vendredi 26 février 2010

Le conflit: la femme et la mère: Suite et fin


Ca y est, j'ai fini mon Badinter.

Les filles, les gars, je ne peux que chaudement vous recommander de le lire. Je vous l'ai dit dans mon post précédent, on peut ne pas avoir les mêmes idées que Badinter, mais son étude est, selon moi, assez modérée et pas dogmatique, contrairement à ce qu'on pourrait nous faire croire.

Ce livre, c'est un constat, une analyse, et enfin une projection concernant la situation des femmes aujourd'hui, à l'heure où elles doivent prendre la décision de faire, ou non, un enfant.

La philosophe, grâce à un grand nombre d'études et de statistiques, dresse un portrait de la trentenaire occidentale, avec toujours le cas particulier de la française, qui n'est pas le plus négatif!

Elle s'attache d'abord à démontrer la pression grandissante qui repose sur les épaules de la jeune mère, pour atteindre l'idéal de la mère parfaite que la société lui présente: Le lobby de l'allaitement exclusif et longue durée avec la Leche League, les nécessités écologiques, le besoin de gagner sa vie, tout en étant présente pour ses enfants...

Elle décrit ensuite les conséquences inévitables: le doute, la frustration, l'impression de s'être faite berner; le message étant paradoxal: dans une société toujours plus individualiste, on pousse la jeune maman à tout donner à son enfant, à se sacrifier, à s'oublier. Pas préparée, et malgré le bonheur de donner la vie (que Badinter ne nie pas, mais là n'est pas la question!) elle a souvent bien du mal à satisfaire à cette ambition.

Puis elle s'attache à l'analyse de la société. Désormais, en France notamment, les femmes ont le choix de vivre comme elles l'entendent (se marier ou pas, faire ou non des enfants, privilégier sa carrière ou non...). Mais chaque décision est lourde de conséquence, car quoi qu'elle choisisse, la femme subira plus ou moins de jugements extérieurs. Et nous savons qu'avoir le choix, c'est bien souvent assorti d'une conséquence assez anxiogène: "si j'ai choisi de vivre ça, je dois l'assumer seule, et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même si je me suis trompée".

Elisabeth Badinter s'intéresse aussi aux différentes politiques familiales, plus ou moins encourageantes selon les pays, en notant que la France est championne d'Europe, avec l'Irlande, de la natalité, grâce à un système assez créatif et souple.

Pour résumer, le message fort de Badinter, c'est: à force de trop en demander aux mères, et sans leur donner les moyens réels d'atteindre ces exigeances, on dissuade de plus en plus les femmes de faire des enfants (notamment en Allemagne, en Italie, au Portugal, en Espagne, au Japon... pays auparavant très traditionnels et centrés sur la famille nombreuse).
Devant l'ampleur de la tâche, la conciliation de toutes ces caractéristiques en une parait irréalisable à un nombre grandissant de femmes.

Que l'on ait son avis sur tel ou tel point (l'instinct maternel, l'influence des hormones, l'allaitement prolongé, le co-sleeping, les pratiques de maternage, le retour aux couches lavables), que l'on juge plus ou moins sévèrement tel ou tel comportement (travailler, rester à la maison, ne pas vouloir d'enfants, etc...), on ne peut pas nier pour autant que Badinter fasse un constat lucide, et pose de bonnes questions.
Je trouve son propos fort pertinent, et plutôt original. C'est intéressant de se pencher sur les raisons pour lesquelles les femmes font de moins en moins d'enfants, et d'essayer d'envisager des pistes pour y remédier.

Pour rendre un peu plus concret son propos, je vais vous proposer un petit résumé à ma sauce, en espérant qu'il corresponde assez à ce que dit brillamment Badinter. Ma petite illustration perso, quoi:
Essayez de vous mettre à la place d'une femme, jeune maman ou en âge de l'être, et de vous sentir visé par ma description ci-dessous. Puis, dans vos commentaires, donnez-moi votre impression.

