mardi 30 juin 2009

Les fiches-cuisine de Tante Mildred: Aujourd'hui, les pâtes à la roquette et au bacon.


(en photo:
l'inénarrable Nathalie de l'Amour est dans le pré, et qui a sa page Facebook)

Bonjour, c'est votre bien-aimée Tante Mildred qui vous parle. Hier soir, que j'étais couch-potatoe sur mon sofa à fleurs rose, j'ai été toute émoustillée devant le programme d'M6, là où y a des paysans subventionnés qui ont tous une toile cirée dans la cuisine.

samedi 27 juin 2009

Nos meilleures années


Quand je reviens chez mes parents quelques jours, à chaque fois les mêmes sensations reviennent: Le sentiment de se blottir à nouveau dans son cocon d'enfance, de reprendre des forces et d'arrêter le temps quelques jours, pour se relancer dans la vraie vie, après le week-end. Traîner toute la journée, en passant du canapé pour me mettre à jour des Elle, Elle déco et Elle cuisine, du petit salon où l'on boit ensemble le thé l'après-midi, aux transats autour de la piscine, en attendant tous, au fond, l'apéro du soir. (Bon, depuis un an, je traînasse vachement moins, faut l'avouer, je passe mon temps à courir derrière ma fille).

vendredi 26 juin 2009

"Vous verrez, c'est magnifique, vous allez vivre un rêve éveillé"


Ah! Un nouveau bouquin sur la grossesse! "L'après accouchement, tout ce qui vous attend vraiment"
J'ai dépassé la date limite, mais je serai curieuse de le lire. C'était exactement ce que je cherchais pendant ma grossesse. Une sorte de côté obscur du pays des bisounours, de trash-attitude de la layette. La face cachée de Laurence Pernoud, quoi.

mardi 23 juin 2009

"A Paris y a la pollution et les parisiens sont trop stressés", "comment tu fais pour vivre dans le sud ? les gens sont cons et y a qu'des vieux"


sous-titre: pitié, arrêtez avec ces réflexions cliché!

Voilà quelques mois que nous sommes installés dans le sud maintenant, un petit bilan s'impose.

A Paris:
Ce que j'aimais:

lundi 22 juin 2009

Les grecs, y en pas un qui vaut mieux que l'autre.


Alors c'est une fille qui épouse un type, qu'est grec. Alors sa mère elle lui dit: "ma fille, tu sais, les grecs, ils sont un peu spéciaux, comme qui dirait. J'vais te donner un conseil, un seul (oui, on sait que c'est pas leur genre, aux mères, de donner des conseils): si, quand vous faites l'amour, il te demande de te retourner, surtout, ne l'écoute pas et n'obéit pas!"
La fille épouse donc son type, et au bout de quelques mois, sur une île des Cyclades où c'est qu'on mange de la moussaka, à l'hotel, sous la couette, voilà qu'y lui sort: "Ma chérie, retourne-toi!"
"Ah, ça, non, mon Nikos, jamais."
- Pourquoi, t'as pas envie de faire des enfants?" qu'y lui dit.

Pouaaaaaaaah mdr ptdr lol!
C'était une petite interlude "humour", non sponsorisée qui-plus-est, pour vous faire patienter jusqu'à mon prochain billet! (patience, les mecs, hier je suis revenue tard à la maison. Nan, pas un embouteillage sur le périph, juste que la plage le soir, c'est top).
Ne me remerciez pas.

jeudi 18 juin 2009

I Have a Dream (récurrent)!


Alors mes lecteurs, l'heure est grave: Je vais vous livrer quelque chose d'assez intime et en même temps, je crois, d'assez fréquent: ça fait plusieurs années maintenant que je fais un rêve, récurrent, peut-être une fois par mois ou tous les deux mois, et je vais avoir besoin de vos conseils, avis, expérience. (Ben oui vous pouvez faire psy à vos heures, j'en suis sûre)

C'est horrible, c'est un rêve qui, parait-il, est assez commun, et même si je ne m'intéresse pas vraiment au sens des songes, je trouve ça curieux:
Je rêve, depuis peut-être mes vingt ans, que je perds mes dents.
Mais alors, à chaque rêve ça se perfectionne, hein! Au début j'avais juste une petite dent qui tombait, comme ça, presque de manière mignonne. Et puis les combinaisons se sont un peu complexifiées de rêve en rêve:
Parfois juste une dent qui bouge, et ce interminablement... ou bien une dent qui vacille, qui tombe et qui reste retenue par un fil. A d'autres moments mes dents tombent toutes les unes après les autres, comme dans les cartoons où Rominet perd son râtelier sur fond de xylophone. Il y a des rêves dans lesquels mes dents sont bien en place, mais pas stables, ce qui m'empêche de parler correctement puisque ma langue bute contre des dents tremblantes, et ça m'inhibe carrément (vous vous imaginez la scène!). Là, dans le dernier rêve sur le thème des dents que j'ai fait, je les perdais toutes d'un bloc, et encore une fois, impossible de discuter normalement avec les gens, sous peine de leur postilloner des dents à la figure (et là, pour la classe et la dignité en société, j'étais un peu grillée!) Bon et puis, souvent, il y a des détails plus ou moins gore, tout ça dans un contexte noir, angoissant, style polar. Le pire, c'est que je suis habituée, à rêver de ça. Donc, lorsque je me retrouve en plein rêve, je suis en même temps persuadée que je vis la réalité! (je me dis même dans mon cauchemar: "là, Marine, t'es bien gentille, mais ce n'est plus un rêve, tu perds vraiment tes dents!"). En me réveillant, je suis toute énervée contre moi-même, évidemment. Cette mise en abîme infinie est vite gonflante.
Ca va, vous êtes toujours là?

