dimanche 27 janvier 2013

Mon deuxième blog!

Mères ici, et ailleurs

Suite à mon post précédent, j'ai reçu pas mal de mails de lectrices.

J'ai réfléchi et me suis dit que ce thème de la maternité vue d'ailleurs méritait un blog à lui tout seul... c'est en tous cas une source de mille questionnements et de curiosité pour moi, et je suis certaine qu'il pourrait être alimenté, enrichi avec le temps, si mes lecteurs me suivent dans cette autre aventure!
Cela pourrait aussi me faire connaitre à un nouveau public, et créer un cercle vertueux entre mes deux blogs.
Je garderai une communication forte entre les deux blogs pour débuter, en créant des liens de l'un vers l'autre.

Je vous propose d'aller découvrir mon blog ici... c'est un peu comme un nouveau bébé pour moi, alors n'hésitez surtout pas à me faire des commentaires, et à le partager si vous trouvez l'idée bonne (plus il sera suivi, plus nombreux et intéressants seront les témoignages que je recevrai!)

J'ai aussi créé une fanpage associée sur Facebook... à laquelle vous pouvez vous abonner pour suivre les actualités du blog (en paramétrant bien "suivre les actualités")

 J'espère que l'idée vous plaira... deux témoignages très intéressants sont en ligne pour l'instant, et je vais en rajouter de nouveaux bientôt!





jeudi 24 janvier 2013

Mères ici... et ailleurs

Europe according to Americans


Ah! la France! ses femmes fatales, parfumées au Guerlain, déambulant une baguette à la main rejoindre leur amant, sur les Champs Elysées...
 Les Etats-Unis! Ses obèses incultes, biberonnés aux armes à feu, ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, puritains et fous de Dieu...
 La Grande-Bretagne! Ses angliches ultra-libéraux, excentriques et préférant les sandwiches au concombre plutôt que la vraie bonne cuisine...
Et l'Italie! Ses beaux bruns, qui vont au calcio sur leur vespa, qui vivent chez la mamma parce que ses spaghetti sont les meilleures du monde...

Argh! Marre de tous ces clichés!
La parution du livre de Pamela Druckerman, "Bébé made in France" (que j'avais bien aimé et qui, d'ailleurs, est bien moins cliché que ce qu'on pouvait craindre!), bouquin sur lequel j'avais écrit un post ici, m'a donné envie de nous sortir un peu de notre point de vue franco-français.

vendredi 11 janvier 2013

L'attachée de presse, tueuse des beaux quartiers.



"Pour ce faire, j'enfile des mitaines rigides en plastique confectionnées à cet effet par mon conseil en manucure (il travaille au Ritz). Une fois mes doigts minutieusement installés dans leur support, les mitaines, préalablement fixées au matelas de mon lit par un astucieux stratagème, se referment doucement sur mes poignets, pour les maintenir solidement fixés au dessus de ma couette en lin.
Ainsi, je peux m'endormir correctement.

samedi 5 janvier 2013

Le YOGA: ma nouvelle drogue



Depuis que je suis devenue maman, je me suis longtemps creusé la tête pour trouver un sport qui me convienne (cliquer ici pour lire mes égarements psycho-sportifs post-grossesse d'autrefois: "après bébé: quelle activité sportive?")
J'ai fait 15 ans de danse avant, à un rythme assez soutenu, et dans chaque sport que je fais, j'ai toujours besoin de retrouver ce que cette pratique m'a enseignée; cette exigence, cette discipline, ce dépassement de soi, ce plaisir physique durement mérité qu'on obtient après l'effort; l'adrénaline mais aussi la satisfaction de voir les progrès réalisés, un réel bien-être physique, presque jouissif, difficilement explicable puisqu'il est aussi lié à la souffrance, aux étirements, à la sensation très aiguë que chaque muscle de son corps travaille.


jeudi 3 janvier 2013

La vie est une bougie dans le vent (proverbe japonais)



L'année dernière, ma fille faisait sa première rentrée à l'école.

J'ai fait, en même temps, la connaissance de M., la maman d'une des copines de ma fille. Nous avons fait plusieurs sorties ensemble, accompagné quelques sorties de sa classe, nous sommes rencontrées lors d'anniversaires.
Elle était japonaise, et s'était installée définitivement en France après y avoir rencontré son mari. Elle avait mon âge. Elle était jolie, très coquette, toujours tirée à quatre épingles et très souriante.
L'été dernier, avant que je parte en vacances, on s'était quittées après avoir passé une journée à papoter dans l'herbe, en maillot de bain, pique-niquer avec les enfants, discuter du Japon, de sa famille, de l'école/centre de loisirs que sa fille fréquenterait là-bas pendant toutes les vacances d'été, de son envie de faire un deuxième enfant. Je lui ai promis que je lui enverrai les photos de mon mariage.



