jeudi 20 juillet 2017

La fin de la grossesse... (version réaliste)




J'avais écrit un billet sur la maternité version réaliste, il y a quelque temps, pour rassurer une amie en proie à des émotions complètement oubliées des guides de puériculture...

Aujourd'hui, je n'ai personne à rassurer (à part moi-même), mais en lisant les multiples commentaires soulevés par un de mes posts sur IG, je me suis aperçue que la réalité de la grossesse, pour certaines femmes du moins, était encore et toujours passée, en partie, sous silence.


Je vis la fin de ma grossesse dans l'ambivalence la plus totale. Et encore, ambivalence n'est peut-être pas le mot qui convient... car il suppose une espèce d'équilibre entre émotions négatives et positives.
Pour moi, c'est assez dur en ce moment. Plus dur que doux.
C'est d'ailleurs lorsqu'une amie m'a proposé d'écrire, chaque jour pendant une semaine, une raison pour laquelle la grossesse me manquera, et que je n'ai pas trouvé de raisons valables à noter qui me fasse durer plus d'une journée, à part les lieux communs habituels sur cet état, que je me suis dit qu'il était peut-être temps de la regarder en face, de la prendre à bras-le-corps, cette quatrième grossesse.

Je me permets donc de poser des mots ici, pas uniquement dans le but de me faire du bien psychologiquement (même si c'est indéniable qu'un blog a cette grande vertu), mais parce que, au fond, même si je suis consciente de l'extrême nombrilisme de la démarche, je pense, j'en suis sûre même, qu'ils ont quelque chose d'universel.






Plus j'approche de la date du terme (début aout), et plus le temps me donne l'impression de ralentir. J'ai une notion du temps complètement farfelue, floue, extensible et variable selon les jours (ça commence bien, elle est pas nette, la blogueuse).
Ainsi, en calant mon planning mental sur la naissance un peu en avance de ma petite troisième, j'étais persuadée que j'accoucherais... la semaine dernière.
Quelle ne fut pas ma stupeur, à la fin de la semaine donc, de réaliser qu'en fait, je m'étais complètement conditionnée à une idée plus que peu maitrisable... qu'en fait, le 6 aout était encore bien lointain, et qu'il allait être urgent de changer de regard sur ces derniers moments: se faire une raison et se dire que oui, peut-être qu'il allait falloir que je les vive entièrement, ces deux semaines et demi qui me restent.
Je change radicalement depuis quelques jours... aujourd'hui je suis donc, par souci de réalisme, sincèrement convaincue que je n'accoucherai jamais (ou alors dans très, très longtemps).


Ce n'est pas facile car en ce qui me concerne, chaque jour qui me rapproche du terme agit comme un rappel lancinant: Pour cette quatrième grossesse, mûrement réfléchie, envisagée, pesée dans tous les sens, et ultra-désirée... je m'étais promis d'essayer de réussir à plus en "profiter", comme l'on nous y enjoint neuf mois durant (l'avantage de la quatrième fois étant qu'on a une vision très réaliste de notre façon d'avoir vécu cette période les fois précédentes, et donc une meilleure capacité d'analyse et d'élaboration d'un plan d'action...)

Et finalement, c'est un peu sur un sentiment d'échec que je finis le parcours. Je n'ai pas spécialement réussi à honorer ce fameux "profitez! profitez! profitez!". J'ai l'impression d'avoir oublié en cours de route que la grossesse n'était pas une fin en soi, mais un chemin... tellement je consacre d'énergie à essayer de traverser chaque journée, en me fixant des objectifs "au jour le jour". Ainsi, il y a des jours ou l'idée que tout ce parcours finira bien par aboutir à quelque chose (i.e. l'heureux évènement tant attendu, la naissance d'un enfant, rien de moins!) me parait de plus en plus abstraite.
Je suis assez déçue par moi-même. Je me raccroche à l'idée qu'après chaque naissance, enfin en situation d'action, je suis, à l'inverse, submergée par une sensation de puissance, et à nouveau fière de moi et super confiante en mes capacités de mère... mais franchement, je crois que je n'ai pas les épaules pour l'épreuve, que dis-je, l'ultra-trail de la grossesse.