Je connais des gens qui font aussi toujours le même rêve angoissant: un proche rêve régulièrement qu'il doit repasser le bac, une autre est toujours en bas d'une piste de ski, seule, à la tombée de la nuit, encerclée par les montagnes, sans aucun remonte-pente. Une amie (qui se reconnaitra peut-être) m'avait même parlé d'un rêve, où, systématiquement, son œil et sa main se trouvent reliés par un fil (sympa l'ambiance!), ce qui, vous l'imaginez, est assez gênant dans la vie de tous les jours.

Moi, j'ai le souvenir qu'une dentiste m'avait dit, vers 15 ans, que si je ne voulais pas porter d'appareil dentaire, je risquais de perdre mes dents avant trente ans.
Ils ne se rendent pas compte, ces types-là, mais ça m'avait traumatisée, cette menace!
Mon père avait trouvé ça fou, et vu qu'à cette époque je portais déjà un corset, on n'a pas jugé utile de m'équiper plus que Robocop. Je n'ai donc jamais porté d'appareil dentaire... elle est peut-être là, toute bête, la raison de mes rêves affreux: l'approche de la trentaine... et encore toutes mes dents! Oui, parce que sur Google on m'explique que perdre ses dents est un signe de mort... Et ça, si c'est pas une recette de grand-mère, je sais pas ce que c'est, mais ça ne me convient pas du tout comme réponse.

Ah et puis sinon y a un truc qui me chiffonne: je rêve assez facilement de personnes appartenant à mon passé (copains de lycée, de la danse, etc...), moins souvent de mon chéri, et strictement JAMAIS de ma fille! Ca ne m'est pas encore arrivé depuis sa naissance, alors que je rêvais beaucoup d'accouchement, de bébés, etc, lorsque j'étais enceinte. C'est horrible, et honteux, non, cette échelle des valeurs? Je suis carrément indigne, puisque les personnes qui comptent le plus pour moi n'y apparaissent pratiquement jamais!

Qu'est-ce que vous en pensez, vous? Vous avez aussi des rêves récurrents? Lesquels? Allez, racontez, n'ayez pas honte, vous avez un pseudo. Et ça va me rassurer (et me faire marrer)

mercredi 17 juin 2009

L'Information essentielle du jour

Au fait, y a un nouveau sondage en bas, à droite. Vous êtes priés d'y répondre, enfin si vous voulez.
Et puis, n'oubliez pas de faire partir du groupe Une Chambre à Moi sur Facebook!

mardi 16 juin 2009

"Un bébé, ça pleure"


Dites, je repense à un truc: 3 semaines après la naissance de notre fille, l'année dernière, nous sommes partis dans le Lubéron, 15 jours, pour se retrouver tous les trois et profiter du congé paternité. C'est à ce moment que nous avons fait une découverte, vite oubliée, bien heureusement: un nourrisson, ça pleure.
Pas des pleurs de faim, de fatigue ou de soif, non, des pleurs tout court. Ca lui a pris vers un mois, à Miss Maaf, et ça a duré jusqu'à deux mois, précisément: "Les angoisses du nourrisson", que ça s'appelle.
Nan parce qu'un bébé, les premiers jours, c'est pas trop compliqué, ça dort tout le temps ou presque. Il "suffit" de lui donner le sein toutes les trois heures, (et donc de changer les couches toutes les trois heures aussi -l'effet de l'allaitement est redoutablement mathématique-), et sinon on gère. Mais au bout de quelques semaines, il lui vient des envies de s'intéresser au monde, au nain. Et c'est là que ça se complique.
Toute la journée, notre fille était parfaite, on visitait les petits villages perchés, Gordes, Bonnieux, Cucuron ou Lourmarin... Mais une fois rentrés à la maison d'hôtes, enfin tranquilles au bord de la piscine, elle se mettait à hurler, vers 18h, et ce, non-stop, jusqu'à 22h. Autant dire la pire heure, celle de l'apéro, du p'tit resto, du début de soirée.

Au début on s'inquiétait comme des malades, et puis, renseignements pris, on a peu à peu compris qu'un bébé, ça pleure, c'est normal. Et entre 1 et 2 mois, souvent, il a des crises en fin de journée, pour évacuer "le stress". Parfois, je me mettais à pleurer, moi aussi, les nerfs me lâchant et la fatigue aidant. Et puis sangloter en duo, c'est quand-même plus symphonique. Mais sinon, on a fini par s'y habituer, et finalement, il valait mieux être au fin fond de la campagne provençale, plutôt que d'être restés dans notre appart' parisien (rapport aux voisins qui nous auraient envoyé les flics ET la DDASS).
Je me souviens même avoir demandé à mes parents, au téléphone, entre deux sanglots et un verre de rosé: "Mais pourquoi tout le monde nous dit "Profitez, Profitez", moi, j'ai hâte qu'elle grandisse et qu'elle arrête enfin de pleurer comme ça!". Ma mère m'avait répondu: tu verras, on oublie tout ça, et puis plus les enfants grandissent, plus les problèmes deviennent de vrais problèmes."
Alors, pendant un mois, on s'est mis à chercher, à essayer, à tatonner, pour voir quelle méthode magique pourrait bien faire taire cette petite. La poussette dans la chambre (bof bof), la voiture (infaillible, mais faire 4h de bagnole tous les soirs après une journée épuisante, non merci), les bras (même pas!), faire les cent pas en la mettant dans le porte-bébé (efficace mais fatigant, surtout quand chéri veut mater les matches de l'Euro), se relayer pour le diner, le dessert, pendant que l'autre part au fond du jardin avec notre fille pour se faire plus discret: bien mais pas très romantique. La période euphorique des premiers jours suivant la naissance était passée. Je commençais à accuser le coup, à perdre patience et à réaliser qu'un bébé, ça allait être un sacré boulot.
C'est en rentrant à Paris qu'on a trouvé, petit à petit, des trucs pour calmer ses crises: le bruit du sèche-cheveux: ça marche! Poser le bébé sur la machine à laver (en mode essorage, c'est important): très bien aussi, mais on a vu plus pratique. J'ai retrouvé dans mon placard un canard vibrant qu'on m'avait offert, eh bien il aura au moins servi pour ça: sous le transat de ma fille, bien bloqué sous sa couche: ça marche aussi! c'est la méthode "Sex & the City". En fait, tout ce qui vibre (moteur, électroménager...) est parfaitement efficace.

