lundi 4 juin 2012

"Eloge de l'Enfant Roi", de Marlène Schiappa


Juin 12 - 224 pages - 16.00 €

Marlène Schiappa, que j'ai connue grâce au blog Maman Travaille et que je suis régulièrement, m'a gentiment envoyé son nouveau livre. Son premier "vrai" essai, dont le but est de clouer le bec aux théoristes de tout poil concernant l'éducation, et notamment les ayatollahs de l'autoritarisme à tout crin, très en vogue aujourd'hui.
Les parents, selon elle, seraient de plus en plus culpabilisés par des "professionnels" de l'éducation (psy, notamment), toujours prompts à nous rappeler que nos enfants sont trop choyés, trop gâtés, que nous cédons à bien trop de leurs caprices et que nous fabriquons une armée d"enfants rois", incapables de supporter la moindre frustration.
Bref, nous, parents, croulerions sous les recommandations rigoristes et paradoxales nous enjoignant à cadrer, voire "mater" nos enfants.

En découvrant ce livre, j'ai trouvé son point de vue original, tout en me demandant comment elle aborderait ce thème, qui me parait assez compliqué à étudier.
Je dois dire que j'admire pas mal la somme de travail qui a été fourni pour rédiger ce livre. Je ne connais pas personnellement Marlène mais j'aime bien sa personnalité, son énergie, sa façon -passionnée- de s'exprimer... même si je ne suis pas toujours d'accord avec elle. Un terrain fertile pour de grandes discussions enflammées autour d'un café, en somme!
Son livre est bien écrit, le style enlevé, ironique (et même parfois un peu acide). J'ai apprécié les nombreuses références, les sources très variées qu'elle a utilisées pour se documenter, même si je les ai trouvées parfois, justement, "trop" diverses (avis de professionnels; psy, enseignants, directeurs de magazines de puéricultures, sociologue...), mais aussi témoignages, discussions avec des copines, émissions de télé, informations glanées sur le net, dans les forums, magazines people, faits divers (ça, j'aime moins).


J'ai lu le livre attentivement, j'ai pris une multitude de notes, (chaque page est griffonnée!). Et je dois dire que, pendant toute la lecture, et en le refermant, j'ai ressenti une sensation un peu gênante. Cela ne m'est jamais arrivé, en fait:  j'ai été captivée, j'ai trouvé ce livre passionnant... et en même temps je suis en désaccord avec Marlène sur la plupart des points abordés. Pour ne pas dire tous. Dans le fond, il faudrait rajouter des "ne", "pas", "au contraire", "à l'inverse", pour que les idées exprimées ressemblent aux miennes.

Je n'ai aucunement envie, en fait, de faire l'éloge de l'Enfant Roi. Pour résumer, Marlène prétend que l'on met trop de barrières aux enfants, trop de limites, trop de règles, et qu'il faudrait pouvoir s'affranchir de tous ces dogmes pour les éduquer plus librement. Notamment en les laissant libres de s'alimenter quand et comme ils le veulent, de prendre eux-mêmes des décisions, de se coucher à l'heure qui les arrange, de prendre part aux discussions d'adultes, de penser par eux-mêmes. A 4 ans.
Car rien n'est plus intéressant et épanoui qu'un enfant qu'on laisse s'exprimer, qui peut négocier avec les adultes plutôt que d'être obligé de leur obéir bêtement.

Ce qui m'a gênée durant la lecture, c'est que j'ai bien souvent trouvé les arguments de Marlène excessifs. A l’excès des théories autoritaristes, elle répond de la même manière, finalement.
Elle évoque Amy Chua (la mère ultra sévère américaine qui a vendu des milliers de bouquins), ou d'autres théoriciens  yankies pères-Fouettard à l'excès, dont l'influence me parait minime chez nous et qu'il me parait caricatural d'évoquer (car "tout ce qui est excessif est insignifiant", selon moi - et surtout selon Talleyrand-).
Elle tire à boulets rouges sur les psys "garagistes", qui ne seraient bons qu'à livrer des théories de "prêt à penser", comme Aldo Naouri, par exemple.
J'ai, dès le départ, compris la thèse de l'auteur. Mais j'ai eu la sensation que, durant tout son livre, pour défendre son idée de départ, elle a utilisé tous les moyens possibles et existants pour servir cette thèse. Quitte à utiliser des exemples, des anecdotes excessifs. Quitte à en passer par la mauvaise foi, la posture "anti-Naouri" conditionnée dès le départ, des avis de spécialistes allant tous dans le même sens que la thèse défendue, le raisonnement par l'absurde. Et donc à en arriver à des des conclusions ubuesques.

Selon Marlène, un enfant est épanoui si on ne le laisse pas à l'abandon, et qu'on lui apporte les limites de base, telles que le respect de la loi ou des règles de sécurité élémentaires. Mais où sont les valeurs? Les principes? Les règles de vie en société, avec les autres? Pour moi c'est cela le plus important. Eh oui, mille fois oui, pour moi un enfant a besoin d'un CADRE, qui lui permettra de grandir en sécurité, sereinement, sans avoir à se poser trop de questions, car ce n'est pas de son âge.