Ma conclusion est assez simple: moi qui pensais que cette quatrième grossesse serait celle de la maturité, de la sagesse et de la hauteur... celle qui constituerait comme une espèce d'épreuve bouddhiste ultime, un dépassement de soi, un "entrainement" pour l'au-delà ou je ne sais quoi d'un peu classe et spirituel qui m'apprendrait l'humilité, l'acceptation... une préparation, même, aux moments de faiblesse et de maladie et de perte (réellement douloureuses, pour le coup) que je vivrai, indubitablement, à la fin de ma vie...  eh bien en fait, je suis toujours aussi nulle.
Une vraie quiche. L'expérience du lâcher-prise, je suis complètement passée à côté. L'expérience des grossesses précédentes, à part sur deux ou trois points matériels, m'a très peu servi. C'est un nouveau bouleversement à chaque fois...
Je n'ai finalement rien appris, et donc rien à transmettre, à part: quand-même, enceinte, j'en chie.


Le plus dur pour moi est de constater régulièrement le fossé qui existe entre la façon dont j'aurais rêvé vivre cette grossesse, la femme et la mère parfaite que j'aurais aimé être... et la réalité de ce que je vis, et de ce que je suis.
Certains jours, je suis dans l'acceptation. D'autres, plus nombreux, dans la lutte. Pourquoi ai-je toujours autant cette sensation de ne pas coller à l'image qui est donnée, dans notre société, de ce que doit être une femme enceinte?
Pourquoi, alors que j'ai un esprit critique plutôt développé, que j'analyse plutôt bien les choses en temps normal, avec recul et même ironie, que je suis la première à dire que celles qui voient des injonctions partout sont celles qui décident juste de leur donner de l'importance, cédé-je si facilement à cette faiblesse?
Peut-être parce que tout cela dépasse la simple image sur papier glacé, mais est renvoyé par la société tout entière, à tout moment?


D'un côté, il y a cette femme enceinte souriante, habillée dans des tons pastels, les lèvres subtilement humectées d'un pudique gloss (pas pouffe, le gloss, hein, plutôt un gloss chaste), qui croque un morceau de radis, hilare, en rejetant sa chevelure en arrière. Elle est heureuse, elle porte la vie. Cet après-midi elle a son cours hebdomadaire de twirling-baton-préparation à l'accouchement, et ça la met en joie. Elle est contente de sa condition, lance le message que chaque journée de sa grossesse est un chemin de roses, un épanouissement personnel, un achèvement pour son couple. Sa préparation à la naissance se cantonne à la lecture de passionnants articles de blogs sur les comparatifs entre poubelles à couches. Elle adore acheter des petits vêtements roses ou bleus. Clame qu'elle se sent tellement bien enceinte, que les hormones ont sur elle un effet positif, que "la grossesse, c'est que-du-bon-heur!", un long moment de grâce ne la rendant que plus femme, plus belle, plus magnétique, plus vivante.


De l'autre, il y a moi: celle qui est mère de trois enfants, qui est heureuse de l'être et encore plus d'avoir lancé ce projet d'un quatrième... MAIS qui n'aime pas particulièrement l'intégralité des neuf mois préalables à l'heureux évènement.
Celle qui est théoriquement ravie de sentir les mouvements du bébé chaque jour dans son ventre, mais pour qui ce n'est pas suffisant. Celle qui se débat dans un fouillis d'émotions, positives, négatives, un bouillon certainement causé, en grande partie, par les hormones. Celle qui est prise de stupeur, à chaque fois, par le bouleversement psychique qu'entraine la grossesse sur elle.
Celle qui a l'impression, sur la fin, de perdre pas mal de choses en route: son énergie, sa jeunesse, son corps, sa petite capacité de séduction, son couple... et, même en étant passée par là trois fois, et en ayant réussi à le surmonter autant de fois, qui a du mal à relativiser et à se dire que ça se passera bien une quatrième fois.
Celle qui en a marre d'observer ses plafonds, scotchée sur le lit à la fin de la journée à cause d'une immense fatigue. Qui n'en peut plus de réfléchir à la stratégie quotidienne pour réussir à se dépenser un peu sans s'épuiser ni s'éloigner trop de la maternité.

