mercredi 10 mai 2017

Savoir-vivre et bonnes-manières: rappel des règles basiques de politesse sur ce blog



"Ah, merci de m'avoir ouvert ta porte! ça faisait un moment que je voulais entrer, vu que tu m'invites régulièrement à discuter.

Wouah! Mate le parquet, et les moulures! ça claque chez vous! Ca va la vie pour certains, hein! C'est quoi la superficie de votre appart? non, parce que, avant de venir, je me suis renseignée sur les prix de l'immobilier dans ton quartier. Eh ben vous vivez pas chez les pauvres!






Et donc, en plus, tu bosses pas, c'est ça? Putain j''hallucine que des gens comme toi aient un avis. Quand on croule sous le fric, on connaît rien de la vraie vie. On mériterait même pas le droit de vote. A l'occasion tu me diras ce qu'il fait ton mec comme boulot? Ca m'intéresse, je cherche un plan cool, sans stress ni trop de travail, avec un max de thunes à la clé à la fin du mois. J'étais sur un plan là... mais ça a foiré.

ça te dérange pas que je garde mes chaussures dégueulasses, hein? Je sais que t'as une femme de ménage, j'imagine que tu t'en fous que je foute de la boue partout quand je viens chez toi, vu que c'est ta domestique qui fera le sale boulot.

Et sinon, tu disais quoi, donc, sur les élections? Attends, tais-toi, tu peux pas avoir un avis, quand je vois les fringues de tes gosses, j'imagine que c'est pas de l'occasion... tu achètes le Cyrillus plein pot, toi. Montre-moi le dressing de ton mari? Ah ah, je l'avais parié, il s'habille en pingouin chaque jour pour aller au taf... en fait vous vous habillez comme si vous alliez à un mariage tous les jours de la semaine! Y a des gens qu'ont des vies, j'te jure...
Et sinon je parie que ton mari il est né avec une petite cuillère en argent dans la bouche, non? Ses parents devaient être pétés de tunes. Forcément. Il a pas pu bosser à l'école et se contenter de se sortir les doigts pour en arriver là. Il ne peut avoir que le cul bordé de nouilles, comme tous les autres riches dans votre genre. Pfff... y a vraiment pas de justice dans ce monde.

Et puis fait pas ton innocente, j'ai bien vu qu'y avait pas beaucoup de photos de vos vacances au camping, dans ton couloir. Vous vivez sur la Côte d'Azur, vous devez vivre comme des jet-setteurs, c'est sûr. Si! la preuve! j'ai vu que vous partiez dans des pays lointains en vacances, et à pas à pied ou en stop, hein. En avion, avec tous vos gosses, comme Kim Kardashian. Si si, j'ai bien fouillé, vous êtes partis en Italie, par exemple. C'est pas la destination la moins chère!

Et ton futur gosse, tu vas lui donner un nom "français-prout-prout" à lui aussi, genre "je suis née dans un château et je suis allée jusqu'en terminale L"? ou vous allez vous décider à lui donner un prénom normal comme tout le monde? Laisse-moi deviner... j'parie que tu les mets pas au foot le dimanche, tu préfères aller à la "plaaaaage", c'est plus chic!
Et tous ces livres, là, dans ton entrée... ils servent juste à prendre la poussière, ou vous les lisez vraiment? Ah mais oui c'est vrai t'en a rien à foutre, ta femme de ménage, c'est elle qui s'occupe de la poussière sur les bouquins.

Quand-même, quand j'y repense... t'arrives à assumer d'exploiter une femme de ménage, alors que tu bosses pas et que tu pourrais te bouger un peu le fion? Tu te sens bien, tu crois pas que c'est un manque de respect pour les femmes qui ont quatre enfants, elles aussi, mais qui contrairement à toi, triment vraiment, elles, dans la vie? Ben non je leur ai pas demandé leur avis, à ces mères de quatre enfants, mais je parle à leur place si je veux. Je suis plus légitime que toi, il me semble.
Nan, je te parle souvent de la femme de ménage... parce que ça me fait vraiment chier, en fait, que t'en aies une et pas moi.