Un an après, on ne repense plus à tous ces moments difficiles, de fatigue physique et de moral à zéro... Qu'est-ce que c'était bien, quand-même, de se réveiller pour la tétée, d'avoir ce petit câlin régulier, fusinnel, jour et nuit, et rien que pour moi... et tant pis pour les cernes, le teint terne et le réveil affreux du lendemain. C'était une très bonne idée de se retrouver tous les trois, pour enfin se découvrir...Même si la famille aurait pu nous aider un peu et s'occuper de notre fille pour nous laisser souffler. Et puis ces balades dans la nature, ces petits restos et cafés en terrasse au son des cigales m'ont aidée à récupérer, à ne pas avoir trop d'idées noires, à positiver. Et c'est vrai, qu'on oublie, finalement. Tout ce que disent les gens est vrai, alors. Il faut profiter-profiter-profiter...

lundi 15 juin 2009

La séance d'abdos-fessiers du cerveau


Un de mes hobbies, dans la vie, est de me poser tout un tas de questions existentielles, et ce, à toute heure de la journée.
Par exemple, l'autre jour que j'étais allongée à côté d'une folle permanentée aux cuisses de footballeur et aux pectoraux gonflés à l'hélium, qui suait comme un bœuf et qui avait l'air d'aimer ça, la dingue, eh bien je me posais des questions psy (Faut dire que moi aussi j'étais allongée à côté d'elle, en faisant, bêtement, des abdos-fessiers).

En ce moment, je fais la découverte de Françoise Dolto. Avant d'avoir un enfant, je m'en moquais bien, des nains, mais maintenant j'ai envie de parfaire ma culture générale dans ce domaine (on sait jamais, si je croise Finkielkraut, Schopenhauer, Marcel Ruffo ou un quelconque khâgneux aux cheveux mi-longs grisonnants et lunettes demi-lune au Fitness Club, mieux vaut avoir un peu de conversation). J'ai donc commencé "Les étapes majeures de l'enfance", de la génitrice de feu Carlos.

Ca m'intéresse beaucoup, et ça permet de se remettre un peu les idées en place sur tout ce qu'on dit sur elle, les soit-disant excès qui ont découlé de ses théories (le fameux enfant-roi), mais aussi de mesurer à quelle point cette femme a beaucoup apporté à la compréhension des enfants en tant que personnes. Bon, parfois, je trouve qu'elle exagère, la Françoise, et même qu'elle prône des discours bien trop réalistes et violents à tenir à des enfants. Par exemple, de mémoire: "oui, je sais que tu te sens lésé par rapport à ton frère, mais c'est comme ça, la vie n'est pas juste et on n'aime pas tous ses enfants pareil. Un jour peut-être tu tireras profit de cette injustice, en partant à l'étranger pour faire tes études, par exemple, plus facilement que ton frère". (Wouah quelle claque pour le môme d'entendre un truc aussi froid!). Mais si on n'oublie pas de se remmettre dans le contexte des années, 50, c'est vraiment intéressant.

Et donc, allongée sur ma serviette (on est passés au stretching, là, faut suivre), je me suis souvenue d'une émission sur l'Afrique sur France Inter (le dimanche à 18h), dans laquelle un homme nous expliquait que les enfants africains issus d'hommes polygames avaient bien du mal à s'attacher à leur père, puisque jamais là et toujours dans d'autres lits, et que l'unique référence parentale, là-bas, est bien souvent la mère, encore plus sacrée que chez nous.

Et c'est là que je me suis dit: C'est passionnant toutes nos théories psy occidentales, avec par exemple ce "rôle du père", importantissime, mais comment font-ils, les gens, dans les civilisations où les systèmes de pensée et la famille sont extrêmement différents?
La psychologie, la psychanalyse, sont propres aux pays développés, mais dans quelle mesure ces théories peuvent-elles être universelles? J'aimerais bien savoir ce qu'il y a dans leurs petites caboches, aux autres, dans le monde, et comment ils font face aux difficultés, aux frustrations, etc.
Ben oui, quoi, j'aime bien savoir ce qui se passe dans la tête des autres, et je m'intéresserai encore plus aux théories psy si on me donnait des exemples et des références autres qu' occidentales.
Aujourd'hui, lundi, vous voyez, c'est branle-bas de combat dans ma cervelle, hein? Etant une adepte de l'écriture sur tout et n'importe quoi, ça signifie bien que je ne suis spécialiste en rien. Je pose des questions, plutôt que d'apporter des réponses, donc.
Alors, si vous connaissez des bouquins là-dessus, d'anthropologues, de psy ou d'historiens, ben ça m'intéresserait!
J'avais lu un essai passionnant il y a quelques années, d'Elisabeth Badinter, "l'amour en plus". Elle s'efforçait de démontrer, en tant qu' historienne et philosophe, qu'il n'y a pas d'instinct maternel, au sens d'instinct animal, chez l'humaine, et j'étais plutôt séduite par sa thèse. Mais tout ça, ça attise ma curiosité, sur les conséquences psychologiques chez les enfants, hors de nos pays développés ou de notre époque.

Et puis, sinon, dans un autre genre: j'ajoute que j'aime bien lire un blog, "Comment se marier quand on est con et pleurnichard": Une fille tient un blog pour raconter les péripéties de l'organisation de son mariage, mais bien souvent en utilisant un angle d'économie comportementale, de théories statistiques et mathématiques, ce qui est plutôt original (par exemple, comment découper une pièce montée de la manière la plus équitable possible, en tenant compte des goûts et appétits de chacun des 100 invités?).
Oui, oui, je vous avais dit que le p'tit vélo dans ma tête n'arrêtait pas de tourner... Manifestement faire du step avec des hystériques en marcel thermorégulant a juste achevé de mélanger tout ça et n'a rien arrangé.