Tout un chapitre est consacré aux qualités de l'enfant-roi: il serait négociateur (c'est une qualité selon l'auteur), attachant, inspirant (pas de films, pas de dessins animés, sans un héros qui fait des bêtises! Titeuf, Nelly Olson, Bart Simpson... sont quand-même bien plus intéressants que les "premiers de la classe"!), leader, et drôle.
Je trouve cela très subjectif. Mes enfants, que je crois élever à l'inverse du principe de l'enfant-roi, sont aussi, à mes yeux, attachants, inspirants, créatifs, drôles, empathiques. Et beaux. Et passionnants. Et matures. Etonnant, n'est-ce pas?
Je crois que ces "qualités" ne sont pas propres à une éducation, mais sont simplement inhérentes à des personnalités. Prenez une fratrie. Parmi les enfants élevés peu ou prou de la même manière, il y aura un leader, un autre plus discret, un frondeur et un autre bien plus adaptables aux règles.

Je rejoins Marlène quand elle dénonce la "supposée incompétence parentale" (p.57), la professionnalisation du métier de parents, avec des experts en parentalité qui fleurissent là et là. D'après elle, les parents n'ont plus confiance en leur capacités d'éducateur, et l'éducation ne serait plus naturelle. Je suis d'accord.
Page 61, elle distingue les psy "garagistes" comme dit plus haut, et les penseurs, ceux qui se remettent en question et n'offrent pas de recettes toutes faites. Elle met d'office le très médiatique Marcel Rufo dans la catégorie des penseurs, je trouve ça discutable (c'est vrai, ça; pourquoi Marcel Rufo est-il considéré comme plus compétent? N'étant pas moi-même pédo-psy, j'aimerais bien qu'on m'explique comment est établie cette hiérarchie). Je trouve cette opposition "bons/mauvais psy" arbitraire et excessive.

Marlène revient sur toutes les activités "répréhensibles" et qui font pourtant beaucoup de bien à l'enfant-roi: la liberté de se nourrir comme il le souhaite (frites, bonbons, pas forcément 5 légumes par jour... soit), l'ordinateur, internet, la télé, avec tout ce que ces medias apportent en terme d'éducation. Là aussi je trouve les arguments excessifs, je ne pense pas que beaucoup de familles proscrivent catégoriquement toutes ces choses. Il y a un juste milieu, il me semble que la majorité des parents essaient de cadrer le recours à ces activités, sans pour autant tout interdire ou tout permettre. Il me parait, là encore, excessif de le démontrer.

La phrase de Rousseau "vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites pas d'abord des polissons" ne me parait pas appropriée (p.62). En fait je pense exactement l'inverse. A l'époque, dans le contexte de Rousseau, après des siècles à considérer l'enfant comme une chose, cette phrase était bienvenue. Aujourd'hui, non. Il me semble important d'éduquer, donner un cadre, des limites strictes à l'enfant... pour qu'il puisse, une fois devenu grand, savoir contre quoi se rebeller, laisser de côté les aspects de son éducation qui ne lui conviennent pas, mais garder tout ce qu'elle lui a apporté en stabilité. Je le pense sincèrement. Comment un enfant qui a accès à tous ses désirs peut-il réellement rêver, imaginer, se connaître?

Marlène aborde aussi la notion de politesse, avec des injonctions peut-être un peu trop paradoxales provenant du monde des adultes; "n'embrasse pas les inconnus, mais dis bonjour à la dame!" "fais un bisou au boulanger!". Ces règles non-écrites sont certainement un peu difficiles à comprendre pour un enfant, mais selon moi, il y a des codes à acquérir, des choses à comprendre, et mes enfants devront les respecter. Même si cela leur prend du temps.
J'ai un gros désaccord avec Marlène quand on arrive au thème de la frustration, des caprices en public. Il y a, encore une fois selon moi, des règles, des principes, à respecter. Mes enfants les connaissent, ce sont toujours les mêmes. S'ils font un caprice pour avoir le Kinder Surprise à la caisse, même si je suis d'accord avec le constat de Marlène (l'enfant pleure parce qu'en fait les supermarchés sont source de stress, pas parce qu'il est manipulateur), je ne déroge pas au principe, et je ne cède pas à mes enfants.
Je n'ai aucun problème à frustrer (parfois!) mes enfants, parce que j'essaie de rendre la vie vivable, pour eux, pour la fratrie (comment s'en sortir si chacun des enfants n'en fait qu'à sa tête, avec ses propres horaires, selon ses propres envies?), mais aussi pour moi, leur père, notre vie de famille, notre couple. Nous sommes quatre, et pour que les choses se passent correctement à la maison, je ne vois pas, pour l'instant, d'autre moyen que de faire respecter des règles, communes à tous et, pour certaines, indiscutables. Je ne pense pas du tout que ce soit par facilité, que nous mettons des limites. Pour moi ce serait l'inverse, la facilité.