Moi jalouse? Non, mais arrête-tout de suite, je suis vraiment, mais vraiment pas jalouse, j'ai une vie trop bien, je veux pas plus, surtout. Tu sais, je loupe pas un de tes billets, j'adore ce que tu écris, c'est vraiment génial. Je te suis sur Facebook, je regarde tout ce que tu écris, dis...t'es trop intelligente et j'adore trop ta vision de la vie en plus. Je me sens même en manque quand tu publies pas pendant quelque jours. Non vraiment, j'adore ton univers.
T'aurais pas des Tuc? ou des cacahouètes?

Ben pourquoi tu me fous dehors? T'es pas contente, j'comprends pas... je t'ai offert des fleurs, et je t'ai même fait des compliments! J'ai même pas oublié de souhaiter un bon anniversaire à ta gosse. Ah les bourgeois c'est tous les mêmes, ils ont tout eu tout cuit, et résultat, ils sont tous ingrats. Et après ils se permettent de donner des leçons de morale.
Mais vas-y, allez, donne moi ton opinion sur la "société"! toi qui est à l'abri du besoin et qui a un mari qui a un salaire qui lui tombe dessus sans effort, c'est facile, pour toi, d'avoir une opinion, et de voter pour le candidat des banquiers!
Tu sais, fais gaffe, "be careful", j'ai bien enquêté sur toi, je n'ai rien loupé de tes billets. Et puis j'ai observé ton mari, aussi, putain j'ai vu sa bagnole, j'l'ai déjà dit mais y en a qui s'emmerdent pas. Ca se voit que vous puez le fric. Ben ouais, quand on a du parquet chez soi, et en bois, en plus, c'est qu'on est riche. Et moi, eh ben, j'aime pas le fric. Surtout quand il a l'air d'être dans la poche des autres alors que j'aimerais plutôt qu'il soit dans la mienne. Ben ouais, l'argent, c'est pas ça qui manque dans ce pays, ni dans ta vie d'ailleurs... vous pourriez bien partager un peu!
Ben pourquoi tu me claques la porte au nez? On peut vraiment pas discuter, avec les gens comme vous... ceux qui ont "réussi". Ouvre-toi l'esprit, un peu"

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C'était un petit monologue fictif, inspiré des commentaires courtois reçus hier sous mon billet écrit à l'occasion de l'anniversaire de mon aînée...
Une métaphore de ce que l'on peut rencontrer sur le net, qui rappellera à chacun que, sur un blog, sur le mien en tous cas, on ne peut pas se comporter, en laissant un commentaire, avec un total irrespect, bien caché derrière son pseudonyme.

On a tous, dans la vraie vie, un lointain cousin mal dégrossi qui nous fait des vieilles remarques sur notre prétendue vie de rêve, et qui voudra toujours s'assurer, pour être heureux, que la baraque du voisin ne sera pas plus grande que la sienne (je ne vous dis pas, quand on vit sur la Côte d'Azur, le nombre de fantasmes, préjugés et autres remarques envieuses sur la prétendue vie des gens ici, qu'on peut entendre...)... il y aura toujours des gens aigris, envieux, qui se sentiront un peu décomplexés par deux ou trois verres d'alcool lors d'un mariage, ou par l'apparent "filtre" que propose internet qui permettrait de tout dire, et qui profiteront de ce "lâchage" pour ouvrir les vannes et laisser libre cours à l'expression de leurs frustrations, complexes et autres pensées censées restées privées...  sans s'apercevoir qu'ils se couvrent de honte en public. Le surmoi? quel surmoi?
Eh bien sur un blog, ces gens existent aussi.

