mercredi 26 avril 2017

Aimer être enceinte... (ou pas): et vous, alors?

(une photo prise la semaine dernière.. si si!)


Y a-t-il des femmes parmi vous aimant la grossesse? et d'autres ayant plus de mal à vivre cette période?

Je vais attaquer le dernier trimestre, et comme à chaque grossesse, ça s'accompagne d'un petit coup de mou. Les six premiers mois se sont merveilleusement passés, j'ai quand-même la chance de n'avoir quasiment aucun désagrément lié à la grossesse, mais là, ça y est, ça commence à faire long, comme le disait Florence Foresti...

Je commence à m'inquiéter devant les épreuves qui m'attendent... physiquement je me mets pas mal la pression pour "tenir". Je sais que je ne vais pas avoir le choix... je vais devoir m'occuper des trois grands jusqu'à la fin, sans faiblir.
Et parfois je me dis que je ne vais pas forcément y arriver (bon j'ai réussi à chaque fois... mais ce pessimisme diffus augmente tout doucement... ce qui est sûrement un peu logique, mais pas forcément rationnel: tout va peut-être merveilleusement se passer jusqu'au dernier jour)

Jean-chou donne tout ce qu'il a, mais ce n'est pas un auxiliaire de vie/psy/taxi non-plus... il est super pris par le travail et ne peut pas être au four et au moulin. Il est présent au maximum, assure avec les enfants, est patient plus que de raison, me dit tout le temps qu'il me trouve belle (quelle gentillesse de sa part, j'ai beaucoup de mal à le croire) heureux de sentir l'arrivée de son deuxième fils approcher... je n'ai absolument rien à lui demander de plus!

Moralement j'entame aussi ma période la plus dure... comme à chaque fois, je suis un peu désespérée des déformations de mon corps. J'ai l'impression d'avoir mille deuils à faire: mon apparence, mon modeste potentiel de séduction, l'éternelle question "mais comment mon ventre va-t-il retrouver le chemin pour redevenir plat à nouveau?", et puis tous ces plaisirs, ces petits paradis artificiels, sur lesquels j'ai du tirer un trait, et qui rendent, du coup, la vie plus monacale, moins savoureuse. 

Ne serait-ce qu'après une journée bien crevante avec les enfants pendant les vacances... j'avais l'habitude pour évacuer les tensions de boire une coupe de champagne/aller au yoga/sortir/faire un resto en amoureux/mettre des fringues sexy (ou juste bien coupées)/boire plusieurs autres coupes de champagne/ faire des galipettes/tout ça en même temps...
Là, quasiment tout m'est strictement prohibé. Je suis fatiguée. Moins dynamique. Je m'écroule de fatigue le soir et j'ai mal au dos. Du coup je suis aussi moins drôle.
Et c'est super frustrant par moments. 

et comme souvent, c'est parce que certaines choses sont interdites qu'on en a subitement bien plus envie... Je n'ai jamais été spécialement fanatique de sushis, mais en passant devant notre petit izakaya préféré à Nice (Quoi, vous ne connaissez pas le génial Maïdo?), maintenant, je salive avec un brin de masochisme. Tous ces détails peuvent paraitre bien superficiels à toute personne non enceinte... mais ajoutés à la longue liste des choses interdites, ça a son petit côté supplice chinois.

(J'ajoute que le manque de yoga se fait sentir... encore une "addiction" que j'ai du mettre en suspens... la prof que j'adore est partie en voyage 6 mois -elle sera de retour cet été, ce qui tombe bien-, une autre de mes profs est géniale mais son cours est trop physique et athlétique maintenant pour mon état... et une autre prof, dont les cours me paraissaient plus accessibles, m'a clairement fait sentir qu'elle était mal à l'aise avec le fait que je sois enceinte... et la perspective d'un yoga prénatal, pour le coup plus mou et moins fun, me fait moins envie...)

C'est parfois dur d'être une femme, quand-même (ça, c'était la sentence existentielle à la con)

Ma "force" c'est que je reste lucide et mesurée sur cette période et mes sautes d'humeur... je sais que c'est une période à vivre, qui me paraîtra loin une fois le bébé là... je sais que je suis de ces femmes qui aiment être mères dès les premiers instants (le séjour à la maternité, pour moi, malgré les plateaux-repas servis à 18h et la foule de gens qui viennent taper à la porte 24/24 est quasiment la définition du paradis sur terre, tant la fusion avec un nouveau-né me procure de bonheur, imaginez un peu) mais qui n'aiment pas particulièrement la grossesse. J'ai donc plutôt confiance pour l'après.

