vendredi 20 janvier 2017

Quatre ou pas cap? Questionnements sur le désir d'enfant et monologues intérieurs.




Je crois que là, c’est bel et bien fini, on est arrivé au bout.

On a enfin trouvé notre équilibre avec nos trois enfants. La petite dernière a mis tellement de temps à faire ses nuits... Et tous mes efforts pour retrouver ma ligne? mon corps enfin remusclé, mes maillots deux-pièces, et mes jeans fétiches, que j'ai rachetés en plusieurs quantités? 

La grossesse... quelle épreuve, quand-même, la grossesse! Sans parler de l'accouchement... le dernier a été difficile, douloureux, risqué... l’hémorragie de la délivrance, tu te souviens? Où quand ton gynéco se transforme en vétérinaire de campagne… Du sang partout, une vraie boucherie. Jusqu’aux coudes, il en avait.




Suis-je maso? ai-je tout oublié?  Je me sens à nouveau tellement bien dans ma peau, dans mon corps... pourquoi rempiler, me priver d'apéros, grossir, déborder de partout, m'enlaidir encore? Et mes envies personnelles? Ma personnalité créatrice et indépendante, ne serait-elle pas encombrée par un nouveau-né? Et si c'était des jumeaux? (il faut être un peu joueur, quand-même... )
Une fratrie c'est super, mais peut-on "ralentir" notre rythme à tous, en imposant aux plus grands un bébé à la maison? On a tout juste trois chambres d'enfants... c'est déjà une chance... mais matériellement, y arrivera-t-on?


Et puis les remarques des gens... leur nombre et leur répétition m'avaient surprise, pendant ma troisième grossesse. Et comment vous allez faire? et c'était voulu? et faut les élever!, et quand-est-ce que vous allez vous arrêter? Certaines mauvaises fées, perfides, m'avaient prédit fatigue, difficultés de couple, troubles chez mes aînés, désolation et fin du monde. Elles me connaissaient à peine mais croyaient être légitimes pour me gratifier de leurs prévisions catastrophistes (bon... qui se sont toutes, finalement, avérées à côté de la plaque).

On peut dire stop à nos voyages, bonjour les prix des billets d'avion. Quand je pense au nombre de lessives, et aux courses pour remplir le frigo...  Et s'il arrivait quelque chose au fœtus? Et si on gâchait tout, en ayant un enfant différent, malade, handicapé? Et s'il me quittait? 

A 35 ans... aurai-je encore la force, l'énergie de m'occuper d'un tout petit? Ne suis-je pas trop vieille? Comment je ferai, pour gérer les devoirs le soir, pour me partager entre tous? et la crise? et la guerre? Et les attentats, l'horreur potentielle à chaque coin de rue? 
Et on peut mettre un enfant sur le siège passager avant, dans la voiture? Avec trois enfants, on n'a pas "besoin", d'un enfant de plus... 

Et pourquoi il a mille fois moins de doutes que moi, lui?  C'est quoi, alors, ces questionnements? Une envie d'enfant? Un désir? Une lubie? Un caprice? Ça fait presque huit ans qu'on achète des couches. Et si c'était encore une fille? Ce ne serait pas très symétrique... Et payer leurs études...et je ne suis pas tellement aidée, au quotidien...Il faut bien savoir s'arrêter, au bout d'un moment, passer à autre chose. 

Oui. Passons à autre chose.

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Comment on sait qu’on est prêt pour un autre enfant ? Je ne sais pas si au bout du quatrième, ou du cinquième ("tu verras, après trois, on peut en faire quatre ou cinq ou plus, c’est assez semblable..." c'est ce que disent les parents de fratries nombreuses) on peut vraiment parler de désir. Je n’ai pas « besoin » d’un enfant supplémentaire, ce n’est pas tellement une question de volonté, ou de maîtrise…

A chaque fois qu'un enfant est arrivé pour agrandir la famille, on s'est adaptés. On ne soupçonne pas la capacité d'adaptation des parents. On a toujours réussi à continuer à partir en vacances, on a simplement revu nos priorités, fait des choix. Les impots vont encore baisser! Et puis on est prévoyants... on met de côté pour chaque enfant, et depuis leur naissance, en vue de leurs études. 