Le jour de la rentrée scolaire, cette année, c'est son mari que j'ai vu. Après les embrassades enjouées, de rigueur lors des retrouvailles après ces longues semaines de repos, il m'a simplement dit que sa femme était à l'hopital, qu'on lui avait diagnostiqué une tumeur pendant l'été, au Japon, qu'elle était cancéreuse et qu'on allait commencer la chimiothérapie.
Par SMS, M. m'a précisé qu'elle reviendrait amener et rechercher sa fille à l'école, comme avant, dès qu'elle pourrait ressortir, dans une dizaine de jours normalement.
Les jours ont passé et je ne l'ai plus revue à l'école. Son mari assurait, et lorsque son travail l'en empêchait (il a des déplacements réguliers), je voyais le grand-père. Puis la mère de sa femme, qui avait fait le voyage du Japon pour être auprès de sa fille et de sa petite-fille.

En novembre, j'ai croisé son mari. Il m'a dit qu'il gardait espoir, même si les médecins étaient pessimistes. M. refusait les visites, et même sa fille y allait moins souvent, pour ne pas trop la fatiguer.
Le lendemain, j'accompagnais une sortie au théatre, je gardais plus particulièrement sa fille, la mienne, et une autre copine. J'ai vu la maitresse répondre au téléphone en marchant, devant nous, puis elle s'est approchée de moi et m'a dit: "ça y est, elle est morte".

Nous avons continué à marcher, sous le choc de la nouvelle, et à surveiller toutes ces petites têtes blondes enjouées, dont la propre fille de M.
Une jolie petite métisse de 4 ans, aux cheveux noirs bouclés, coquine et turbulente, pleine de vie dans ses petites tenues kawaï rapportées de son pays du bout du monde. Nous sommes arrivés dans la cour et les enfants ont couru vers les toboggans.

Voilà. Une "longue" maladie a emporté cette maman en deux mois, et je suis bouleversée pour son mari, veuf à trente ans, et pour cette petite fille qui va devoir se débrouiller sans sa maman.

J'ai longtemps hésité avant d'écrire. Je me suis d'abord dit:
 "Je ne suis pas légitime, je n'en ai pas le droit. C'est terriblement impudique d'écrire ses difficultés à supporter cet évènement, alors que je suis loin d'être la première concernée. Nous n'étions pas des amies si proches que ça, une distance s'impose. Moi, ma vie continue, j'ai de la chance. Ce serait malsain, comme si je m'accaparais la souffrance de ces personnes pour la transformer en texte. Surtout que la mort de quelqu'un, ça nous rassure souvent sur le fait que nous, on est en vie. Je déteste la guimauve, le mielleux, les violons, le voyeur et le mélo. Écrire sur ce drame, ce serait tomber précisément là-dedans, ce serait d'abord me mettre en scène... pire, me rassurer... c'est indécent. Je dois respecter le deuil de son mari et de sa fille, je dois me taire".
C'est aussi pour ça que je n'ai pas beaucoup écrit sur mon blog ces derniers temps. Il me semblait que je n'avais rien à dire d’intéressant.

J'ai plusieurs fois croisé son mari ensuite. J'ai pris de ses nouvelles, je lui ai demandé à chaque fois comment il allait. Je lui ai proposé mon aide, notamment pour la logistique avec sa fille. J'ai essayé de ne pas l'éviter, j'ai eu parfois honte d'aller bien, et d'être là, devant lui, entourée de mes enfants. Il était encore plus souriant qu'avant, comme s'il avait besoin de plus de vie, plus de contacts avec les enfants. Plusieurs fois, je me suis arrêtée quelques secondes pour observer sa fille, de loin, jouer et rire avec ses copains dans la cour.
 Le jour de l'enterrement, il a dit à sa fille, qui lui demandait pourquoi il pleurait: "tu sais, papa ne va pas très bien, il est triste que maman soit partie". Elle lui a simplement répondu: "mais papa, ne t'inquiète pas, je suis là, moi!".

Aujourd'hui j'ai eu envie d'écrire.
Parce que cela fait un mois et demi que c'est arrivé, et que j'y pense très souvent. Que l'annonce du décès de cette amie m'a choquée, m'a rendue triste, m'a révoltée et me révolte encore. Je regarde souvent mes enfants et Jean-Chou en y pensant.
C'est trop tôt, c'est injuste, c'est banal, c'est absurde, c'est la vie et ce n'est pas normal.
 Il n'y a rien à faire, rien à dire, mais j'ai pourtant besoin de le formuler. J'ai besoin d'écrire, de raconter l'histoire pourtant très simple qui nous liait elle et moi, de dire comment on s'était rencontrées, et les petites choses qu'on a partagées. Pour qu'elle ne soit pas simplement "passée" dans ma vie. Parce que je veux qu'il en reste une trace.


Je vous souhaite à tous une très, très bonne année 2013. Suivie d'une ribambelle d'années encore plus belles les unes que les autres.