Mais il me reste quand même 3 mois à tirer et ça me met parfois en colère de voir que la terre entière continue de tourner, que Jean-Chou continue d'avoir mille possibilités pour relâcher la pression, alors que pour moi tout est en suspens (je suis totalement égocentrée, je le reconnais) et que j'aimerais bien être traitée un poil comme une princesse. Pas trop, mais un peu sacralisée quand-même, vous voyez?
Ajoutons à cela que ma petite dernière est très dure en ce moment (quoi, ça fait 3 ans et demi que je dis ça?): à peine une période de progrès dans son comportement est-elle passée que l'on en paye le prix juste après, avec une grosse phase de régression, faite de caprices, de crises, de tentatives de négociation... Je gère ses émotions et crises minute par minute en ce moment, comme le lait sur le feu, et c'est épuisant.

Inutile de préciser que je ne bénéficie d'aucun traitement de faveur particulier, je ne suis pas spécialement aidée (même si je trouve que je fais déjà partie des privilégiées), et que je ne caresse même pas l'éventualité de me plaindre (sauf auprès de Jean-Chou, sur ce point on peut dire qu'il est servi), tant je crains que ce soit mal vu. du genre "tu les as voulus tu assumes". 
Je sais que lorsqu'on fait le choix de faire un quatrième enfant, dans la société dans laquelle on vit, on n'a pas spécialement le droit à l'erreur, et c'est le genre de remarque à laquelle on peut s'attendre; je ne préfère par les provoquer. Alors je fais mon maximum pour être forte chaque jour, et donner l'image de quelqu'un qui ne se plaint pas. Car si on a fait un peu plus d'enfants que la moyenne, on est une femme forte, n'est-ce pas? 

Je suis super indépendante, et je ne suis clairement pas très douée pour demander de l'aide (par orgueil un peu, parce que j'aime bien n'en faire qu'à ma tête, et aussi parce que j'ai de gros doutes sur l'éventualité de recevoir une réponse positive, tant tout le monde, et c'est bien normal, est occupé et a sa vie à gérer) ... issue d'une famille où chacun est tres indépendant et tres occupé... ce qui a beaucoup d'avantages, et forcément quelques inconvénients aussi (disons que nous ne faisons pas partie de ceux qui peuvent caser leurs enfants super facilement pour avoir un week-end en amoureux).

Alors voilà. Objectivement tout va bien. J'ai une super vie. J'ai beaucoup de chance d'être enceinte alors que d'autres ne le peuvent pas. Mon bébé bouge énormément et me donne plein de signaux positifs. Je suis en bonne santé et j'ai peu de désagréments. 
Je viens de recruter un baby-sitter, un lycéen qui vit dans notre immeuble... ce qui matériellement pourra m'apporter beaucoup. On a une femme de ménage depuis des années (depuis la naissance de notre deuxième enfant), et c'est une grande chance.
Mais voilà... ce n'est pas tellement sur l'organisation ou le matériel, que j'ai des petits coups de mou.

J'éprouve plus une fatigue généralisée, un bouleversement d'émotions, une impatience .. dont j'attribue une partie de la responsabilité aux hormones... mais aussi au fait que je ne me sente pas forcément comprise, dans ces périodes-là. J'éprouve aussi, et c'est moins glorieux, une sorte de sentiment d'injustice, une frustration, voire parfois un enfermement... qui me font avoir hâte d'arriver au terme de ma grossesse.
Comme pour chacune de mes grossesses, je suis un peu seule avec mes inquiétudes, en fait... même si cela ne se décèle pas le moins du monde quand on me voit. D'un côté, j'adore ces moments un peu à part dans ma vie de femme, je réussis à savourer le plaisir de fabriquer une vie, patiemment, jour après jour... et de l'autre, j'aimerais parfois avoir des pauses. Que ce ne soit pas forcément H24. Les ambivalences...

J'ai conscience aussi que, contrairement à une première grossesse, où l'on prend sûrement beaucoup plus le temps de se centrer sur son nombril, de se chouchouter, de s'écouter.... les journées passent sans que je consacre beaucoup de temps, ni d'énergie, à me centrer sur mes ressentis autour de ce futur bébé. 
Je ne fais pas de préparation à l'accouchement, je n'ai pas spécialement envie de faire toutes ces choses que je trouve un peu artificielles, sur lesquelles on peut avoir tendance à se ruer quand on est enceinte pour la première fois, comme l'haptonomie, le chant death-metal prénatal ou l'aqua-poney de grossesse ou que sais-je encore.
J'ai sûrement tort, je perds peut-être l'occasion de me poser un peu et de me préparer... et d'un autre côté j'ai pleinement confiance en mes capacités pour ce qui concerne l'accouchement, et toute la suite. Je me sens, tout simplement, prête, et ne ressens pas le besoin de me mettre en maillot de bain moche Arena pour flotter maladroitement, tout ventre dehors, avec plein d'autres femmes dans mon état, dans une piscine municipale, au son d'une musique à visée relaxante, mais qui aurait toutes les chances de me stresser un peu plus.
Le fait de ne pas être centrée toute la journée sur ma grossesse, bien occupée que je suis par mes enfants déjà présents, présente aussi l'avantage de faire passer les choses plus vite.