J'ai été gênée par une autre chose, dans ce livre; les recours au discours politisé. Je n'ai pas compris en quoi il était approprié d'associer autorité à la droite, liberté à la gauche. Les références à la famille Sarkozy (Jean au début du livre, puis Nicolas, puis enfin Louis) m'ont paru superflues (ou alors, parlons aussi de Thomas Hollande!). Je n'aime pas les clichés et la caricature, et je suis en désaccord profond avec l'idée que les familles de droite et bourgeoises, forcément "BCBG" et "couvent des oiseaux" (Marlène, tu es sérieuse???), élèvent leurs enfants de manière moins libre, plus stricte, que les familles de gauche, libertaires, de milieux sociaux défavorisés. (je suis persuadée que les parents immigrés, souvent pour s'adapter au mieux à leur nouveau pays, élèvent strictement leurs enfants, pour qu'ils soient le plus irréprochable possible).
Selon ce livre, à droite il y a les dominants, les bourges du 16ème arr., un peu (ou beaucoup, c'est au choix) xéénophobes, qui font du golf le week-end, déjeunent à l'Ile de la Jatte et payent un max leurs écoles de commerce pour rester "entre-soi", et élever par la suite des gamins formatés, tous en pantalon de velours et mocassins à glands. A gauche il y a les bobos cools, qui élèvent leurs enfants dans le respect de leur personnalité, qui les éveillent à l'art, la musique, les choses de la vie, sans se prendre la tête avec des règles de pensionnat des années 50. Ou il y a les pauvres, les victimes, les cas sociaux qui claquent les allocs en achat d'écrans plasma (enfin, d'après les riches).Voilà.
Sauf que la France, le monde, ne s'arrêtent pas à cette classification très... bornée (et parisienne).
Je pense que les choses sont beaucoup, beaucoup plus complexes que ces catégories faciles. Les chemins, les philosophies, les parcours de vie, les idées des uns et des autres s'entremêlent de manière plus nuancées et enrichissantes. Je refuse d'adhérer à cette fracture binaire de la pensée, bien-pensante, presque sectaire.



 Puis suivent les chapitres sur les caprices, la fessée, l'épisode de la gifle (administrée par un maire à un jeune qui l'avait insulté), les punitions, les limites et les cadres.
C'est bien simple, j'ai bondi de mon canapé à chaque page; à chaque exemple utilisé par Marlène, j'aurais mon contre-exemple à rajouter (mais là ce n'est plus un blog, qu'il me faut, c'est un débat télévisé d'1h45).



 Ensuite viennent d'autres idées sur l'argent de poche, l'accès aux moyens d'expressions tels que les vêtements permettant de se différencier, aux biens culturels tels que les livres, les magazines, qui seraient l'apanage des enfants-rois (ceux éduqués librement), les autres, étant éduqués bien plus strictement, ayant un accès plus limité à ces types de biens.
J'avoue ne pas avoir bien compris ce chapitre, car si je suis d'accord avec le fait que l'accès à la culture soit important et libéré, je ne vois pas en quoi les enfants éduqués selon des "cadres" y ont moins accès que les autres. Je n'ai même pas envie de dire "au contraire". Je pense que c'est plus une question de personnalité, sensiblité des parents.
Encore une fois, Marlène confond autorité et autoritarisme... Elle oppose l'enfant-roi, qui est gâté et qui a accès à tout un tas de produits intéressants, aux autres qui se contentent "d'une orange à Noël" ou "d'aller chercher l'eau du puits". (Caricatures et clichés disponibles en p. 152)

Les chapitres sur la consommation, l'économie, la relance que permettrait la surconsommation grâce à l'enfant-roi sont amusants, ironiques (pour ne pas dire un peu de mauvaise foi).
L'auteur dénonce l'hypocrite stigmatisation de l'enfant dans cette surconsommation... puisqu'en réalité, nous, adultes, sommes tous esclaves de la consommation et c'est bien le modèle qu'on donne à nos enfants.
Je suis d'accord sur le constat... mais cela ne doit pas nous empêcher d'essayer d'éduquer au mieux nos enfants, voire de les protéger, le plus longtemps possible, des aspects négatifs de cette consommation à outrance. Et cela ne signifie pas qu'on ferme les yeux sur la réalité, qu'on n'initie pas nos enfants à la gestion de l'argent (là encore je ne vois pas le rapport)

Enfin, Marlène s'attarde sur le thème, un peu mystérieux pour moi je l'avoue, de "l'enfant caché". p.163.
Selon l'auteur, la société éradiquerait (pas moins!) l'enfant de l'espace public, en lui vouant une véritable haine. Tout serait fait pour que l'enfant soit cloîtré chez lui, à la maison (là où il devrait être); absence de places en crèche, lieux pas très "baby-friendly"...
Certes, je trouve qu'il y a des progrès à faire en France sur tous ces aspects, mais encore une fois je ne me reconnais pas dans ce constat excessif. Je pense que nous sommes un des pays au monde qui sont les mieux lotis en terme d'aides famililales, de modes de garde. Si, si.