à très vite pour des billets bien plus reposants, les amis!

vendredi 12 juin 2009

Le cas de la grand-mère qui se mêle de tout au parc.


Maintenant, quand je me balade au parc, ma fille est à côté de moi, à pied. On met une heure et quart pour faire 25 mètres, mais c'est bien, elle a besoin de faire les choses à fond, pas de les "survoler". Donc, elle a 13 mois et elle marche.
Eh bien c'est étonnant, dans le thème "reflexions et remarques en tous genres", en ce moment, les gens s'arrêtent pour me demander: "elle a quel âge?"

"Ah, elle marche à 13 mois, déjà! moi ma petite fille a le même âge et elle ne tient toujours pas debout!" regard noir accusateur de la femme vers sa petite-fille, qui ne bouge toujours pas ses fesses, au grand dam de sa mamie. Puis, en direction de sa fille: "tu vois, tu la nourris trop, elle est boulotte par rapport à votre fille, c'est pour ça qu'elle ne marche pas. Elle mesure combien, la votre, et son poids, il est normal? La notre, elle n'arrête pas de manger!"
Une autre grand-mère, chaperonnant sa fille et sa petite-fille, m'a fait la même réflexion: "Ma petite-fille est en retard, la votre marche, et pas elle! Elle est lente, c'est comme ça, on n'y peut rien. Et elle a combien de dents, la votre?
- Heuh, quatre.
- Ah! (on pouvait lire la victoire revencharde dans ses yeux)! Nous, elle a six dents!
- Eh bien c'est très bien madame, oui, oui, nan vraiment c'est super, je suis contente pour vous."
Et puis elle m'a demandé comment je faisais garder ma fille, quel était mon pédiatre (pour ça, c'est bon, j'en ai un à la maison). Elle a conseillé à sa fille, en grand-mère bien lourde: "Tu vois, je te le dis tout le temps, tu devrais la mettre à la crèche au moins deux fois par semaine, ça la sociabiliserait, cette petite (autrement dit: "ma petite-fille me fait honte, elle n'est pas assez sociable, elle risque de devenir une incapable, une folle marginale plus tard, qui ne dépassera jamais 10/20, -sauf en sport et en techno mais ça ça compte pas-, et tout ça par ta faute, connasse"). Alors moi de répondre: "Mais il y a la nounou aussi, c'est souple comme système et puis quand les enfants sont malades, c'est plus facile à gérer".
La fille, cette fois, qui ouvre enfin la bouche: - "Nan mais moi je suis prof, et les profs, on n'aime pas les nounous. Et puis ma fille n'est jamais malade, puisque je l'ai allaitée 6 mois, moi."
Décidément, ils veulent une médaille ou quoi? Pourquoi sont-ils exactement venus me voir, à part pour se rassurer, ces cons? Ils sont fous, les gens.

C'est dingue de voir que dès la naissance, les gens ont besoin de comparer, observer, mesurer, mettre des objectifs chiffrés à leurs gamins. Ils auront bien assez de pression comme ça, a-t-on besoin de les stresser en les forçant à faire tout mieux et plus vite que le voisin? (bon, c'est facile pour moi de dire ça, ma fille est parfaite et excellentissime en tout, mais c'est une exception, tout simplement, faut qu'ils s'en remettent, les autres). Et puis quand je me balade ça ne me viendrait pas à l'idée d'aller demander aux parents, assis tranquillement à observer leur bébé (qui n'a rien d'exceptionnel comparé à ma fille, si vous voulez qu'on joue à ce petit jeu là), pourquoi leur fils ne marche pas droit ou s'il a mis longtemps à faire des cacas durs.

Et là, en passant notre chemin, je me suis dit: Merci, maman et belle-maman, car vous en avez, des défauts (naaaaaan j'déconne!), mais au moins, vous nous foutez la paix avec les comparaisons toujours bien senties. C'est fou le nombre de grand-mères que je croise, qui ne lâchent pas d'une semelle leur descendance et petite-descendance, et qui en plus, prennent toute la place! Chez le pédiatre, j'en vois souvent, qui ne laissent même pas parler leur fille, qui savent tout sur tout et qui prétendent être les mieux placées pour donner leur avis (au passage, leur avis c'est d'enduire le sternum de l'enfant avec de l'eucalyptus lorsqu'il est à deux doigts de clamser d'une crise d'asthme, de lui faire manger un sucre imbibé d'alcool pour guérir ses insomnies, ou bien de l'empêcher d'écrire de la main gauche parceque c'est la main du diable).
Maman, belle-maman, c'était votre fête il n'y a pas longtemps (et moi aussi c'était ma fête, j'adore!), donc je vous le répète: Merci, vous assurez!

lundi 8 juin 2009

Compte-rendu des élections Européennes.

(En photo: Cohn-Bendit est coquin, il aime bien changer de lunettes)

Vous avez vu, Cohn-Bendit est fier comme un pou depuis hier soir! Pourquoi? mais parce qu'il a gagné, pardi! (enfin, parmi les perdants). D'aucuns disent que le docu "Home" a influencé les électeurs. J'en suis moi aussi assez persuadée, même si je trouve que ça ne rend pas forcément hommage aux électeurs. Faut-il être assez neuneu pour penser qu'on peut voter écolo juste à cause de ce qu'on a vu 24h avant à la télé? Faut croire.

Je l'ai vu, le docu, pas au Champs de Mars mais à la maison. On a trouvé ça, disons, "gentil", avec mon chéri, même si au bout d'une demi-heure on s'est un peu dissipés, on s'est mis à faire des photos débiles, à rigoler comme des enfants, à débarasser, etc (bref, le délire, quoi). Faut dire qu'on s'est quand-même un peu ennuyés.
C'est magnifique, toutes ces images, mais enchaînées l'une après l'autre, sans vraiment savoir ou-pourquoi-comment, ça file vite le bourdon, bizarrement. Ce survol du monde était aussi le survol des idées, pour faire dans la métaphore. Et ce fond de bien-pensance et de moralisation... même si on était bien d'accord avec Yann-Arthus (on n'est pas des marginaux nihilistes, bon-sang!), on n'avait pas forcément envie de se flageller une énième fois pour expier les fautes et la monstruosité des êtres humains (on n'est pas Ségolène Royal).