Alors voilà... à celles qui font partie du groupe de celles qui "adoooooorent être enceintes" et vivent un rêve éveillé du premier au dernier jour: j'ai besoin de vos trucs et astuces.
Ca me paraîtra exotique, et ça me donnera peut être quelques idées! 
Les autres, les comme moi, n'hésitez pas non-plus à vous exprimer... ça me rassurera sûrement sur mes ambivalences.

Parce que, je le sais maintenant, et je vois bien que je le ressens de manière identique pour la quatrième fois... je ne fais pas partie de celles qui aiment particulièrement cette période, où l'on est forcée à mettre son corps entre parenthèses. 
C'est aussi pour cela que j'ai allaité seulement mon aînée, et que j'ai ressenti comme une libération le fait de donner le biberon à mes enfants suivants dès leur naissance: Dès que je sors de ce bain d'hormones, que je me libère de ce carcan de la grossesse (et de ce qui peut prolonger cet état, comme le fait d'allaiter par exemple), que je retrouve mon corps, que je m'amincis, que je retrouve mes seins, mon ventre, juste pour moi, je retrouve enfin le gout, l'envie, le plaisir, l'énergie. Peu importe si mes nuits sont entrecoupées de réveils-biberons.
Et la vraie vie peut enfin commencer, et je peux enfin me donner tout entière à mon nouveau-né, et à mes autres enfants, à mon homme aussi, libérée de toutes ces entraves.
Je peux tout simplement redevenir enfin femme, ce qui me semble bien plus difficile quand je suis enceinte (la sexualité faisant aussi partie des domaines à reconquérir... et j'ai toujours ressenti très vite, après chaque naissance, une forte envie de redevenir femme, et pas que mère, pour mon Jean-Chou).
Je n'ai, par exemple, jamais ressenti de "nostalgie" sur mes grossesses précédentes. J'ai eu des désirs d'enfant très forts... mais jamais de désirs de grossesse. Vraiment pas. Cela ne m'aidera donc pas à spécialement "profiter au maximum" (j'ai toujours eu du mal à comprendre ce conseil...) de cette grossesse qui je pense sera la dernière... en revanche, profiter au maximum d'un bébé, ça, je sais faire.

J'en parle de manière d'autant plus lucide que je sais que certaines femmes, au contraire, disent clairement ne se sentir bien, précisément, que dans les périodes de grossesse et d'allaitement. Et je suis vraiment étonnée par la différence de ressentis qu'on peut avoir sur cette période de la vie.

D'ici là, je vais essayer de profiter de moments off, avec la reprise de l'école, jusqu'à début juillet, pour recharger au maximum mes batteries, essayer de prendre un peu de recul (je suis consciente que les vacances avec les enfants sont des périodes éprouvantes pour les nerfs et l'énergie  et qu'enceinte les difficultés sont démultipliées, ce qui peut jouer sur mes perceptions et mon moral).

Mais la grossesse, pour moi, c'est cela aussi... pas seulement cette jolie image d'épanouissement sur papier glacé, mais une épreuve, un chemin parfois un peu escarpé, un bouleversement en profondeur, une révolution intérieure. Dont je sais que je ressortirai plus forte, comme je l'ai été après chaque naissance... mais dont je n'ai pas envie de nier les difficultés (Même si j'ai conscience que la franchise de mon discours pourra heurter les certitudes, en forme d'images d'Epinal, de certains)

Merci pour votre écoute. Je n'attends pas de solutions venant de l'extérieur (je les ai toutes en moi...), en revanche je serai curieuse de lire vos ressentis, pour en mesurer la variété, et prendre du recul.


lundi 17 avril 2017

Dublin avec les enfants




Pendant cette première semaine de vacances de Pâques, nous sommes partis tous les cinq à Dublin.
On avait envie de faire un dernier petit "family-building" avant la naissance du bébé...