Les initiatives de villages Club-Med "adultes only", ou les wagons SNCF "silence" (donc sans enfants) ne me scandalisent pas le moins du monde, contrairement à Marlène. Tout simplement parce qu'il en faut pour tous les goûts, et que tout un tas d'autres formules "baby-friendly" sont disponibles. (même si, comme dans la photo plus haut, on peut déplorer la "communautarisation" des vacances (sic).


Vers la fin du livre, je rejoins Marlène sur ce point: on est toujours le parent d'un enfant-roi, aux yeux des autres... même si on est persuadé de faire le contraire et de donner un "cadre" à ses enfants. Mes enfants, par exemple, sont sûrement vus par certains comme d'horribles petits piailleurs ayant réponse à tout, négociant tout jusqu'à l'épuisement et buvant des verres de Coca toute la soirée jusqu'à plus soif.
Hé hé... qui sait.

Marlène a raison de s'offusquer contre un mode unique de pensée, une seule et même stricte manière d'élever son enfant. Comme elle, je pense que les parents doivent se sentir libres d'élever leurs enfants comme ils le sentent, et qu'il n'y a pas UNE méthode miracle d'éducation.
Mais contrairement à elle, je ne ressens pas tant de pression que ça, je ne considère pas que la vie des parents soit si infernale que ça. Peut-être parce que je ne lis pas vraiment de manuels psy, je n'ai pas de "gourou", j'ai confiance en l'éducation que je donne à mes enfants avec leur père... tout en me remettant en question tous les jours depuis la naissance de mon ainée (voire un peu avant).

Même si j'ai bien compris que Marlène ne donnait pas de conseils (elles n'est ni psy ni pro de l'éducation) dans un énième bouquins de recettes, je considère que ce livre ne se contente pas de remettre en cause l'état actuel des injonctions éducatives apparemment trop strictes... je trouve que l'auteur prend parti (et c'est très bien). Donc, qu'elle le veuille ou non, elle exprime sa façon de voir l'éducation, avec forcément un "jugement de valeur" sur ce qui est bien, et moins bien.
Il me parait donc normal que son livre crée le débat. Car à des méthodes excessives, elle répond, non pas par de nouvelles méthodes, mais par des idées, reconnaissons-le, qui prêteront nécessairement à controverse.

Si vous m'avez lue jusqu'au bout, vous aurez donc compris que j'ai été un peu chamboulée, à la lecture de ce livre... dont pratiquement chaque page m'a estomaquée, beaucoup dans le fond, parfois aussi dans la forme.



J'applaudis cependant Marlène, pour son style, sa capacité à provoquer, non pas gratuitement mais pour créer un débat (car c'est ce que tu as voulu en écrivant ce livre, n'est-ce pas Marlène? ne me dis pas que c'est un projet qui se voulait fédérateur, hein ;-)
Merci Marlène de m'avoir fait réagir, penser, réfléchir. Car si ce billet est écrit à chaud (à tiède, on va dire), je ne manquerai pas d'y repenser souvent, à mon avis.

(z'avez vu j'ai fait ma studieuse, là. J'ai tout bien lu, tout bien annoté, tout bien raconté. Enfin j'espère?)

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18 commentaires:

  1. Pourtant je croyais qu'on savait maintenant que pour un enfant n'avoir aucune règle insécurise l'enfant...
    J'en ai fait les frais mes parents sont des personnes incapable d'autorité et de s'organiser dans la vie. Cela a fait de moi une enfant déprimée et insomniaque. Aujourd'hui, j'arrive à me discipliner un peu mais quel combat quotidien dans la vie pour arriver à un minimum de rigueur. Mon frère lui est devenu un extrémiste de l'ordre et de l'obstination pour contrer le manque de discipline.
    J'ai moi même deux enfants, ça me fait mal de devoir être autoritaire car mes parents ne m'ont pas appris à l'etre mais je ne veux pas que leur vie ressemble à la mienne.

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  2. Oulah! Je suis tellement d'accord avec ton analyse! Je n'ai pas lu ce livre mais les extraits que tu publies et le compte rendu que tu en fais me donnent froid dans le dos. Tout me paraît tellement excessif! Que c'est agaçant! Pourtant il me semble que le BON SENS préconiserait un juste équilibre entre autorité et laxisme.
    Et j'ai très envie de retourner la phrase " Souvent affirmer que les enfants ont besoin de cadre revient encore à s'épargner une explication, par paresse ou par désir de montrer "qui commande ici"": n'est-il pas tout autant paresseux de justifier le manque d'autorité et de cadre par une soit-disant philosophie de l'enfant-roi (genre mon enfant est une teigne mal élevée mais c'est un choix éducatif)???!!!
    Bref, cela me confirme dans mon absence d'appétance pour ce genre de littérature. S'il y avait un manuel de fonctionnement des nains qui marchait vraiment, je crois que ça se saurait. Je vais donc essayer de faire de mon mieux avec ma fille. Etpicétou. :)

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  3. Merci pour cette chouette analyse. Je suis enseignante et en ce qui concerne le cadre, je confirme que les enfants en ont BESOIN et que ca n'est que pour trouver les limites qu'ils les cherchent. Ne pas les leur donner revient à leur conférer un sentiment de toute-puissance extrêmement effrayant pour eux.

