mercredi 29 juillet 2009

Vivre Heureux (quel boulot!)


Pendant mon séjour Savoyard, j'avais prévu de lire quelque chose de simple, pouvant être lu par bribes, et agréable. J'ai emporté un petit essai plutôt intéressant: "Vivre Heureux, psychologie du bonheur", de Christophe André.

Le psychiatre s'est attaché à décrire une des choses les plus difficiles qui soit: le bonheur.

Difficile à décrire, puisque la majorité des gens s'estiment "heureux' lorsqu'on les interroge, mais la plupart aussi ont l'impression de ne jamais l'atteindre, ou de s'en apercevoir a posteriori. Certains rêvent de plaisirs, plutôt matériels et instantanés, sans obtenir le bonheur qui en découle. D'autres, plus sages, plus expérimentés, trouvent le bonheur en leur stabilité.
La notion de bonheur a beaucoup été critiquée par les penseurs, les écrivains (et l'est encore), comme s'il était plus romantique de souffrir, plus créatif d'être malheureux. Le bonheur souffre souvent d'une image de fainéantise, voire de contentement par rapport à ce que l'on a, tout le contraire du mérite et de l'effort de perfection (Celui qui veut régler ses comptes avec le bonheur, finalement, ne le fait-il pas simplement pour justifier son mal-être?)

Il explique aussi les différents profils de personnes par rapport au bonheur (dans nos pays développés): celles qui ont du mal à l'atteindre à cause de problèmes d'angoisse, d' hyper activité, de solitude, celles qui n'arrivent jamais à se poser, à savourer l'instant, celles qui ont des comptes à régler avec tout, et qui passent leur temps et leur énergie à critiquer, râler, se poser en victime...
A l'inverse, toujours appuyé sur des cas concrets, il décrit des types de personnes qu'il a rencontrées, qui ont savouré le bonheur, par chance mais surtout par état d'esprit, grâce à un point de vue positif sur la vie et ses douleurs, et qui l'ont conservé aussi bien que possible.
Car le bonheur, même s'il passe, puis disparait, peut réapparaitre aussi. Tout est une question de travail, d'effort, d'entretien. Il est plus simple de rester malheureux que d'être heureux. Et tout le monde n'a pas les capacités de voir le bonheur, et de l'entretenir (vaste programme, hein!)

En le lisant, forcément, on s'identifie à certains traits de personnalités des profils étudiés. J'ai bien l'impression que le bonheur se laisse approcher, petit à petit, en grandissant, en mûrissant. Lorsqu'on donne un peu moins d'importance aux uniques plaisirs matériels, qu'on s'aperçoit que pouvoir, indépendance (le féminisme par exemple), statut social, richesse, n'ont pas pour but, ni pour résultat, le bonheur, et qu'on arrive à la stabilité, dans sa vie, et dans sa tête, on y arrive peut-être un peu.
Enfin, je vous ferai un post "bilan" là-dessus, dans quelques dizaines d'années. Car, même si je crois être plutôt douée pour le bonheur, je suis du genre à être un peu superstitieuse avec lui, à avoir des angoisses et à ne pas trop en parler, de peur qu'il ne se sauve (Ah, ma tendance à intellectualiser.... mais je me soigne. Tiens, pourquoi pas essayer un traitement à base de testostérone? Oh, allez les mecs, ça va, on est sur un blog d'humour, merde)
Néanmoins, ce bouquin m'a fait réfléchir à ma vision du bonheur, et à ma façon de l'atteindre.
Il m'a aussi fait réaliser que le bonheur, ça s'apprend, ça s'observe chez les autres. Les témoignages de bonheur des uns peuvent, non pas rendre les autres heureux (c'est même souvent le contraire! le malheur des autres nous rassure plus!), mais les inspirer en terme de méthode.

Pourquoi ne pas échanger nos visions du bonheur, et nos trucs et astuces? Je vais tenter de faire un petit bilan écrit:

Le bonheur, pour moi (c'est d'abord une succession de "petits" bonheurs):
- regarder ma fille endormie, entourée de son doudou, de sa poupée, et du t-shirt "parfumé maman" que je lui ai donné
- la voir me faire un sourire immense lorsque je reviens la chercher après une absence.
- s'apercevoir que l'amour qui dure est une chance, et est bien plus intéressant que les passions passagères.
- Savoir que ma famille proche va bien
- savourer un petit café, avec ma moitié, à l'heure de la sieste de notre fille
- être en mer, dans les airs ou haut sur terre (changer de point de vue, quoi)
- Recevoir amour, tendresse, affection, bisous, compliments.
- Créer (écrire, dessiner, photographier) et pro-créer (c'est fou comme les deux sont liés, d'ailleurs)
- lire, et découvrir le sens de la citation "la vie imite l'art" (Oscar Wilde): toutes les situations que l'on rencontre dans nos petites vies ont déjà existé dans les livres, et existeront après nous. Tout est universel, et parfois un livre peut nous aider à vivre (sujet d'un prochain billet, tiens!)
- refaire le monde avec mes meilleurs amis
- très bien m'entendre avec mon frère et ma soeur
- préparer des vacances, un cadeau, une soirée.
- faire des blagues, dire des conneries, installer une photo de Nadine Morano dans mon salon pour faire peur à mon chéri, danser comme une demeurée.
- Regarder les 27 années écoulées et me dire que malgré les grosses angoisses, un peu de casse et quelques difficultés, finalement tout s'est beaucoup mieux passé que ce que j'avais pu craindre, et qu'on rebondit mieux que ce que l'on croit!
... etc...