Bon, et puis les campagnes de prévention, je sais pas pour vous, mais ça me fait toujours un effet bizarre: Quand on me dit que la viande est élevée de manière intensive, grâce notamment aux céréales, produites dans le but de nourrir les animaux, et ce, au détriment des hommes, je suis scandalisée, bien sûr (grâce à mon éducation chrétienne). Mais en même temps, le mot "viande" crée chez moi une sorte de réflexe basique de salivation, et hop, bizarrement, moi qui venait de manger du poisson, j'ai eu une envie de manger un boeuf entier, là, tout de suite. Un peu comme pendant ma grossesse, pendant laquelle j'ai fantasmé sur de la viande rouge durant neuf mois (je crois même que j'en ai rêvé), dès que je me trouvais à table avec des amis carnivores.
Pareil pour les messages nous interdisant de fumer, boire, aller chez McDo ou Leroy-Merlin: à chaque fois, ça me rappelle à quel point le produit incriminé est quand-même super bon, et c'est souvent signe d'un échec cuisant de la campagne de sensibilisation puisque, statistiquement, je me rue dessus la semaine qui suit (faible femme!). D'ailleurs cette grossesse, finalement, ça a été un formidable "reculer pour mieux sauter", car cette abstinence de neuf mois (me privant de presque tous les plaisirs de la terre, soyons clairs) a préparé le terrain pour un rattrapage accéléré ensuite, en quantité et en qualité!
Là, vous voyez, je sors d'un déjeuner, et j'ai mangé un bon steack saignant. En salivant devant l'assiette, j'ai quand-même pensé à l'écologie, avec peut-être même une pointe d'émotion, si je fouille bien dans mes souvenirs. Mais c'était vraiment une formalité. Je crois bien pouvoir avouer que j'ai ressenti une forme de plaisir plus intense, car coupable, que les autres fois. C'est pas dingue, ça? j'ai donc détruit une partie de la planète, à midi, avec ce petit côté vicieux en plus, que je n'avais pas avant, et qui m'a troublée, je l'avoue.

Bon, sinon, l'UMP a gagné, mais on pourra le placer en 2ème place derrière le grand gagnant du jour, l'Abstention! Je ne vais d'ailleurs pas m'étaler sur le sujet ni donner de leçons, n'ayant pas toujours été particulièrement irréprochable sur ce point, même si j'ai toujours eu de bonnes excuses (mais c'est un autre sujet)
J'ai quand-même trouvé qu' Eva Joly, c'était Cohn-Bendit, avec des lunettes rouges.
Je me suis même demandée si c'était pas le même, vu qu'on ne voyait jamais les deux sur le même plan à la télé. Avoir à ce point la même texture de cheveux, c'est troublant.

vendredi 5 juin 2009

Une fin trag'X


Une petite pensée pour l'acteur David Carradine, héros de la série Kung fu et grand méchant dans Kill-Bill, trépané à Bangkok la nuit dernière, d'une manière tout à fait créative...lire ici les détails scabreux.
De là à considérer que c'est une mort très con... il n'y a qu'un pas que je ne voudrais pas vous voir franchir. Le monsieur Carradine a fini ses jours de manière complètement trash, et ça, c'est classe. J'ai hâte de connaître les dessous de l'affaire... et je fais confiance aux journalistes pour nous donner plein de détails supplémentaires sur la vie privée de la star à Gang-Bang-cock. Est-ce que la dame qui a enturbanné son pivolo a serré un peu trop fort? A -t-elle fait une fausse manip'? (On peut pas être mineure et en plus avoir de l'expérience. Bon, heuh, je m'égare.) Ou bien était-il seul, et dans ce cas, grand dieu, quelle drôle d'idée, y pouvait pas se suicider traditionnellement? Est-ce que c'est la faute au décalage horaire? Ou au gouvernement? C'était peut-être un espion, en fait? Bref c'est de la plus haute importance, et quand-même plus palpitant que les élections européennes.
J'ai une petite pensée pour sa femme, qui était Dieu-sait-où à ce moment là... Je me demande ce qu'elle va faire comme discours à l'enterrement. Et le curé... il va vraiment faire le sale boulot, et j'aimerais pas être à sa place. (Va faire un sermon là-dessus, tiens!)
Vous savez, vous, si la mort par "masturbation-bondage-kung-fu-sauce-soja" permet l'accès à une cérémonie chrétienne, ou bien si c'est une clause non-négociable qui vous mène direct en enfer? Bon, en tous cas, c'est plus mémorable et rock n'roll que de dire qu'il est "mort d'une longue maladie".
Je n'ai, pour finir, qu'une chose à dire: Paix à son nem.
(papa, maman, pardon pour ce billet)

jeudi 4 juin 2009

Le vampire, suite et fin

La semaine dernière j'ai lancé le débat sur Mon Blog de Fille, concernant l'entretien d'embauche avec un vampire, que j'ai passé il y a quelque temps
si vous n'avez rien à faire pendant une bonne heure (sic), vous pouvez aller lire les 150 posts sur le site.
c'est édifiant: d'une part on se rend compte que beaucoup de femmes ont été/ sont confrontées à cette expérience désagréable, beaucoup ont subi un traitement machiste à cause de leur sexe, que les dirigeant ont encore pas mal de progrès à faire en ce qui concerne l'égalité hommes-femmes, mais aussi que la solidarité féminine est loin d'exister puisque le débat s'est un peu transformé en lutte "femme sans enfants/ femmes avec enfants".
Ou comment être une femme et tenir soi-même des discours machistes des années 50...