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  4. Merci pour ton travail, j'ai vraiment l'impression que tu nous as décrit fidèlement ce livre: je n'aurais pas besoin de le lire pour pouvoir en parler.
    De ce que tu nous en décris j'ai en tout cas l'impression qu'il n'a été écrit que pour faire du buzz.
    Je suis très à l'écoute des besoins de mes enfants et sans doute un peu moins à cheval sur les règles que toi, mais je suis tout de même convaincu que les vrais enfants roi sont profondément malheureux.
    J'aime les héros qui font des bêtises mais seulement parce que leurs "bêtises" sont souvent la preuve de leur intelligence, de leur esprit d'initiative ou de leur forte personnalité. Ce sont forcément des qualités dans notre société qui tente de faire de nous tous de bons petits moutons. Mais on peut très bien faire preuve de ces qualités sans pour autant faire des "conneries" comme en font les exemples cités.
    Quand à faire de l'enfant roi un facteur de relance de l'économie, moi qui rêve d'une société plus éco-responsable :-\

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    1. "je n'aurais pas besoin de le lire pour pouvoir en parler."... c'est un peu embêtant quand même, non ;-) ?
      Etre d'accord avec la position éducative qui sous-tend ce post, c'est une chose; de ça vous pouvez parler en effet; mais la position de l'auteure du livre ne se résume pas à ce qui est résumé ici (le résumé ici est bien fait, puisque fait par une personne réagissant à ce qu'elle lit, compte-tenu de ce qu'elle pense déjà par ailleurs; mais ce résumé est une sélection).
      Ce billet vous permet certes de parler de votre position éducative, mais de là à vous contenter du billet livré ici pour pouvoir donner votre avis sur ce livre, c'est dommage, ça va forcément devenir caricatural...

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  5. Merci pour ce billet exhaustif et argumenté (tu as effectivement été très studieuse ;-). Tu le sais, nous partageons à peu près les mêmes opinions. Comme je l'ai écrit sur mon blog, je pense qu'il est important, nécessaire même, que les parents sachent poser des limites, des cadres, des règles selon les principes et les valeurs qu'ils estiment dignes d'être transmis et inculqués (et pas seulement ceux posés par la loi et par l'école). Je pense aussi que si la notion d'enfant roi peut s'appliquer à un nourrisson ou un jeune bébé, elle n'est pas "opérante" pour un enfant et un adolescent. Et enfin, je suis très sceptique sur ce que peut donner une fratrie d'enfants roi.

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  6. Super article. Je suis assez souple et contre le dressage mais je trouve qu'il en faut , des règles, pour la simple raison que nous sommes des animaux sociaux. C,est un peu facile de justifier cela comme un choix éducatif. En tant qu'enseignante je vois bien qu'interdire la télé (oui,interdire!) c'est leur donner un bon coup de pouce pour l'ecole car ça aide à la concentration et l'imagination.

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  7. Ton article me plaît. Merci pour tes posts intelligents et bien écrits.

    Ce qui me gène dans les propos de Loïc Lecanu (la photo de la p171), c'est son raccourci, son lien entre le climat du quinquennat Sarkozy et cette question d'éducation. Autant je serai assez d'accord avec lui sur la politique de division du psdt sortant, autant intégrer ce genre de discours à un propos sur l'enfant roi, cela me laisse assez perplexe. Y a-t-il vraiment un lien? Est-ce que les choses ne sont pas un peu plus complexes? Ne s'agit-il pas de phénomènes différents? D'après ce que tu en dis, il semble que ce livre manque un peu de finesse, dommage, parce que le sujet est vraiment passionnant!

    Par contre quand tu parles de Thomas Hollande, il me semble que c'est un peu tôt: : Thomas Hollande, je ne sais pas à quoi il ressemble, je ne connais rien de sa vie etc. ça ne me parle pas du tout. Plutôt proposer à Marlène Schiapa de parler de Mazarine Pingeot ou des enfants des autres présidents/d'autres hommes d'états?

    L*

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  8. Bravo pour ve travail de fond, Marine... je ne sais trop par où commencer pour te donner un avis, qui s'appuie humblement sur le temps que je passe avec nos 6 depuis 15 ans.
    je lis des ouvrages, je me confronte avec mon mari, avec les copines, les instits, je lis et je blogue.
    en quelques phrases je dirais que:
    - Eduquer/élever ses enfants, ce n'est pas leur offrir des frustrations, c'est leur apprendre à les gérer.
    - Poser des limites, ce n'est pas de l'autorité ou de l'autoritarisme, c'est juste leur proposer un cadre structurant (marqué par un système de valeur). A eux d'y trouver leur place ou de s'en affranchir en grandissant. Mais on ne peut pas repousser des limites s'il n'y en a pas.
    Ceci n'empeche en rien de les aider à exercer leur esprit critique, pratiquer l'art de la négociation, utiliser leur bon sens naturel du coup s'affirmer, et être libre.
    Tous ces clichés gauche-droite, riches-pauvres etc sont pathétiquement affligeants et à chacun je pourrais trouver un contre-exemple. C'est en s'en faisant le relais dans un livre qu'on leur donne un peu de valeur. En l'écrivant, elle s'en fait le porte-parole alors qu'elle souhaiterait le décrier.
    Une fois dit tout cela, je n'ai lu le livre qu'à travers ta critique, et aurais surement envie d'entendre ce qui l'a poussée à écrire ce livre.
    A quand le retour de Pivot?