Comme notre petit trip à Edimbourg avec eux il y a deux ans et demi nous avait laissé un super souvenir, on a eu envie de visiter une autre capitale de la Grande-Bretagne.
(pour tous nos voyages en famille, la rubrique est ici)


vendredi 7 avril 2017

Petits bonheurs... (printemps 2017)




Retrouver Jean-Chou pour un déj en amoureux, sur la Prom'... histoire de se voir, de papoter un peu tranquilles, et ailleurs que sur notre canapé, épuisés, le soir (on passe certes des heures côte à côte chaque nuit, mais on n'en pas moins cette impression de ne pas avoir beaucoup de temps pour nous en ce moment...). Ce sont toujours des petits moments de bonheur!
On entend souvent cette phrase un peu cliché: "oh à Nice, vous êtes toute l'année en vacances!"... 

lundi 3 avril 2017

L'accouchement dans la littérature: le point de vue du mari, dans "Anna Karénine" (Tolstoï)



Il y a des choses de la vie, banales et universelles, qui sont, paradoxalement, assez peu traitées par les écrivains, et même par les artistes en général.
Parmi celles-ci, il y a l'accouchement.
(Cette exception venant contredire la géniale et très juste citation d'Oscar Wilde, selon lequel, pourtant, "La vie imite l'art")

Le fait que je sois déjà passée par là, et ma grossesse actuelle, m'y rendent peut-être encore plus sensible: je trouve que l'accouchement est une des aventures les plus intenses physiquement et émotionnellement qu'il soit donné de vivre à une femme, et paradoxalement je lis rarement des textes le décrivant (et ne parlons même pas du cinéma, j'attends toujours de voir un accouchement réaliste -et donc, au passage, une bonne actrice?-)


jeudi 30 mars 2017

De croire à la politique mon coeur s'est -encore!-arrêté



Voutch


Avec les primaires, tout d'abord, puis le début de la campagne pour les élections, je pensais reprendre, petit à petit, goût à la politique.

Finalement, la prépondérance extrême donnée aux affaires au détriment du fond et des idées, l'hégémonie terrifiante des médias, pour qui un et un seul candidat est valable et qui traitent de manière tres inégalitaire les candidats (j'en veux pour preuve, par exemple, le dernier "interview" de Marine le Pen par Pujadas sur France 2 il y a deux jours, ou évidemment l'intervention ubuesque de l'insoutenable Christine Angot face à Fillon...), et la manipulation des masses évidente qui en découle, le déni de démocratie auquel on assiste, à droite comme à gauche, quand le vote des gens qui ont pris la peine de se déplacer pour aller voter aux primaires n'est tout simplement pas respecté, l'opportunisme et les retournements de veste de tous les côtés, me font à nouveau ressentir du désintérêt, voire du dégoût pour cette campagne.

Pour tout dire, je comprends qu'une partie des gens, en réaction au spectacle pathétique auquel ils assistent, veuillent voter encore plus aux extrêmes.

mardi 28 mars 2017

Alimentation et hygiène de vie... quelques considérations terre-à-terre pour cette quatrième grossesse



J'ai relu un billet que j'avais écrit il y a deux ans... et qui reste parfaitement d'actualité aujourd'hui.
Je l'avais écrit quand ma petite troisième avait un peu plus d'un an, et que j'avais -enfin- eu le déclic pour me motiver à perdre les kilos que je n'arrivais pas à perdre naturellement (j'y écris précisément les raisons de ma motivation).
Quatre mois après, j'avais publié le bilan et les progrès accomplis ici.

Au bout de deux ans, et évidemment avant de tomber enceinte à nouveau, je n'avais pas repris de poids. Je pense que ce qui a fonctionné, c'est que c'est tout sauf un régime, que j'avais entrepris (je n'ai jamais fait de régime de ma vie et la simple idée de ce mot me parait folle)... mais un "simple" rééquilibrage alimentaire. 
Plutôt que de me priver drastiquement pendant une courte période ultra-frustante, en focalisant de manière anti-naturelle sur les calories, la balance... pour évidemment me lâcher encore plus une fois le "régime" terminé... j'avais entrepris de modifier, sur le long terme (voire pour toujours), certaines de mes habitudes (certaines que j'ai, il est vrai, modifié drastiquement). Et ça a été super efficace.

Enceinte, aujourd'hui, ce sujet reste évidemment, pour moi, d'actualité, et important.

(je re-précise, par prudence, comme dans mes billets précédents sur le sujet, que c'est éminemment personnel, subjectif, que mon rapport à mon corps est quelque chose qui n'a rien de général... il n'y a donc ni leçon, ni jugement adressé à celles qui ne voient pas les choses comme moi, mais plutôt une petite réflexion sans prétention et un simple partage sur mes "bonnes pratiques"... parce que selon moi, ces choses-là restent, tout de même, et à fortiori lors d'une quatrième grossesse, super importantes pour avancer dans la vie en étant bien dans sa peau et dans sa tête. Même si je sais que cela peut passer, aux yeux de certains, pour des préoccupations "superficielles"... au fond de moi je suis persuadée de l'inverse ;-)