Vous êtes une femme. Vous allez devenir mère.
- Vous DEVEZ être indépendante financièrement. On vous a dit et redit que le couple, c'est bien, mais que vous risquez la déception. Votre mari peut partir avec une autre, alors ne comptez pas trop sur lui. Et même, dîtes-vous que vous ne pouvez compter que sur vous-même.
- Pensez à votre retraite.
- N'oubliez pas votre vie privée.
- Trouvez le bon
- faites des enfants tant qu'il est encore temps!
- consacrez du temps à vos enfants
- trouvez un mode de garde rapidement après votre accouchement, afin de vous replonger dans la construction de votre carrière. Vos collègues ne vous attendront pas.
- retrouvez la ligne
- allaitez longtemps, et même au travail, grâce à un tire-lait s'il le faut.
- Pensez à la planète, n'utilisez plus vos couches jetables monstrueuses, mais consacrez plus de temps à les laver tous les soirs.
- Préparez des petits plats maison à votre bébé, plutôt que des petits pots industriels.Votre bébé mérite le meilleur.
- Prenez du temps pour vous, allez chez le coiffeur, faites vous aider du papa. Surtout, n'oubliez pas de redevenir femme. Votre bébé ne doit pas vous faire oublier la professionnelle, l'amante, la sportive que vous étiez avant.
- Paradoxalement, soyez assez adulte et altruiste pour réaliser que devenir mère, c'est faire des concessions, faire passer ce petit être avant vos désirs, tirer un trait sur certains aspects de votre vie d'avant.
- faites d'autres enfants, ce serait trop bête de vous arrêter avant!
- prenez un congé parental pour être présente pour eux, rien n'est plus important que la présence d'une mère.
- Travaillez plus pour gagner plus. Une fois les enfants partis, vous risquez de regretter d'avoir fait une pause professionnelle.
- Si vous êtes au foyer, veillez à vous justifier régulièrement sur la manière dont vous occupez vos journées
- En tant que femme, vous devez redéfinir vos priorités. La carrière n'est rien, par rapport à l'éducation de ses enfants et l'entretien du couple.
- Achetez les magazines féminins, vous montrant une image idyllique de la maternité et de la féminité (= se balader, vêtue d'une longue robe taille 34, en portant des lunettes mouches et le dernier it-bag, son bébé, habillé en Burberry et sans aucune trace de vomi sur le body, posé négligemment sur la hanche, puis le laisser à la gouvernante pour aller se faire une manucure, négocier une énorme augmentation avec son boss une heure après, boire un cosmopolitan avec les copines après le boulot et enfin retrouver, maquillée de frais, ses amants le soir même pour pimenter sa vie de couple)
- pensez à aller à la CAF, prévoir les RDV chez le pédiatre, faire les papiers, préparer le dîner, faire les courses en ligne, racheter des couches, des suppo, trouver le temps pour la rééducation périnéale (gare à la descente d'oganes, mes chères!)
- ne séchez pas vos points d'épisiotomie avec un séchoir à cheveux, mais plutôt à l'aide d'une serviette propre (ou l'inverse, selon les sage-femmes)
- prévoyez les coussinets d'allaitement pour le soutien-gorge, une montée de lait en plein meeting avec les sous-traitants peut être vraiment gênante)
- arrêtez d'utiliser des tampons et serviettes hygiéniques, pas du tout bio-dégradables, mais privilégiez la coupe menstruelle, petite ventouse en plastique à vider et stériliser toutes les 12 heures (sic).
- Exprimez-vous, relâchez la pression, le baby-blues, c'est fréquent et normal!
- Essayez de récupérer du manque de sommeil en calant le votre sur celui de votre bébé.
- soyez fortes, avant, il n'y avait ni péridurale, ni contrôle des naissances, et les femmes ne se plaignaient pas!
- N'oubliez pas votre mari... il ne doit pas se sentir délaissé.
- Au bout d'un moment, il faut savoir arreter cette fusion mère-enfant, au risque de faire de vos fils des grands sensibles!
- Arrêtez votre activité tant que vos enfants ne sont pas entrés à la maternelle.
- Allaitez
- Sevrez.
- Faites un brin de ménage
- Souriez!

Un peu angoissant? Un peu déprimant?
Pas forcément... le tout est de savoir si l'on doit se battre toujours plus pour faire face sur tous les fronts, ou si l'on doit apprendre à lâcher prise, à accepter que la perfection qu'on nous demande est impossible.
Je crois qu'on finit toutes par trouver un compromis qui nous rende heureuse., à comprendre que la réalité est toute autre que celle qu'on nous sert sur papier glacé, et à savourer les plaisirs de la maternité... même si on culpabilisera toujours un peu de ne pas arriver à tout faire.
Et puis, si on persiste à faire des enfants malgré ces recommandations de plus en plus grandes et provenant de toute part, c'est quand-même qu'on est sacrément optimistes, non?