(je passe sur le fait qu'il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser dans le fait de montrer son manque d'éducation, son absence de connaissance des codes de politesse et de savoir-vivre les plus basiques, et que l'expression de sentiments d'envie et de jalousie sont rarement des sentiments qui nous honorent).

En choisissant de publier sur mon blog, ce que je fais depuis bientôt 9 ans, j'ai évidemment accepté les règles du jeu: j'ai choisi de ne pas modérer les commentaires a priori... je suis donc consciente que je n'ai pas toujours la maîtrise sur ce qui y est dit.
Je n'ai pratiquement jamais de mauvaises expériences ici: les inconvénients de ce blog sont mineurs comparés à ce qu'il m'apporte (en terme de rencontres "en vrai" avec certaines lectrices, d'échanges d'idées, de bouquins reçus, de messages échangés en privé...)

Je veille à réfléchir à ce que je publie, et même si je ne renonce jamais à écrire de manière engagée et passionnée (j'ai la chance d'être libre dans mes propos, de ne pas avoir de blog "sponsorisé" par telle ou telle marque), je pense toujours à l'effet que mon texte pourra avoir, une fois avoir cliqué sur "publier", sur mon lectorat. J'essaie, même si la qualité de mes billets ne peut pas toujours être constante, de rester sur le niveau des échanges et débats d'idées et d'opinions, de parler de sujets un minimum intéressants, d'échanger sur les thèmes qui me sont chers, la maternité, l'éducation, les activités à faire en famille, les livres, la grossesse, la famille nombreuse...rigoler, aussi...  sans tomber dans les attaques personnelles et gratuites, très bas-de-plancher.
J'adore les débats d'idées, les discussions passionnées, dans la vraie vie avec mes amis, ou ici, c'est vraiment une de mes occupations préférées. Et les avis différents et argumentés, c'est ce qui fait les discussions constructives.

Les messages que je reçois sont à 99% positifs, courtois et intéressants... c'est toujours un plaisir d'en recevoir... il faut dire que j'ai la chance d'avoir un lectorat super. J'ai du supprimer, en 9 ans, maximum 2 commentaires irrespectueux.

Ceux que j'ai reçus hier confinent à l'agressivité pure. Ils ne m'ont pas fait de mal, je n'ai pas jugé utile de les supprimer, ils m'ont même pas mal amusée et m'ont inspirée ce petit monologue ... finalement ils m'ont plus fait réfléchir à a jungle que peut être le monde de l'internet (ce qu'on voit surtout sur les réseaux sociaux), avec sa proportion de lecteurs de l'ombre qui sortent parfois du bois pour commenter, anonymement, en vomissant leur rage, sans aucun filtre, en direction de la personne, un être humain, qui, derrière son écran, a pris la peine d'écrire un billet de manière civilisée.
En cela, je les ai trouvés instructifs.
Et m'ont confortée dans mon choix de ne pas tout montrer de ma vie privée: les visages de mes enfants, de mon mari, nos identités... sont maintenues cachées, et je pense que, face à des attaques de ce niveau, c'est un principe de précaution et de sécurité qui me parait pertinent.

Il va de soi que j'espère ne pas avoir affaire trop souvent à l'avenir à ce genre de commentaires malveillants... ou alors, devrai-je me contenter de publier des billets bien fédérateurs, sur l'histoire du dé à coudre à travers les âges, par exemple, ou même sur les comparatifs de couches pour nouveaux-nés... pour éviter de me faire attaquer de la manière la plus gratuite et ridicule qu'hier?


PS:
moi aussi, je constate parfois que des gens ont l'air de vivre mieux que moi, matériellement, selon mes critères... (genre, qui mettent à leurs gosses des fringues plus chères que du Cyrillus, si si, je vous jure, ça existe ;-) cela ne me met pas dans une rage folle pour autant, et ce n'est pas pour autant que je m'acharne à me faire du mal, et à continuer à les lire... en me faisant des films complètement dingues sur leur prétendue vie rêvée. J'ai bien conscience que des personnes plus riches que moi sur terre, il y en a quelques millions... cela s'appelle l'ouverture d'esprit, et le principe de réalité.