Finalement, les filles, j'étais optimiste mais j'ai bien peur que notre rôle dans le monde de l'entreprise soit réellement d être secrétaire ou femme de ménage, une fois la procréation finie! (j'exagère à peine, vous me connaissez).
Celles qui réussissent à tout concilier sont l'EXCEPTION, j'avais du mal à l'admettre mais je vais devoir m'y faire.
J'avais d'ailleurs lu un bouquin très intéressant, Femmes au pouvoir (interviews de 20 femmes célèbres de l'entreprise, du public, etc...), et en gros, celles qui disaient avoir réussi disaient surtout qu'elles avaient eu la chance d'avoir un mari compréhensif, disponible, et des nounous infaillibles.
On est tous au courant que, globalement, on va presque tous être parents un jour ou l'autre... Pourtant il me parait encore loin le jour ou les entreprises vont admettre que s'adapter un peu aux horaires et aux contraintes des salariés ne va pas forcément mener à leur perte. Y a du boulot.

mercredi 3 juin 2009

Elle et moi


Grâce à Nelson,
Je suis sur Elle.fr aujourd'hui!

Ma chronique "Roland Garros"

(le deuxième prénom de ma fille, c'est Nelsonne)

Dîtes, les gens, c'est Roland Garros en ce moment. Je dis ça parceque chez nous, c'est pareil à une Grand Messe. Déjà que toute mon enfance, j'ai vu ma mère tenue en haleine devant France Télévisions, deux semaines par an, manquant à chaque fois de laisser un plat brûler dans le four ou une chemise sous le fer brûlant, et que celle-ci s'est mariée un jour de finale de Wimbledon et m'a dit qu'à cause de ça elle n'avait pas vu une partie des invités pendant la soirée. Maintenant, j'ai mon tennisman de salon à moi, et tous les ans c'est la même chose. La télé allumée du matin au soir. Je dis rien parceque moi aussi j'adore ça, et c'est pas laid ce rectangle lumineux rouge terre-battue sur les murs blancs du salon. Faut dire qu'il est fortiche, mon gars. Il a fait sport-études tennis, il a gardé plein de raquettes de son adolescence et des tonnes de photos de joueurs dédicacées. Il a même fait un match contre Llodra, il y a quelques années, c'est pour dire la bête que c'est.

D'ailleurs, il m'en a fait faire des progrès (moi qui ai pris, comme beaucoup, une heure de cours de tennis hebdomadaire règlementaire toute mon enfance). Il m'a appris deux trois trucs qui font mouche à chaque fois, d'ailleurs. Et rien qu'à regarder les matches avec lui, mine de rien, je peux constater les progrès sur le terrain. Allez, je vous donne ses trucs (bon, si vous savez jouer au tennis, vous pouvez passer direct au paragraphe d'après):
- Systématiquement sautiller sur place exactement au moment où l'adversaire tape dans la balle, ça permet de rebondir du bond côté super vite. Ne jamais rester immobile.
- Attaquer la balle lorsqu'elle monte, jamais lorsqu'elle commence à retomber. Ca permet de ne presque pas forcer, mais juste de profiter de la puissance de l'adversaire.
-Avoir toujours une très grande amplitude.
- Et enfin, toujours aller vers l'avant sur la balle, être agressif et ne pas la laisser nous dominer.
Ben croyez moi ou pas, les ignares, ces méthodes ont changé mon style à jamais.
Je suis passée du niveau tennistique proche de zéro à un niveau de bluff très correct (oui, parceque soyons clairs, au fond, je suis restée une petite merde en jupette qui bluffe et qui râle sur le cours).

Dans nos années parisiennes, on est allés souvent à Roland-Garros. C'est sympa, mais quand-même, je ne suis pas assez passionnée pour apprécier les 10 heures consécutives assise sur un siège en plastique. Faut dire que là-bas, la moitié des gens y vont pour la frime, les RP ou parcequ'ils ont des invit'. Y en a pas mal qui n'en ont pas grand chose à faire, du jeu. En gros, aller à Roland Garros, c'est comme aller à Courch' tous les hivers et revenir avec la trace du bronzage sur le visage, c'est un peu une obligation quand on habite les beaux quartiers parisiens. Moi je suis à moitié comme ça. J'adore ça mais je me déconcentre vite. J'ai vite besoin de diversifier mes activités, de regarder les stands (la 207 Roland Garros vert bouteille, les serviettes de plage, les robes Lacoste), de chercher Afflelou dans la foule, bref, de passer le temps. (j'ai pas un super bon mental, si vous préférez). Et puis la file aux toilettes Dames! Mazette que c'est long! (la dernière fois j'avais prétendu que j'étais enceinte depuis 2 heures pour passer devant tout le monde, mais ça n'avait pas convaincu). M'enfin y a un truc qui me botte, là-bas, quand-même, c'est l'ambiance. La hola, les "Paulo! Paulo!" et les "Boooooouh l'arbitre!", quel spectacle!
Maintenant on est plutôt Open de Monte-Carlo... c'est bien aussi, ils vendent des beaux produits dérivés, dans les allées.
Bon, là, quand-même, la messe 2009 est un peu en deuil, avec ce foutu départ de Nadal (qui nous a montré qu'il est juste humain, au fond). Mon chéri était vraiment désemparé, rapport au fait qu'il le trouve super sympa, et qu'il a le meilleur mental de tous. Mais finalement ça laisse ça chance aux autres, c'est pas plus mal.