14 commentaires:

  1. Pour ma part je me passerais du livre: j'ai horreur de lire des trucs qui ne m'apprennent rien et/ou qui ne me font pas réver. Je suis par contre tombée hier soir sur une émisson dans laquelle elle était longuement interviewé et je pense que tu as bien résumé le propos de son livre. Loin des critiques acérées d'extraits sortis de leur contexte.
    Ce qui me fait le plus halluciner c'est que les modes et recommandation pour devenir la mère parfaite changent à la vitesse de la lumière:Ma grand mère et ma grand tante c'était fait honnir parcequ'elles ne parvenaient pas à allaiter leurs bébés, ma mère a tenté mais n'a pas du tout été aidé au contraire et on lui a collé un bib au premier petit pépin en lui faisant clairement comprendre qu'elle cherchait à se compliquer la vie.
    Et alors que nous sommes physiquement pile poil sur le même modèle, je n'ai eu aucun soucis sans doute aussi parceque j'ai trouvé les bonnes infos pour réussir. Néanmoins il y a 10 ans on me regardait encore comme une illuminée quand je disais que j'allaitais encore après les 2 premiers mois. Alors qu'aujourd'hui c'est le must!

    Le plus contrariant et le plus difficile dans le fait d'être mère c'est qu'on ne peut souvent même pas déterminer à l'avance les choix et les positions que l'on va adopter une fois mère.
    Une des phrases les plus vrais que j'ai lu à ce sujet:
    "Avant j'avais des principes, aujourd'hui j'ai des enfants"
    Mais pour vivre sa fonction de mère avec sérenité il faut savoir déterminer très vite quels seront nos pilliers directeurs et devenir sourdes à toutes les sirènes environnantes. Et dans notre société ou l'apparence, le quand dira-t'on, a beaucoup d'importance ce n'est pas facile pour toutes.

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  2. ah et un petit détail : je ne peux laisser passer le détail de la coupe menstruelle à stériliser toutes les 12h?: tellement improbable comme pratique: pourquoi toutes les 12h et pourquoi pas à chaque fois qu'on la vide aussi lol.
    Bref la mooncup ne se stérilise évidement qu'1 seule fois à la fin du cicle juste histoire qu'elle soit nickel pour la prochaine fois. Entre temps on se lave les main avant manipulation on vide et on repositionne aussitôt c'est l'idéal pour ne rien briser du confort de pose et de la flore microbienne naturelle.

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  3. Bin les filles, vous êtes pas rendues si vous écoutez les conseils pas chers des uns et des autres ! Ne croyez qu'en vous-même, faites ce que vous voulez et pouvez. Le reste, c'est juste pour faire vendre des canards à la noix, en surfant sur la mode actuelle. Les vrais problèmes ne sont pas d'ordre intime et personnel, mais de l'obligation pour beaucoup de travailler pour pouvoir (sur)vivre, celles qui ont un job sympa et rémunérateur étant vernies. Pour toutes, l'indépendance financière reste une nécessité pour anticiper l'abandon statistiquement annoncé du mâle. Car si le couple n'est fondé que sur la recherche de la beauté du premier jour, il est logique qu'il y ait tant de divorces. Si des jeunes femmes se sentent obligées de suivre les diktats des torchons à 3 balles, et de tout miser sur l'apparence (physique et sociale), c'est qu'elles sont restées en enfance, incapables de faire des choix, et se vouent à se sentir perpétuellement déçues ou frustrées. On ne peut pas tout bien faire ni tout avoir (puisqu'il faut enfoncer des portes ouvertes), c'est bien pour cela qu'il faut savoir identifier ses vraies priorités et valeurs, en fonction de ses besoins et des nécessités. C'est la meilleure façon de ne rien regretter. Je suis sciée d'être obligée d'énoncer des vérités premières !