De plus, on est libre de ne plus lire certains blogs, si on ne les apprécie pas. A chaque lecteur de réfléchir à son propre rapport avec internet, avec les images proposées sur les réseaux sociaux... à sa manière de recevoir ce que les autres publient, et de prendre du recul, en sachant en garder le meilleur et l'intéressant, tout en gardant en tête que ce qui est publié par quelqu'un, un auteur, un écrivain, un photographe, un artiste, un blogueur, un instagrammeur, n'est jamais, et n'a pas à être, un parfait reflet de la réalité, et n'a pas, en règle générale, à être justifié.


Au plaisir de continuer à vous lire!


5 commentaires:

  1. Ce monologue est parfait!!et les rageux n'ont qu'à partir s'ils n'aiment pas ce style de vie ,personne ne les oblige à lire les billets .
    continuez votre écriture est top
    Mae

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  2. Marine, je pense que ce billet me concerne, je crois que tu te trompes si tu me prends pour une rageuse jalouse, j'ai l'impression que tu n'as pas compris ou pas pris au sérieux mes propos : je n'ai rien à envier à tes conditions "apparentes" de vie, je peux prendre d'ailleurs pour moi la scène fictive que tu as écrite, à part que Gudrun Sjoden remplacerait Cyrillus, les dalles de Bourgogne le parquet, et j'ajoute un jardinier qui fait tout le sale boulot qu'on a pas envie de faire dehors.
    Tu ne comprends et retiens que ce que tu veux pour balayer d'une revers de main tout débat c'est dommage...

    Serais-tu atteinte par ce syndrome que tu décrivais jadis?
    "Mais enceinte, TOUT peut m'énerver ! La France, son pessimisme, son esprit étriqué, ses hommes politiques, l'heure d'hiver, le programme télé, les people "fils de" qui se la jouent à la télé, les tarifs du Club Med pour l'été prochain..."

    Cela en a tout l'air...
    Alors à dans quelques mois quand cela sera retombé et que tout rentrera dans l'ordre ;-)

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  3. Je lis plusieurs blogs "maman". Certains pour rêver, certains pour voyager, d'autres pour se décomplexer! C'est un joli choix de "ne garder que le meilleur", c'est un magnifique journal de vie pour les enfants plus tard. J'aime le style de ce blog, j'aime qu'il ne soit pas sponsorisé.

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  4. Ton monologue m'a bien fait rire. Ce qui me fait moins rire, par contre, c'est le degré d'insistance des commentaires sous ton précédent billet.
    Tu as beau avoir expliqué ton envie et ton besoin d'être respectée, fait sortir les lectrices "enragées" par la porte de ta maison (pour continuer dans ta métaphore), on sent bien qu'elles continuent à vouloir interagir... à vouloir rentrer à nouveau chez toi, mais par la fenêtre, cette fois-ci.

    Je n'ai pas de blog mais cet "inconvénient" lié au comportement de certains lecteurs, vivant ta vie un peu par procuration... (ils n'aiment pas ce que tu écris, te reprochent des choses très profondes... tout en ne pouvant s'empêcher de continuer à te lire) peut faire frémir: ça me fait un peu penser au film "JF partagerait appartement"... (bon, j'ai beaucoup d'imagination).

    Continue tes billets... moi j'aime beaucoup te lire! (Et ne pas être d'accord avec certains billets, ce qui est très humain au fond, ne justifie en rien les attaques ad hominem)

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    1. J'avais plaisir à lire votre blog, bien écrit, avec style et parfois classe. Mais vos réponses virulentes envers celles qui n'adhèrent pas à vos idées m'ont heurtée. Et je réalise que, malgré vos dénégations, vous ne connaissez guère le quotidien des "gens de peu". Je vais désormais passer mon chemin.

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