Chaque enfant a sa place dans cette famille... en regardant nos trois, on se dit qu'on a eu tellement raison de les faire! On s'améliore en tant que parents. On est plus sereins, plus sûrs de nous. Notre couple est heureux dans la fécondité. Lui, comme moi, trouvons qu'élever des enfants est la plus belle chose qui soit. On n'a jamais eu la sensation qu'avoir des enfants était un poids, un fardeau, quelque chose qui nous empêchait de vivre, un truc ras-les-pâquerettes ou aliénant. Cela force à changer, c'est certain... mais vivre? On vit tellement intensément, grâce à eux.
Et puis faire l'amour, pas juste pour le plaisir (ce qui est déjà une activité assez miraculeuse et grandiose en soi), mais avec ce petit supplément d'âme, cette vie qui déborde de tous les côtés, explose, qui nous rappelle sa présence et sa force, ce sont des périodes magiques, dans un couple. Qui renforcent.
Et puis, les gens autour de nous tombent malade, vieillissent, meurent. On a l'impression de vivre nos plus belles années... que c'est maintenant qu'il faut y aller. 

Et puis juste pour le plaisir de retrouver mon gynéco adoré, celui qui s'est occupé de mes deux derniers accouchements, en déboulant, à chaque fois, en pleine nuit 15 minutes après l'appel de l'hôpital, celui qui a su me redonner du courage avec une simple caresse dans les cheveux, dont la douceur a tranché avec la dureté des mots et du ton qu'employaient les sages-femmes avec moi, au moment où je pensais que la douleur allait l'emporter sur ma santé mentale... Cet homme discret et taiseux mais à l'affection presque paternelle, dont le regard tendre, encourageant et rassurant, qu'il a porté sur moi l'espace de quelques secondes, pile au moment où un regard humain sur moi était essentiel, reste encore très précis dans ma mémoire.

Je suis bien plus en forme et énergique avec trois enfants que lorsque je n'en avais qu'un. Moins débordée. Mieux organisée? plus cool, surtout. 
Peut-on refuser à un éventuel bébé la chance de découvrir les joies sur terre? Celle de découvrir les Pink Floyd, de voir un ballet, de respirer l'air de la montagne, de gouter au chocolat? De rencontrer nos trois premiers enfants, de faire partie d'une fratrie qu'on trouve top, à l'énergie débordante et à l'humour déjà bien développé?

Nos enfants sont heureux, équilibrés et bons élèves. Bien sûr qu'il y a des moments survoltés, pendant lesquels je ne sais plus où donner de la tête, mais les deux grands m'aident, sont de plus en plus raisonnables, travaillent en autonomie, je n'ai pas tellement besoin de leur mener la vie dure pour les devoirs. Et ils s'occupent des heures ensemble, dans leur monde merveilleux d'enfants, sans avoir besoin de notre présence à chaque minute.

Notre fratrie est soudée, ils s'entendent bien, sont complices... et nous réclament souvent un petit dernier! les interactions entre eux trois sont fascinantes à observer. Et leurs disputes nous enseignent des choses positives et nous font progresser. Certes la fratrie c'est un peu de frustration... mais c'est une école d'empathie hors du commun. C'est apprendre qu'on n'est pas le roi du monde. Apprendre la vie et ses limites... tout en sachant qu'on peut compter sur les autres à la moindre difficulté. 
Avoir des frères et sœurs, c'est pouvoir partager ses souvenirs...

On ne partira peut-être pas aux Seychelles chaque année... mais l'Europe, c'est bien, aussi! On ne peut pas TOUT apporter à un enfant... choisir, c'est renoncer. C'est lâcher-prise, aussi. Alors oui, on aimerait aller en Thaïlande et aux Etats-Unis tous ensemble. Pas cette année... mais on le fera!
Deux enfants dans une chambre, c'est un modèle qui existe, sur terre...