Et mes petites techniques pour ne pas perdre le bonheur de vue:
- Lors de période difficiles, me dire "à chaque jour suffit sa peine", et essayer de mettre les soucis entre parenthèses pendant un temps.
- Flâner dans un cimetière (celui de Montparnasse, par exemple). Oui, moi, ça me fait relativiser.
- ne pas regarder trop la télé, ne pas me faire trop influencer par les annonces catastrophistes, les statistiques, les menaces de Grippe H1N1, de 25% de chômage, nos futures retraites misérables, l'attaque des méchants chinois, mais plutôt lire la presse, dîner et faire autre chose.
- croire au progrès, en l'homme, en ses ressources, plutôt que de dire qu à cause de l'homme et de sa p.... de culture, la planète va a sa perte.
- avoir sans cesse des flashes de lucidité dans l'instant (bonheur dans mon couple, ou en profitant de mon enfant), et réfléchir le plus souvent possible à ce qui m'a rendue heureuse dans la journée (la prière du soir version athée, finalement!)
- Faire des petits plaisirs aux gens que j'aime
- paradoxalement, être égoiste et l'assumer: me faire plaisir, me faire passer en priorité, sauf par rapport aux personnes importantes (évidemment), ne pas me polluer avec trop de contraintes, de courtoisies, de mondanités ou de tâches inutiles. Faire le tri dans mon entourage.
- m'astreindre, avec les gens, à l'exercice difficile de la tolérance, plutôt qu'à celui, épuisant, de la critique, et me rendre compte que c'est efficace!
- me dire que je ne peux pas tout maîtriser, que je ne peux empêcher la mort de mes proches, par exemple, donc essayer de ne pas y penser: car angoisser à l'avance ne sert à rien. "on règlera les problèmes une fois qu'ils seront là".
- Me dire que la vie est une chance, du moins c'est toujours mieux que de n'avoir jamais vécu.
- Essayer de ne pas me poser en victime, après un échec, mais rebondir
- prendre le large, mettre les voiles, prévoir des voyages
- faire un sport "un peu" extrême (ski, voile, etc), l'adrénaline et la fatigue après l'effort donnant souvent un autre point de vue sur la vie
- boire le thé avec une copine et papoter, papoter, papoter...
- Ne pas voir son bonheur en fonction des autres. Le bonheur des autres ne doit pas nous rendre malheureux, et, à l'inverse, le malheur des autres ne nous rendra pas plus heureux.
- Ne pas trop se comparer aux autres: Ils ne sont, malgré les apparences, pas forcément plus heureux que nous.
- me rendre compte que les gens qui râlent, qui ne vont jamais bien, et qui ont toujours quelque chose à reprocher à quelqu'un ou à quelque chose sont plus des gens malheureux, et à plaindre, que des gens méchants. Mais là s'arrête ma tolérance, une vraie âme chrétienne les comprendrait, moi je suis du genre à me protéger, et à couper les ponts, plutôt qu'à me faire parasiter.
etc...
Evidemment, parfois, je suis un peu brouillonne, et ai tendance à ne pas appliquer ces méthodes... Dur dur la vie, quand-même.

Et vous, quels sont vos moments de bonheur? Avez-vous des méthodes, des leitmotiv? Je suis sûre que les expériences de chacun peuvent servir à d'autres.

3 commentaires:

  1. Très intéressant ce post... j'avais lu je ne sais plus où que beaucoup de monde confond bonheur et satisfaction du désir. En fait, certains croient qu'en assouvissant tous leurs désirs, ils atteindront le bonheur et cela se traduit souvent par une attitude consumériste ("ma vie ne vaut plus le coup d'être vécue si je ne trouve pas ces spartiates en 38!") qui ne peut trouver de fin puisqu'une fois un désir satisfait, un autre naît automatiquement (et notre société de consommation est très forte pour créer ces désirs...).
    Bref, le bonheur est un état, passager ou non, et se rendre compte de son bonheur au moment où il passe, c'est déjà énorme!

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  2. la recette du bonheur? On est effectivement tenté de la conserver bien au chaud dans un petit coin. Je suis de toute façon convaincue d'être protégée par une bonne étoile mais je n'en parle pas trop et ce n'est pas de peur qu'on se moque de moi mais surtout de peur qu'on me jalouse et par superstition. Quand je rationnalise d'avantage, je me dis qu'il n'y a que les cons à ne pas savoir être heureux.
    Je ne dis pas que je n'ai jamais été malheureuse, que je n'ai jamais eu de moments difficiles seulement si j'ai bien eu quelques heures sombres ce ne fut jamais des journées entières par exemple. J'ai toujours su profiter et apprécier les instants de plaisirs que l'on peut grappiller tous les jours.
    Ma recette du bonheur c'est une bonne dose de sagesse et quelques grammes de folie. De la sagesse pour savoir prendre les moments désagréables avec suffisamment de recul pour relativiser et en sourire, ne pas être trop exigent et se contenter de peu et aborder les choses au jour le jour quand l'avenir se fait plus sombre. Avoir un grain de folie, ou bien garder son ame d'enfant, pour s'extasier d'un rien, rire d'une grimace, et s'évader rien qu'en regardant les nuages.

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  3. C'est une excellente question que tu poses...
    J'ai fait un peu de sociologie des organisations, et il y avait un chercheur dont j'ai oublié le nom qui avait listé les choses qui rendaient les gens malheureux au travail. Et il avait trouvé que simplement supprimer ces éléments-là ne suffisait pas à rendre les gens heureux. Ils n'étaient plus malheureux, mais pas épanouis pour autant...

    C'est assez banal mais pour moi le bonheur ça passe par mon chéri, ma famille et mes amis. C'est pour ça que je deviens folle à l'approche de Noël, le moment de l'année où je les retrouve tous à coup sûr.
    Et plein de petits bonheurs quotidiens.

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