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  9. Intéressant billet, qui me donne envie de lire le livre pour me faire ma propre opinion. D'après ce que tu en dis, je tendrais à être d'accord avec Marlène, sur certains points au moins.

    C'est évidemment facile à dire pour moi dans la mesure où ma propre fille est encore très petite, mais j'ai l'impression de voir beaucoup de parents autour de moi très stressés, agressifs envers leurs enfants, autoritaires sur des sujets qui n'en valent pas la peine. Par exemple, j'ai assisté récemment à une scène dans un parc où une petite fille (3 ans environ) ne voulait pas remonter dans sa poussette pour rentrer, et sa mère de s'acharner à la mettre dans la poussette en hurlant... Personnellement, je pense que j'aurais plutôt dit "ok, tu veux pas monter dans la poussette, ben dans ce cas vas-y, marche". Et si elle se fatigue en marchant, elle remontera toute seule dans la poussette... Il me semble que, sans s'abstenir de donner des cadres aux enfants, on peut aussi choisir ses combats. Je suis sûre que concrètement c'est ce que tu fais aussi :)

    Sur "l'enfant caché", oh oui, j'ai été victime de ça plusieurs fois ces dernières semaines. La "messe des enfants" à l'église où tu te fais virer sous prétexte de bébé qui pleure, les collègues scandalisés que je puisse prendre le train en 1ere avec mon bébé (qui n'est pas spécialement hurleur, et dérange moins que la musique ou le téléphone de certains...).
    ça m'ennuie beaucoup parce que je ne veux pas élever ma fille dans le monde des enfants, avec que des enfants et des nounous autour d'elle. Je veux l'emmener dans le vaste monde, lui ouvrir l'esprit, lui montrer des choses.
    Au passage, je me rends compte que beaucoup de jeunes enfants autour de moi passent la quasi-totalité de leur temps avec des femmes : leur mère, leur nounou, leur maîtresse. Dans mon boulot par exemple, pas mal de mères sont à temps partiel, ou s'arrangent pour partir un peu plus tôt. Mais pas les pères, qui finissent par ne voir leurs enfants que le week-end. Ben oui, quand ils rentrent à 20h30 les enfants dorment.

    Après, tout ça dépend beaucoup du style personnel des parents, et de leurs contraintes. Moi, l'autorité pour l'autorité, les démonstrations de force, y compris au boulot, ça me fatigue, je ne me vois pas le faire avec mon enfant. Mais in fine, avec les enfants, chacun fait comme il peut...

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  10. Dans tous les extraits que tu as scanné du bouquin que tu commentes avec justesse, je constate une absence totale de démarche scientifique, c'est-à-dire étayée sur des faits avéré, des sources fiables mais bien plutôt une navrante compilation d'affirmations subjectives tendant à justifier le parti éducatif de l'auteur. Autant dire qu'à mes yeux, ce genre de "littérature" ne vaut pas grand chose, navigant dans une sorte de "politiquement incorrect" mais sans argumentation solide, dont l'éditeur a fait ses choux gras. Quant au message véhiculé -sans portée car sans fondement objectif- je ne saurais y souscrire. Je n'ai jamais pu saquer les enfants-rois ni leurs mollassons de géniteurs. De là à être taxée de réac ou de facto, peu me chaut. Mais évidemment, cela demande des efforts constants que de cadrer des enfants, alors qu'il est tellement plus facile et moins fatigant de les laisser faire tout et n'importe quoi, au nom de leur soit-disant épanouissement. La vie en société exige l'apprentissage de devoirs : j'imagine que l'auteur pense que l'école suffit à s'en occuper... A tous les parents qui se culpabilisent dès qu'il s'agit de contrer leur progéniture, je dis qu'ils feraient mieux de se sentir coupables à la perspective de laisser croître de futurs égocentriques, jamais satisfaits de rien, toujours à la recherche de limites...

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  11. Beaucoup d'"enfant-roi" sont en fait en manque affectif évident car les parents compenssent le manque le temps et d'attention qu'ils peuvent ou veulent leur accorder en leur offrant des jouets, des vêtements de marque, des téléphones, des consoles de jeux ect...et en étant ultra laxistes. Personnellement je pense que les enfants ont surtout besoin d'attention, de repères de modèles fiables et de règles. Cela n'en fait pas des enfants roi mais des enfants qui se sentent aimés et protégés sans être étouffés. Ceci dit le livre doit être intéressant c'est un point de vue après tout .

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  12. Eh bien... Quand j'ai commencé à lire, je ne pensais pas que tu aurais autant à dire. Mais c'était sans compter ta lecture attentive et avec crayon !
    Je connais (un peu) Maman Travaille et le sujet de son blog m'intéresse (pour la suite, telle que je l'envisage). Je ne connais pas tant que ça ses idées et n'ai pas d'expérience sur la difficulté d'éduquer un enfant ainsi que sur les soi-disant méthodes.