Nous pensons être de suffisamment bons parents. Il est fiable, droit, stable, solide... je trouve que c'est un père génial. On s'aime mieux, et plus... et on s'aime assez pour avoir encore de l'amour à se donner, et à donner. 
Après l'arrivée de notre troisième, on a continué à sortir, se faire des restos un midi, prendre une baby-sitter pour le soir, ou même quelques heures en pleine journée, pour aller faire du sport tous les deux, aller à une séance de yoga, se balader, faire une petite activité toute bête mais essentielle pour se retrouver. On l'a peut-être même fait un peu plus, conscients de l'importance de ces moments à deux pour se retrouver. Toujours se privilégier, prévoir avec le plus grand sérieux des RDV d'amoureux, au milieu de la fatigue et des biberons la nuit, pour prendre du recul et se régénérer, être plus disponibles ensuite pour nos enfants.

Certes, on ne laisse pas nos trois enfants si facilement pour partir en week-end, on est conscients de la fatigue que c'est pour les autres, de s'occuper de trois enfants qui ne sont pas les siens, mais quand on arrive à trouver des grands-parents dispo, on en profite à fond, ça a une saveur démultipliée. Et puis au fond, on n'a aucune envie de les laisser plus longtemps, on ne conçoit pas de partir une semaine au bout du monde sans eux. 

Ca fait un moment qu'il me dit qu'il est prêt... Et puis je me souviens de lui m'avoir dit, déjà nostalgique, en changeant son troisième nouveau-né:"je ne peux pas me faire à l'idée de ne pas avoir encore un bébé".
Et puis il a cette courtoisie, alors que, vers la fin, je mesure la perte qu'une grossesse crée en moi, je suis comme en deuil de mon apparence physique d'avant, je n'aime plus me croiser dans un miroir, persuadée qu'après l'accouchement, je resterai difforme à jamais... de toujours me trouver belle pendant mes grossesses, et de ne jamais me faire une seule remarque sur mon apparence physique les mois suivants. Il me laisse me reprendre en main sans pression, avec un regard bienveillant qui me donne confiance en moi. Avec l'expérience, j'ai enfin compris que, malgré mes craintes, mon corps, je ne sais par quel miracle, réussit toujours à s'en remettre. Avec un peu d'optimisme, il n'y a pas de raison pour que cela ne fonctionne pas une quatrième fois.

Et puis on commence à se connaître: on fait tout pour atteindre une zone de confort... mais au fond, une fois bien installés, qu'est-ce qu'on veut? On veut que ça bouge! on veut un projet supplémentaire! On est prêt à bousculer nos habitudes, on adore ça, même!

Et puis ce corps, que j'ai, il me passionne: j'aime le faire fonctionner, l'utiliser dans ses multiples compétences. J'ai la chance d'avoir un corps de femme, qui fonctionne... un corps capable de faire des miracles: donner la vie. J'ai envie de l'utiliser encore une fois, dans cette courte fenêtre de fertilité que m'offre la vie. Avant qu'il ne soit trop tard. Ne pas le gâcher. Ma féminité doit s'exprimer par ces différentes fonctionnalités. 
Peu m'importent la tranquillité, l'ambition, la carrière, les voyages au bout du monde entre copines, ou l'argent à millions. 
Nos choix de vie, de famille, sont déjà faits et assumés. Le temps pour eux et l'organisation autour de notre famille, on les a déjà réfléchis et mis en oeuvre. 

Je pourrai me refaire un petit plaisir shopping chez Isabella Oliver... et coudre tout plein de jolis tops et robes de grossesse. 

J'aime élever mes enfants, j'aime être là pour eux, j'aime ma vie quotidienne de mère. Je suis en accord avec moi, à la place qui me correspond. Je n'avais jamais rêvé spécialement de ça avant... adolescente, si on m'avait dit le nombre d'enfants que j'aurais, je serais restée dubitative. Mais être mère me passionne. Et puis ça m'inspire tellement, à chaque fois.