Rayon filles, ben je suis tombée à la radio sur Nelson Montfort et d'autres collègues journalistes sportifs qui nous disaient qu'Ivanovic et Sharapova étaient de "formidables ambassadrices du tennis". En gros, les jolies filles font du racolage léger pour attirer le public vers les joueurs, les vrais, les couillus, les Federer, Monfils et Tsonga (on vous aime, les gars). Merde, on n'a pas d'autres commentaires à faire sur les joueuses que de discuter de leurs tenues sur le court? (même si je l'avoue, à la fin de chaque match j'ai qu'une envie c'est de foncer chez Go Sport pour m'acheter la même robe que la fille à la télé. Je suis une faible fille, avec peu de principes solides, en voici une preuve supplémentaire, si c'était nécessaire)

En tous cas, moi, il y a quelquechose que j'aime plus que d'être dans les gradins à me déshydrater en plein soleil et à me luxer le coccyx sur les sièges minuscules, en risquant le torticoli à force d'observer les gens du public avec leurs portables, leurs panamas et leurs lunettes mouches: c'est mater Roland-Garros à la télé, des heures durant, en maillot de bain, cheveux mouillés, affalée par terre sur le carrelage frais, Laurent Luyat en fond sonore, en bouffant des cerises jusqu'à l'indigestion.
Pour moi Roland Garros, c'est une ambiance: l'arrivée de l'été, les jours les plus longs de l'année, l'approche des vacances et l'arrivée prochaine des cigales.
Vous voyez, je suis tout sauf une journaliste sportive. Si Golovin me montre la balle, je ne vois que la bagouse sur son doigt.

mardi 2 juin 2009

A l'approche de la fête des mères...

... J'adore l'article de Marlène sur Elle.fr!
MEA CULPA, les deux mots qui résument les mères!

Et le 2ème, c'est pour quand?

(photo: "eux, au moins, ils sont débarrassés". M'enfin, ces chaussettes blanches sous les sandales, c'est vraiment obligé?)

A chaque période de la vie ses petits inconvénients rigolos, et ses questions associées.
En ce moment, après être passée par le rite de la grossesse, des commentaires sur le futur sexe du bébé, de son futur prénom, de mon futur lait ou de ma future épisiotomie qui-déchire-sa-race-et-c'est-pas-qu'un-jeu-de-mots-tu-verras-bien-quand-t'y-passeras, puis de l'arrivée de l'enfant tant attendu, et des conseils toujours avisés sur la façon dont il vaut mieux allaiter, "c'est les dents", la mort subite à éviter et les retours de couche-alors-tu-saignes-toujours-beaucoup?-fais-gaffe-t'as-peut-être-une-hémorragie-comme-ma-tante-qui-y-est-restée, je vis une nouvelle période, que j'appellerai la période-où-les-inconnus-s'amusent-à-se-prendre-pour-mon gyné-coach-et-agenda-personnel.
Je m'explique: Ma fille a un an, et je suis confrontée à une question, qui part d'un bon sentiment évidemment, mais qui se fait de plus en plus fréquente: "Et alors, le 2ème, c'est pour quand?". Certains membres de la famille, de l'entourage, mais aussi pas mal d'inconnus, et c'est plus étonnant. Sous-entendu: "Alors les jeunes, faudrait voir à pas se relâcher, hein, j'espère que chez vous c'est toujours ambiance Macumba sous la couette 14 jours avant les ragnagnas! Pour être plus clair, la moyenne de deux enfants par française, elle se fait pas par l'opération du Saint-Esprit, si vous voyez ce que je veux dire!" (sourire cochon).
Bon. Est-ce qu'on demande à quelqu'un (quelqu'une, surtout, parceque je ne pense pas qu'on demande ça aux hommes, en général) qui n'a pas d'enfant s'il va bientôt se décider à se bouger le c.. pour procréer? Ben non. Alors pourquoi l'arrivée du premier enfant provoque-t-elle autant de questions indiscrètes (qui ne me choquent pas venant de mes proches, hein, soyons clairs, mais qui me sidèrent de la part de l'épicier du coin) sur la remise en fonctionnement de mes organes génitaux? Je leur en pose, des questions, moi, au vendeur de melons (à 6,90€ l'unité, en plus, faut pas déconner), ou à la voisine du 1er, sur leur future opération du poireau sur la joue ou sur les effets secondaires gastriques de la pilule de régime Alli? Nan mais c'est dingue, ça, quand-même.

Bon, et il y a autre chose, aussi, à laquelle je ne sais jamais quoi répondre; c'est le conseil: "Je serais vous, je ferais un 2ème DANS LA FOULEE, au moins je serais DEBARASSEE".
Quand on lit et relit l'argument, franchement, y a de quoi se poser des questions. Est-ce qu'on fait un autre enfant "pour être débarassé"? ou "parceque c'est plus pratique"? ou "au moins on sera crevés pendant quelques années et ensuite se sera derrière nous"? ou encore, "pour que le 1er ait quelqu'un avec qui jouer, une sorte de jouet-vivant, quoi"?
Quitte à faire dans le pratique, autant ne pas faire d'enfant du tout, à mon avis. Et dans le genre "faire un petit frère pour l'ainée le plus vite possible", heuh, ça va, j'ai une petite sœur hyper rapprochée et je crois pas que ça m'ait procuré plus de joie qu'aux autres qui ont 3 ans d'écart.
Donc, pour résumer: Pourquoi se mettre, déjà, cette pression superflue du "2ème"? Sommes-nous des machines à reproduire, à peine fini, on recommence, et tant pis si c'est épuisant? Est-ce qu'on fait un 2ème pour faire plaisir au premier? (qui soit dit en passant à autre chose à faire en ce moment que de penser à me demander un petit frère, de toute façon elle ne sait pas parler)
En fait la réponse est simple: J'aimerais beaucoup un 2ème enfant, oh que oui, mais je veux profiter de ma "première", avoir du temps pour elle, pour ses débuts, jusqu'à ce qu'elle prenne un peu d'autonomie. Je ne veux pas jongler entre deux nounous, m'arracher les cheveux avec mes futurs employeurs, courir, enceinte jusqu'aux yeux, derrière ma fille qui fait à peine ses premiers pas, ne plus avoir une minute pour moi. J'ai à peine l'impression de me remettre physiquement, enfin, du premier accouchement, j'aimerais ne pas remettre le couvert tout de suite, et attendre quelques mois. Et surtout, je ne parlerai pas de mes projets aux passants, parce que ça ne les regarde pas.
Pour résumer, je ferai le 2ème quand je serai prête, quand ça viendra, et quand mon corps l'aura décidé. Pas juste "parcequ'il FAUT peu d'écart entre les enfants" ou "comme ça c'est réglé".
Voilà. Tout ça est un peu de mauvaise foi, je l'avoue, et évidemment, les gens posent la question mais au fond, s'en foutent, et moi non plus, ça ne me traumatise pas, rien de grave.
Mais c'est vrai quoi, arrêtons de sans cesse nous mettre la pression sur un-plus-grand-appart'-une-monospace-un-deuxième-des-vacances-au-Club-une-3ème-chambre, sinon tout ça devient de l'obligation de "consommer"! Et puis pour ce qui est de l'image de famille idéale avec papa, maman, frère et soeur blonds comme les blés qui s'aiment d'amour et qui leur feront des bisous jusqu'à la mort parcequ'ils ne remercieront jamais assez leurs parents de les avoir faits avec seulement un an et demi d'écart, accompagnés de leur animal de compagnie "pour les sociabiliser", c'est bon, mais vous pouvez repasser, ça ne me parle pas plus que ça.