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  4. Entre nous, qu'est-ce que ça peut bien vous faire, ce que l'on pense de vous et de vos modes de vie ? C'est l'instinct grégaire ou quoi ? Je ricane en voyant ce que mai 68 continue d'engendrer comme conformismes ! Par pitié, faites des choix, assumez et profitez de la vie sans vouloir tout contrôler !
    Lâchez un peu prise, sinon vous allez devenir dingues !

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  5. @ Cleanettte: ouais, bon, pour la mooncup, je suis pas experte, hein! Je n'ai rien contre, c'est peut-être très bien, c'est juste un détail que certains ayatoolahs écolos nous vendent à coup de morale excessive, et, en plus des couches lavables (à gratter préalablement au dessus des chiottes, merci) et des petits pots vapeur maison, j'ai envie de dire que c'est la goutte d'eau, là.

    @ Queen Mom: dans mon post, j'essaie de retranscire l'idée de Badinter, je ne parle pas en mon nom.
    Personnellement, je crois avoir un peu de recul sur cette culpabilisation qu'on voudrait nous infliger. Mais je connais aussi pas mal de copines qui repoussent l'idée de la maternité en disant que ça leur parait trop compliqué. C'est donc qu'il y a un vrai problème.
    Les jeunes femmes ont de plus en plus l'impression qu'avoir un enfant, c'est tellement compliqué qu'elle n'y arriveront jamais, et donc renoncet.
    Ce n'est pas normal de faire peser autant de pression sur les mères, et même si le problème ne date sûrement pas d'hier, je crois que les choses sont encore plus compliquées pour notre génération.

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  6. @Queen Mom : je suis tout à fait d'accord. En quittant la clinique, j'ai rencontré un pédiatre qui m'avait dit de ne jamais écouter mère, belle m-re, grands mères, tantes et grands tantes, copines, amies et journaleuses.
    J'étais mère d'un enfant et sans que je sache comment, selon lui, je saurais toujours ce qu'il lui fallait, sans réfléchir ni théoriser...

    Reste que je voudrais vous tagger toutes, surtout les jeunes, sur un tag que j'ai reçu : http://bit.ly/cxxq7x "Aimeriez vous que votre enfant ne vous ressemble pas" que j'ai quant à moi transformé en "Et si nos enfants étaient différents ?".

    Alors, donc, je tagge Marine bien sûr, Cleanette, Ingliche Titcheur, et Queen Mum.

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  7. et si on essayait chacune de faire au mieux de nos possibilités et nos envies? et si on lachait prise? et si on acceptait d'etre imparfaites et heureuses en assumant nos choix de vie?
    allez les filles on peut y arriver !
    je rejoins cleanette sur avant j'avais des principes maintenant j'ai des enfants !! cette phrase prend encore plus de sens avec enfants au pluriel ;-DDD

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  8. Billet très juste et qui plus est, très bien écrit et drôle, comme d'hab quoi.
    Tu oublies juste un impératif:
    - un billet incisif-stylé-bien écrit tu écriras tous les 3 jours
    Si si.

    Sinon, arrêtez toutes, vous me faites peur!

    Ah oui et puis:
    @pourquoisecompliquerlavie: merci pour le tag! Je ferai de mon mieux sachant que je n'ai pas d'enfant...

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  9. @pourquoisecompliquerlavie : non merci pour le tag. Je n'aime ni les autocrates satisfaits ni les censeurs !!

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  10. Très bon article ! Mon dieu, que c'est dur d'être une femme...

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  11. Merci Marine pour cette analyse, comme d'habitude très pondérée et honnête. J'ai poussé un coup de gueule contre Elisabeth Badinter récemment. C'est effectivement une femme très intelligente et elle a sans conteste raison de dénoncer la pression que subissent les femmes de tous les côtés mais une chose me chiffonne: elle est actionnaire de Publicis et ne prend jamais position sur la publicité, hors, pour moi, un des plus gros diktats vient de la pub. J'apprécierai de voir des pubs vraiment féministes, des pubs où ce sont des papas qui font la lessive (et pas de "doux comme maman.."), c'est là où pour moi le bat blesse. On le sait toutes qu'il y a des pressions et on finit toutes par faire notre sauce tant bien que mal, ce qu'il nous faut c'est des vrais combats pour l'égalité salariale ou pour le droit à disposer (vraiment) de nos corps. C'est là où elle pourrait vraiment faire une différence et au lieu de ça elle nous sert une belle étude très académique qui risque une fois de plus de culpabiliser les mères qui tentent le grand écart, qui tentent d'être des super-woman... Je regrette mais j'espérais plus de sa part.