L'avis des autres? j'ai un peu cheminé, depuis mon premier enfant... je suis plus forte, forcément. Cela fait un petit moment maintenant, que j'ai compris que je n'avais pas à porter sur mes épaules la conception du monde des autres. Ils ne sont pas obligés d'avoir envie de ma vie. Je n'ai pas de colère à avoir. Les gens ont bien le droit de penser ce qu'ils veulent... ce serait un peu égocentrique de s'agripper à l'idée qu'ils devraient s'adapter à MON petit choix. Je ne ne vais pas me gâcher l'existence en m'arrêtant à leurs moindres paroles. Moi aussi il doit certainement m'arriver de dire des choses plus ou moins maladroites, notamment à des femmes enceintes, sans forcément m'en rendre compte. 

L'avis des autres, je l'entends, sans qu'il m'affecte plus que ça. Et puis j'ai compris, maintenant, que les commentaires acerbes doivent ricocher sur moi, sans bruit, sans laisser de traces, car ce sont souvent des reproches que les gens se font à eux-mêmes. 
Il y des gens que notre modèle familial suffit à effrayer, alors qu'on les connait à peine, qu'on ne leur demande ni temps, ni argent. Il y a des gens qui ont des regrets, d'autres qui ont peur. Ce sont leurs regrets, leurs peurs, pas les nôtres. 
Et puis, pour être honnête... quand on se balade tous les cinq, quand les gens connaissent réellement notre façon de vivre, on reçoit tellement plus de compliments et de regards tendres, que de réprimandes et autres jugements à l'emporte-pièce.

Et puis dans ma famille, notre entourage, les fratries de trois, quatre, sont vues comme normales, comme quelque chose de positif. Je n'ai pas de problème d"autorisation inconsciente" à obtenir, de "devoir de loyauté" à honorer envers qui que ce soit (au hasard, ma maman?). Pas de prise de chou Freudo-Lacannienne mère-fille par ici. Je peux donc m'accorder cette liberté.

Me remettre en forme à nouveau, après l'accouchement... ne pas lâcher le yoga pendant la grossesse, continuer à marcher au moins cinq kilomètres par jour, me refaire un petit programme de sportive pour rester le plus en forme possible, ne pas faire d'excès pour essayer de ne pas trop souffrir du poids supplémentaire pour mon dos, en voilà un nouveau défi de taille, pour mon corps! C'est mon côté exigeant... ce défi ne me fait pas peur, il a même tendance à m'exciter! (sérieusement, si je veux tenir au maximum pour m'occuper des trois, je ne vais pas avoir le choix...)

J'ai lu qu'on pouvait mettre un enfant devant, en voiture, à certaines conditions... que nous remplissons.
On a six chaises autour de notre table à manger.

Le risque? La maladie? Le handicap? La vie EST un risque. Le seul risque, c'est de la vivre à moitié... Une fille? Un garçon? c'est le cadet de nos soucis... on a juste de la place pour un nouveau petit être humain, un petit bonus... sans attentes particulières, sans projections, sans plans prédéfinis, sans vouloir tout contrôler; quelqu'un qu'on est simplement prêts à aimer de tout notre cœur.

Oui, les attentats, la guerre, la violence. Mais le cynisme n'est pas notre philosophie. On a confiance en l'avenir (sinon, pourquoi aurions-nous déjà fait trois enfants? Et quand bien même, pour mettre au monde un premier enfant, il faut avoir tout autant d'optimisme, non?). J'ai envie de me positionner au dessus de mes peurs. De les regarder, de leur dire "c'est bon, je vous connais, j'ai compris que vous êtes là, maintenant, si vous voulez bien vous mettre un peu sur le côté, et me laisser avancer?". De me mettre, une nouvelle fois, du côté de la vie. Comme un pied de nez au monde des ténèbres. 
Et finalement, oui, les attentats, la guerre, la violence... ces menaces qui planent sont comme des vanités. Un crâne, un sablier, une rose fanée... qui dans une tendre cruauté nous accompagnent chaque jour, pour nous rappeler de croquer la vie, ici, maintenant.

Et puis trois, ça nous parait trop peu. Et puis, on a une voiture sept places...
Et puis, faire le petit dernier à 35 ans, ça signifie que, à quarante ans, je me baladerai au bord de la mer, peinarde, au soleil, pas encore trop âgée, avec un petit dernier quasiment autonome. Et je savourerai mon apéro, après une petite séance de sport, en pouvant être fière du chemin accompli. Pas mal comme projection...