    # finalement je me suis laissée inspirée par les mots et j'ai divagué sur ce sujet du cadre et des limites, que je trouve super intéressant - car même sans enfant, dans le cadre pro on est confronté aux mêmes questions... C'est sûrement un peu fouilli et ça ne veut rien prouver, c'est juste des réflexions... #

    Mais à la lecture des tes commentaires et des commentaires, je rappellerai juste les mots de Titcheur "bon sens". Je sais que c'est subjectif mais ça sous-entend qu'on est libre et adaptable.
    On peut refuser des Kinder à la caisse (ton exemple) ET laisser marcher son enfant à côté de la poussette (Marie).

    Y'a aussi une histoire de contexte...
    Si dans le magasin on doit rentrer pour aller voir qn à l'hôpital, peut-être que ce jour là on achètera le Kinder. Peut-être que si on est vraiment fatiguée, on aura pas la capacité à prendre du recul et à accepter que l'enfant marche et qu'on foncera dans le mur des cris pour gagner la bataille...
    D'où la difficulté de "juger" les autres sans connaître le contexte...

    Dire oui ou non, tout en essayant d'être le plus "juste" possible. Car d'une fois sur l'autre, un enfant par rapport à l'autre, un samedi vis à vis de l'autre... j'imagine qu'il est "mieux" d'être cohérent. La semaine dernière ton frère a eu un Kinder mais toi cette semaine non.
    Est-ce que la communication ne comblerait pas le "manque" créé par cette phrase "brute"? Histoire de ne pas croire que le frère est mieux aimé ? D'expliquer qu'à contexte exceptionnel, mesure exceptionnelle. Mais ça peut pousser l'enfant à insister... au cas où... vu que la barrière a déjà bougé une fois...

    "Ben le mieux c'est de ne pas craquer..." Si simple à dire. Sauf que dans les faits, j'imagine qu'on craque. Ben dans ce cas accepter ses erreurs, en parler et repartir du bon pied en remettant les barrières, les limites à leur place...
    Oui mais ça ébranle la stature des parents (de l'autorité)... Peut-être mais ça explique au moins... seulement à partir d'un certain âge ?

    ...

    Bref, je trouve toutes ces questions (sans réponse parfaite, je le sais) passionnantes...

    Quant au bouquin, même si à travers toi je me dis que naturellement je n'adhèrerai pas à tous les principes vantés dans le bouquin, si j'ai l'occasion, je m'en ferai ma propre opinion !

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    1. Je partage votre approche: bon sens, contexte, et poursuite des questionnements! merci pour votre commentaire!

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  13. Marine,
    merci pour ce billet, je ne peux que l'approuver. Spécialement ce passage qui forme - hélas - mon quotidien : "qu'on lui apporte les limites de base /.../. Mais où sont les valeurs? /.../ Les règles de vie en société, avec les autres ?"
    Je n'ai pas d'enfant mais vis dans une résidence de 7 villas. Parmi elles, celle du propriétaire, un Turc-Allemand mariée à une Philippine. Ils ont un garçon de 3-4 ans et une nounou, une très jeune fille (Filipina aussi), pour s'en occuper. Ce petit est élevé à la philippine : sans guère de règles ni de cadre, avec des adultes se pliant à tous ses caprices.
    C'est l'enfer !
    Le gamin hurle à longueur de journée. Dès qu'il est contrarié, dès que les adultes n'accèdent pas à ses désirs, dès qu'ils veulent lui imposer de ne pas courir partout, de ne plus jouer avec les robinets du jardin, de rentrer à la maison.
    Les deux mots qu'il connaît et aboie sur tout le monde sont : "Dili !" (non) et "ayao !" (ne fais pas ça, arrête !).
    Il est capable de crier, de pleurer, de se rouler par terre une heure entière.
    Il n'écoute rien hormis ses désirs et ses caprices.
    Il fait tourner les adultes en bourrique, transforme la vie paisible du compound en un champ de bataille, un enfer sonore les mauvais jours. Je l'ai baptisé "le monstre du jardin" et son propre père, "le terroriste"... Mais prend-il en charge l'éducation de son gosse pour autant ? Non !

    En 6 mois, les nannies ont défilé. Toutes Philippines, toutes très jeunes et toutes aussi impuissantes à calmer, cadrer, éduquer cet enfant. Sûr que sans avoir l'appui des parents, c'est mission impossible...
    Il faut dire qu'ici, l'éducation des tout-petits se déroule ainsi : on leur permet de faire ce qu'ils veulent (en espérant qu'ils grandissent harmonieusement, peut-être ?).
    Mais quid du futur de l'enfant ? Rien. De toute façon, aux Philippines, on ne se projette pas. Le futur est inexistant, seul le présent importe.
    Et où est le respect pour les adultes ? Nulle part.

