de se défouler, d'expulser la colère, ce petit mausolée morbide a une valeur cathartique... Mais ce défoulement collectif ne m'inspire pas.

Le soir du drame, j'ai vu sur Facebook un statut dénonçant le comportement d'un restaurant, le Grand Balcon, qui aurait fermé ses portes aux personnes ayant eu besoin de secours... Et j'ai surtout vu que ce statut avait été partagé des milliers de fois en très peu de temps, en en rajoutant contre la gérante, sans prendre la peine de savoir ce qui s'était passé.

Ce genre d'acharnement de violence contre une personne, ce jugement version far-west, c'est selon moi, proche du lynchage. Quelque chose qui fait du bien à la foule assoiffée de revanche, au détriment de quelques pauvres victimes. (Que je sache, ne nous trompons pas... le monstre ce soir là était cette petite bite ignare, ce rebut de la société, ce fils de chien alcoolique, pas assez couillu pour assumer sa sexualité, ce putain d'enfoiré de terroriste... pas cette dame) (pardon, ça c'est mon côté Gilles de la Tourette)
D'autant que le gérant -et ami- d'un restaurant, situé en face du High Club (boîte de nuit abritant ce soir là un hôpital de guerre improvisé), a reçu lui aussi pour ordre de fermer ses portes afin d'abriter la cellule psychologique d'urgence pour recevoir les proches.

Ce genre de mouvement de foule me fait penser aux vengeances populaires, aux tontes des femmes après la Libération.
L'être humain a un côté obscur, une part de violence... Nul besoin de l'encourager, car, en groupe, il peut faire des choses folles très rapidement.

Alors ok, parce que certes, je suis un peu sauvage, mais pas complètement misanthrope non-plus, je sais aussi que le groupe a des vertus, que l'humain a besoin de se retrouver, de se coller à ses semblables pour se réchauffer... les messes et autres rassemblements, les chants, les chorégraphies, ont un pouvoir immense sur le cœur et l'âme...

Quand ils sont là pour transcender la douleur, pas pour y répondre sur le même mode.
(Même si, au fond, je comprends que face à tant d' injustice, l'animalité, la sauvagerie qu'on a tous en nous, à peine enfouie sous la fine couche de civilisation et d'éducation de chacun, ait besoin de ressortir)

J'espère qu'on y arrivera.



l'Insoutenable Légèreté de l’Être

mercredi 6 juillet 2016

Une mère (en vacances)


"Domestic bliss", Susan Copich


Vous hésitez entre ajouter une sixième heure de sommeil dans vos 24h en faisant une petite sieste... Ou vous préparer à manger? (Je croyais que ça valait juste quand on avait un nourrisson, mais des années après, j'y suis encore...)

Vous n'avez trouvé, comme créneau pour vous épiler, que le lundi soir à 23h?

Entre une soirée apéro-resto-festival de jazz, pour votre anniversaire, et retrouver votre lit avec un bon livre en éteignant les lumières à 21h, vous connaissez évidemment votre préférence, mais vous n'osez pas trop le dire, de peur de passer pour un bonnet de nuit mormon au régime, abstinent et dépressif?


lundi 4 juillet 2016

"Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque)" de Thérèse Hargot.

http://www.albin-michel.fr/ouvrages/une-jeunesse-sexuellement-liberee-ou-presque-9782226320124



Depuis un moment, ce livre  Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), de la philosophe et sexologue Thérèse Hargot (jeune trentenaire, mère de trois enfants) était dans ma pile à lire, sur ma table de chevet. Bien qu'attirée par le sujet, j'étais aussi un peu rebutée par le thème, d'apparence clairement déprimante.

J'ai trois jeunes enfants... je suis déjà prévenue par l'entourage (parents d'enfants un peu plus âgés, profs de 6ème-5ème...), je sais que les très jeunes ados d'aujourd'hui ont accès aux images porno bien plus facilement que notre génération (merci les smartphones, merci à cette société qui fait que les parents sont les premiers à pousser des cris d'orfraie, s'alarmer du fait que les enfants font tout de plus en plus tôt, mais qui sont aussi, paradoxalement, les premiers à croire devoir équiper leurs enfants en smartphones le plus tôt possible, à les jeter littéralement dans la gueule du loup...), et que c'est bien avant la fin de l'école primaire qu'il va falloir préparer nos enfants à la réalité, leur parler...
Mais, c'est humain, il y a certaines choses qu'on sait ou qu'on devine, en tant que parents, et qu'on aimerait ne pas trop regarder en face, de peur d'être dévastés en constatant l'évolution de la jeunesse en 30 ans (sans parler du coup de vieux qu'on y prend au passage).