Et puis merde. Il n'y a rien à "expliquer". Ce qui est intéressant, dans la vie, ce n'est pas de tout baliser, de tout intellectualiser... de dresser de jolis tableaux Excel, avec les avantages d'un côté, les inconvénients de l'autre, de faire une moyenne, de se triturer le cerveau et de décider de manière rationnelle...de finir tout raide et rigide comme cet absurde tableau à double entrée qu'on peut passer sa vie entière à peaufiner. 
Il n'y a rien de rationnel dans cette histoire.

J'avais entendu plusieurs fois:"Mais pourquoi vous faites un troisième enfant, vous avez un garçon, une fille... deux, ça suffit, non?". C'est une des questions les plus absurdes que j'aie entendues. Aucune réponse valable n'y serait donc adaptée. Qui plus est quand on connait notre fratrie. Que la troisième est là, a pris toute sa place, tant et si bien que la vie nous paraitrait terriblement vide sans elle. 
La question "Pourquoi" n'a pas sa place, puisqu'aucun "parce que" ne lui sied.

Ce qui est passionnant, ce n'est pas la logistique ou le matériel (même s'il en faut un minimum, évidemment)... c'est tout le reste: ce qui ne s'explique pas. Alors que tous les arguments sont là pour dire "c'est objectivement compliqué, d'avoir un enfant de plus...", ce qui est intéressant, justement, c'est ce désir d'enfant qui pointe son nez, cette pulsion de vie qui est la plus forte, qui se faufile entre toutes ces pseudo-contraintes. Comme un appel.
Plus forte que le rationnel, le tout-prévu, l'avis des voisins, la statistique, le conventionnel. Un truc qui n'est pas spécialement promu dans la société actuelle, qui ne rapporte rien, qui n'a pas de valeur marchande, pire, qui coûte de l'argent. Et qui pourtant nous enrichit.

Ne pas vouloir tout maîtriser, comprendre, dominer. Vivre sa vie, au lieu de la penser... Accepter ce qui est en train de s'exprimer, dans l'histoire de notre couple et de notre famille. Préférer laisser la place à la vie, à la souplesse et l'adaptation, plutôt que la rigidité quasi mortelle.

Et puis, on doit chacun trouver son aventure, sur cette terre. Gravir des sommets, sauver des vies, parcourir le monde caméra au poing, naviguer, se retirer pour prier, s'éclater dans la finance, bosser dans la mode, interviewer des stars, enseigner la lecture et le calcul à des enfants, cultiver un champ, ne pas faire d'enfants, et même vivre plusieurs aventures en même temps.
Si celle-ci était tout simplement la notre?
Les deux années précédentes, Jean-Chou les a consacrées notamment à la préparation des ses ultra-trails. Ce projet, ça pourrait être un peu comme mon ultra-trail à moi... et il s'y remettra l'année suivante.

Les enfants ont 8 ans, 6 ans, 3 ans... déjà. Rempiler pour les couches, les berceuses, les petits bodies de naissance... c'est aussi une manière d'arrêter un peu le temps, du moins, de ralentir sa course. De voir ses ainés grandir avec sérénité, de leur donner le droit d'aller de l'avant, de les pousser vers l'avenir, sans s'accrocher, comme à notre unique bouée, à notre première et seule enfant, qu'on n'aurait pas envie de laisser partir du nid trop vite, sans se dire "je n'en ai pas assez profité". 
De replonger son nez dans le petit cou d'un nouveau-né, de se faire happer à nouveau par son odeur de brioche qui sort du four, de petit gâteau méditerranéen à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger, mêlée à l'odeur de la crème solaire et à nos peaux salées. De baigner encore un peu plus longtemps dans le monde de l'enfance.


Laisser parler le corps, le laisser faire, déverrouiller le cerveau, entendre le message d'amour et la confiance qu'on se porte l'un à l'autre, ne pas vouloir regretter quoi que ce soit...  Et décider de le faire, ce petit quatrième!