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  12. Bien vu, Lontron Glouton, c'était un peu le sens de mon dernier billet !

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  13. Le problème est le suivant et malheureusement Badinter ne déroge pas à la règle :
    quand on est une femme, on doit.
    Tu le montres bien dans ta liste : on doit être indépendante, on doit être une super maman, on doit être mince, fashion, permamentée, épilée de frais, on doit tout gérer dans sa petite famille et tout gérer au boulot, on doit penser à aller acheter un rôti pour les invités et emmener la petite dernière à la danse dans la foulée... Ouf ! Pitié !
    Et dans tout ça, le papa il pense à quoi ?
    Ah oui... Ce serait bien qu'il pense à ne pas uriner sur la cuvette des toilettes.
    Je déteste le mot devoir. J'ai 35 ans et je suis en train de me demander sérieusement si j'ai envie d'être mère. J'aimerais mais je ne veux pas de tout ce que cela implique.
    J'ai pas envie d'être 'super'. J'aime ma vie de célibataire et je me vois mal héberger un papa.
    Idéalement, je voudrais trouver un père qui resterait célibataire et partager les gardes.
    Mais je culpabilise, parce que ce n'est pas l'image de la famille idéale, telle que la société ma la renvoie.
    J'aime faire ce qui me chante quand ça me chante, je monte toute seule mes meubles Ikéa et je passe mon temps à changer de secteur professionnel. J'aime pas m'épiler et j'aime pas le shopping. J'aimerais bien, voilà j'aimerais bien qu'on arrête de me dire comment être une femme.
    Ca fait longtemps que je ne lis plus les magazines féminins à cause de ça.
    J'ai trouvé une façon d'être qui me convient. J'aime manger des spaghettis à 2h du matin devant mon ordi. C'est une manière très masculine d'être finalement. Pourtant je ne me sens absolument pas masculine et je n'adopte aucun des codes dits masculins : je déteste le foot, les bagnoles, la bière et tous ces trucs.
    C'est une manière très masculine d'être parce que les hommes continuent à être plus libres que les femmes. Et voilà, j'aime la liberté. J'aime penser à autre chose qu'au planning d'une petite famille, aux courses, aux calories ingérées et toutes ces choses passionnantes...
    Voilà pourquoi je pense que Badinter s'est trompée de combat.
    Le problème ne devrait pas être les choix que font les femme mais la manière dont on leur permet de les faire.
    Si la femme veut des enfants, la société doit lui donner les moyens (congés parentaux, protection en cas de perte d'emploi durant ou après une grossesse, places en crèche suffisantes...), si elle veut rester à la maison pour les élever, il faut qu'elle obtienne des assurances financières (considérer par exemple que le salaire du mari appartient aux 2 et assurer une retraite en conséquence) etc...
    Il faudrait aussi protéger les mères célibataires (aides à la garde des enfants, aides financières...), apprendre aux petits garçons les tâches ménagères et les laisser jouer à la poupée et tellement d'autres choses.
    Je comprends parfaitement que Badinter craigne pour nos droits mais le combat doit être juridique et éducationnel.
    Là, elle ne fait que nous culpabiliser encore davantage.
    Il faut arrêter de dire comment une femme doit être et faire en sorte qu'elle ait la liberté de choix.

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  14. Petite précision à mon commentaire ci-dessus : Badinter dans son bouquin, remet en question certains choix de la femme (comme justement les couches lavables ou l'allaitement longue durée).
    Voilà pour quoi je dis qu'elle s'est trompée de combat.
    Ces choix sont à mon sens personnels et ne devraient pas être pris en compte.
    Ils prennent racine dans autre chose qu'une remis en cause du féminisme.
    Par exemple l'allaitement long terme est un constat médical et scientifique au départ et les couches jetables sont un constat écologique comme beaucoup d'autres (les emballages, les détergents, les pesticides etc...).
    Le vrai problème, ce n'est pas ça.
    Le vrai problème est de protéger et renforcer nos droits et surtout d'arrêter de nous culpabiliser.
    Que ce soit dans un sens ou dans un autre.

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