Au fait, aucun rapport, mais je souhaite un très joyeux anniversaire à un ami qui est aussi fidèle lecteur de mon blog (eh oui, j'ai découvert que des hommes peuvent s'intéresser à ma rubrique "maternitude", j'en suis ravie!), et qui doit me lire, à l'heure qu'il est, de son bureau vers Montparnasse!

lundi 1 juin 2009

La fable du dîner et des 2 Euros.


Hier soir, nous avons diné en famille, cours Saleya. Sur la terrasse, vue sur le Castel et sur les lumières du soleil couchant. Comme d'habitude lorsque l'été commence, tout un tas de petits marchands ambulants défilent. Un Sénégalais nous a proposé à deux reprises (quel carriériste!) une tortue en bois, mise à prix: 80 € (oui, pour marchander, autant commencer à 2 Euros). Une autre dame s'est faufilée entre les clients pour leur proposer des roses ("Non merci, on a déjà baisé", disait justement le grand Alain Chabat dans Gazon Maudit), une autre des petits sachets de lavande et d'herbes de Provence. On retrouve ce défilé dans beaucoup de villes.

Mais le clou du spectacle fut le tour de chant d'une dame, et la réaction délicate d'un client du restaurant. Alors qu'elle entonnait un Piaf ou un truc du même acabit, un type jute à côté de nous lui a balancé: "Et si on te file 2€, tu peux t'arrêter de chanter et te casser ailleurs?" Il a lancé sa prose bien fort, bien clairement, c'est arrivé droit au but. La destinataire a bien reçu le message, et on a vu au visage du type qu'il était assez content de lui.
J'ai bien regardé ce gars, quelle classe. Le type même de celui-qui-a-réussi-et-qui-le-montre-parceque-sinon-ça-sert-à-rien, avec un pote (même profil, CSP+ et classe en -), tous les deux beaux comme Crésus, et deux cagoles en Pucci. J'ai failli lui demander: "Et ta pouffe, tu crois qu'elle reste pour 2€?". La nana en question, manifestement abonnée à Point Soleil, l'a regardé d'un air assez bovin, à peine interloqué, puis à replongé le nez dans son évian. L'autre en face, la pouffe à logos, une sorte de Paris Hilton des Bouches-du-Rhône, a ricané bêtement. Elle avait des mules à talon, c'est bien la preuve. Tous les quatre ont donc fini leur dîner, dans leurs cachemires à col V, béats et pas peu fiers d'avoir expulsé cette odieuse mendiante à coups d'insanités. Du coup, mon beau-père, pris de solidarité coupable (ou de culpabilité solidaire), a filé 5 € à la dame au lieu des 2€ qu'il avait prévus au départ. En un sens il s'est fait arnaquer, mais bon, c'est un autre débat, je m'égare, et c'est pas mon rôle de dire à mon beau-père que sa générosité le perdra (c'est bon je suis pas inconsciente non-plus). D'ailleurs, je suis sûre que si Ségolène Royal avait été là, descendue de Mougins avec son Dédé, elle serait intervenue pour s'excuser en leur nom, cette folle. Pour le coup c'eut été enfin utile, au fond.
Il n'y a pas grand-chose qui me dégoute plus que ce genre de type, ceux qui utilisent l'argent, de gros billets ou quelques piécettes, pour posséder, diriger, neutraliser ou humilier les personnes qui croisent leur chemin. Il n'y a pas beaucoup plus honteux que de jeter de l'argent au visage d'une personne pour lui signifier qu'elle peut aller voir ailleurs, maintenant, le spectacle est fini. Ils sont partis sans laisser de pourboire, en plus, mais surtout sans finir leurs verres de rosé. Quelle manque de savoir-vivre, ces nouveaux-riches. C'est bon moi aussi j'ai une carte Gold, mais c'est ma beauté intérieure, et je m'en suis remise, merde.

Bon, sinon, je vous laisse, je dois aller faire des recherches sur Google, faut que je regarde si la Baronne de Rotschild a publié des préconisations spécifiques concernant la manière de couper le beurre. Oui, c'est passionnant, vous aussi vous trouvez. Ce matin avec mon mec, on se demandait s' il valait mieux le raper au couteau à beurre, sur le dessus (ça c'est MA méthode, ultra-pratique à mon avis), ce qui a un effet soi-disant fâcheux: le "creusage" du haut du beurre, ou s'il faut plutôt se couper des petits morceaux, de haut en bas (ça c'est SA méthode, que je trouve affreusement innéficace et pas plus élégante, et qui nécessite plus de concentration pour ne pas ébranler la motte lorsque sa fin devient proche). J'espère que la Baronne pourra nous aider à tempérer nos futurs petits-déjeuners, je place beaucoup d'espoirs en ses éventuels conseils.
A bientôt mes champignons des bois!