(C'est pour début août).





Bon, en revanche c'en sera fini, de notre photo rituelle devant le pub des Trois Diables... il va falloir trouver un pub Les Dalton ;-)


(pour la suite de ce billet, c'est par là)

16 commentaires:

  1. Félicitations :) j'ai tout lu :) ayant 3 enfants, et avant la naissance de num3, j'avais pensé en avoir 4. (Peut-être)
    Mais finalement, je nous sens très bien dans cette configuration, je "sens" que c'est ce qui nous convient. J'ai hâte de suivre les nouvelles aventures !
    Laetigermany

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  2. Felicitations!
    Je suis très heureuse pour vous.
    Mila

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  3. Quel joli texte ! Félicitations à vous !

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  4. Felicitation !! Nous on s'arrete à 3 on est comblé :-) je suis trés heureuse pour toi je te suis regulierement et je savais qu'un jour tu nous annoncerais cette bonne nouvelle!

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  5. Félicitations....en effet à partir de 2 de toute façon ce sont de très jolis chiffres pour une fratrie!

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  6. Félicitations Marine !!! Un magnifique texte très émouvant !

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  7. Que de jolis mots... Je ne commente (presque) jamais, mais des félicitations sont de mise !! Bravo pour cette nouvelle aventure !!

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  8. Félicitations Marine! Je me suis bien reconnue dans ces réflexions... mais le problème pour moi c'est que la machine à penser se met en route la nuit! Pas d'insomnie pour toi? Je suis sincèrement ravie de voir que ce sont l'amour et le désir de vie qui ont eu gain de cause.

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  9. Félicitations !
    Un petit quatrième, c'est top !
    C'est chouette aussi d'avoir eu le même souhait en couple. Je me souviens de longues discussions sur cap ou pas cap. On a envie de se rassurer et en même temps de prendre le risque parce qu'il n'y a rien de plus beau que de pouvoir donner la vie à une nouvelle personne, unique.

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  10. C'est vrai qu'il n'y a rien à expliquer dans le fond.
    Ca me rappelle, quand j'étais petite, que j'allais dans la famille de ma marraine, qui avait 5 enfants. J'avais dû entendre je ne sais qui dire que quand même, elle en avait beaucoup, que peut-être les deux derniers étaient un peu superflus. Et je me souviens que dans ma tête de jeune fille, j'essayais d'imaginer lequel des enfants elle n'aurait "pas dû faire" : et je n'arrivais pas à savoir. Ils étaient là, tous bel et bien là et c'était absurde d'imaginer autre chose.
    Au final, y séjourner m'a surtout donné envie d'avoir ma famille nombreuse à moi aussi, un jour... :-)
    C'est vrai que le petit suivant aide aussi à lâcher le précédent : j'ai parfois l'impression de toujours voir ma fille comme une petite brioche à câliner, peut-être que je l'empêche un peu de s'affranchir parfois. J'ai hâte de voir les évolutions qui se produiront à l'arrivée de la petite prochaine !
    Bref, belle aventure à vous (presque) 6, c'est une des plus belles.

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  11. Génial (Sophie, 42 ans, Maman de 4 dont la dernière a ....2 ans !)

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  12. Je me souviens très bien d'un article que tu avais écrit juste après l'attentat du Bataclan et où ta pulsion de vie l'emportait sur l'horreur que tu venais de vivre . Dans la liste de tes souhaits : faire un quatrième enfant. Et voici que c'est chose faite ce miracle de la vie est en marche. Je suis très heureuse pour votre famille.

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  13. Félicitations! Très joli article. Quand on a la chance de pouvoir faire un enfant, et l'envie, il faut foncer! Pour nous, le deuxième n'arrive pas, et à41 ans c'est une douloureuse épreuve. Je vous souhaite beaucoup de bonheur

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  14. Tu résumes à merveille tout le cheminement émotionnel et intellectuel (!) que j'ai vécu jusqu'à la concrétisation de notre envie de 3ème :-D
    FELICITATIONS!!!!
    Virginie

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