    Poussée à bout, une nounou s'enfermait dans la maison... en laissant le gamin dehors. Gamin qui braillait à s'en déchirer les poumons, saisissait un balai et frappait sur la baie vitrée alors qu'il tenait à peine debout ! Il n'avait heureusement pas assez force pour la briser, mais dans le cas contraire ?

    Bref, pour conclure ce long commentaire : pauvre enfant, ses parents ne travaillent pas pour son bonheur.
    Pauvres parents, ils ne savent pas à quoi ils s'exposent quand leur petit grandira et atteindra l'adolescence.
    Pauvres voisins, obligés de le subir au quotidien...

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    1. "Ce petit est élevé à la philippine : sans guère de règles ni de cadre, avec des adultes se pliant à tous ses caprices."
      Ben dis donc, ça doit être l'enfer dans tout le pays, alors?!
      Ou alors cet enfant en particulier a peut-être d'autres soucis, qu'aggrave le comportement des adultes référents qui l'entourent...?

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  14. Vous avez tout dit!
    J'ai eu peur, un instant, que la culture de l'une n'emporte le "bon" sens (autoritariste? autoritaire? ah, c'est pas pareil???) du groupe.
    Non, finalement. Je ne me procurerai pas cet éloge que je renommerais plus volontiers "de la toute-puissance".

    Un garagiste qui s'ignorait, jusqu'à la bonne parole.

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  15. Bonjour,
    Réaction un peu tardive, mais je viens de découvrir le livre, et d'en chercher des avis.
    Je me permets un petit commentaire.
    Je n'ai pas non plus lu ce livre (à part les passages montrés ici), mais j'ai lu des interviews de l'auteur qui résume elle-même ses propos.
    Je ne suis pas certaine d'adhérer à tout ce qu'elle dit, du fait notamment d'un ton un peu trop tranché en effet.
    Par contre je rejoins Marie qui à mon sens donne le message qui est aussi, in fine, celui de l'auteur: le fait de critiquer l'excès d'autoritarisme (parce que l'autorité, en fait, c'est autre chose, et c'est une bonne chose... si l'on se réfère à son étymologie et à son sens profond, l'autorité se distingue en effet de l'autoritarisme qui est une dérive arbitraire et abusive d'une position d'autorité -pardon pour la digression) le fait de critiquer l'autoritarisme excessif dont font preuve certains (parents, psys, magazines, peu importe) NE VEUT PAS DIRE que l'on prône le laxisme. Essayer que les choses se passent au mieux pour tout le monde, ça ne veut pas dire faire fi des règles; pour moi ça veut dire s'adapter, lorsqu'on le peut, sans que cette adaptation ne signifie que l'on lâche tout. L'exemple de la poussette choisi par Marie me semble significatif de cela: faut-il imposer et tenir coute que coute parce qu'on a décidé que c'était en poussette qu'on rentrait, alors que parfois, sans qu'aucune règle ne soit remise en question (on s'en va, c'est ce qui est décidé), on peut l'aménager pour contourner une situation de crise... inutile. Je crois que c'est avant tout de cela dont il est question dans ce livre. Après bien sûr que si la maman du parc doit se dépêcher, elle n'a pas le temps de prendre le temps, et cela arrive (y compris à l'auteure du livre elle même, j'en suis sûre!). Mais si elle n'est pas pressée pour de vrai, pourquoi ne pas assouplir dans la forme sans toucher à sa décision de fond (on y va)...?
    Pour ma part je trouve son ton excessif, mais je reconnais ici une chose que semble dire l'auteure: dès que l'on dit le mot "souplesse", certain-e-s entendent "laxisme", et la discussion s'envenime (c'est une anecdote, mais j'en ai fait l'expérience récemment, en toute innocence dans une discussion avec des proches; je n'avais pas dit "souplesse dans un cadre" ou qqch comme cela, que la discussion est devenue bien vive pour finir par "c'est eux ou nous" (donc il ne faut rien lâcher, en qqs sortes). Ah... Pour moi, souplesse et laxisme sont deux choses bien différentes. Mon enfant est certes tout petit encore, et j'ai bien le temps d'apprendre de ma naïveté (c'est pourquoi je respecte les positions qui ne sont pas a priori les miennes... je ne sais pas de quoi notre demain sera fait).
    Je terminerai en copiant ici un extrait d'interview de l'auteur:
    " * Question: Dans votre livre "Eloge de l'enfant roi" vous faites justement l'apologie d'une éducation plus à l'écoute de l'enfant. (...) Est-ce à dire que vous n'imposez aucun "cadre" à vos enfants ?
    * Réponse de l'auteur: Bien évidemment mes enfants ont un cadre, comme tous les enfants. Je suis très surprise qu'on puisse imaginer des parents qui laissent leurs enfants regarder Les Experts jusqu'à minuit en mangeant une glace ! Quand j'ai dit par exemple dans Le Nouvel Obs que ma fille aînée choisissait son heure de coucher, j'ai précisé qu'elle choisissait son heure de coucher dans une fourchette donnée, avant une heure maximale donnée - raisonnable."
    Bonne journée à tous, et que chacun-e fasse de son mieux, ça sera déjà pas mal!

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