Celle qui s'agace parfois trop vite avec ses enfants, et qui s'en mord les doigts juste après.
Qui n'a pas qu'envie de se prélasser en jolie robe rose pastel sur la plage à l'heure dorée devant un objectif, de poser en famille avec un photographe professionnel, le sourire de la Joconde aux lèvres, nue, dans un bain de lait, de délicats pétales de rose venant souligner l'arrondi de son ventre, en n'oubliant pas de cacher bien poliment sa ravissante poitrine nourricière.
Celle qui se regarde, plutôt exigeante, un peu dépitée par sa décrépitude physique, qui mesure mentalement la couche de gras supplémentaire venue s'installer sur ses bras, et qui se met déjà en tête des objectifs pour ne pas rester dans cette impression de "laisser aller" trop longtemps.
Celle qui ne trouve pas de satisfaction excessive à baigner dans tout ce battage hormonal, et qui se sent bien mieux après que pendant. Celle que la maternité révèle, mais qui ne fera décidément jamais partie des "nostalgiques" de la grossesse.

Celle à qui sa vie de couple et la fusion qui la liait à son mari manquent cruellement. Celle qui aimerait trouver à nouveau des dérivatifs, pouvoir évacuer les émotions (autrement que par des pleurs ou chouinements), qui se souvient qu'avant, il lui suffisait d'une séance de sport, d'une virée au yoga, d'un bon verre de vin, de faire l'amour, pour désamorcer les petits conflits et énervements quotidiens et juste, se retrouver, à deux, dans le plaisir et la simplicité.
Celle qui, clairement, est une amoureuse, pas qu'une maman...ces deux rôles se nourrissant l'un l'autre...  et qui a hâte, comme après chaque grossesse, de retrouver vite vite vite ce statut auprès de son homme...


J'ai conscience que rien n'est aussi binaire, et que l'image que je dégage, c'est plutôt, et souvent, celle de la première (à part que je m'habille en noir plutôt qu'en pastel). Objectivement la grossesse me va bien, je déclenche des "oh" d'admiration, des "que c'est beau une femme enceinte", des "quatre enfants! wouaouh, quel courage!" ou des convenus "profitez, ça passe trop vite!".
Et puis j'ai pas mal d'orgueil, en public je donne le change, je ne me plains pas, demande peu d'aide...(il vaut mieux faire envie que pitié!), ce qui peut même générer un peu de jalousie, ou des "mais comment vous faites?"... je joue parfaitement le petit jeu social de la grossesse épanouie.
Alors qu'en vrai, en me regardant dans la glace, je me demande régulièrement aussi: "Mais comment elles font, les autres?".

J'en ai aussi de nombreux, objectivement, des moments merveilleux, pendant cette grossesse; se retrouver Jean-Chou et moi, juste tous les deux, comme deux futurs parents débutants, à chaque rendez-vous mensuel chez le gynéco... partager ça avec les plus grands est réellement magique, échanger, en discuter, voir leurs yeux qui s'illuminent quand j'ai l'impression de ressentir une contraction, les entendre accourir, comme si le Père Noël allait passer, pour me demander si c'est pour ce soir...


Mais il n'y a qu'avec Jean-Chou que je "relâche" vraiment, que je laisse libre cours à mes émotions réelles... et le pauvre, qui assure sur toute la logistique, est hyper fiable matériellement, a un peu épuisé son quota d'écoute, de tolérance et d'affection.
Cela, bien sur, je m'en aperçois toujours un peu tard... après l'avoir un peu trop poussé à bout avec mes complaintes de femme enceinte. Et à chaque fois je me rappelle: "la prochaine fois c'est aux amies qu'il faut dire toutes ces horreurs, elles elles me comprennent en un clin d'oeil! il y aura toujours, même avec un mari parfaitement attentionné et compréhensif, une différence incompressible: je suis femme, il est un homme, la grossesse est LE révélateur de l'immense inégalité de nos conditions, CQFD... Et accessoirement, note pour plus tard... il n'est ni un psy ni une poubelle".


J'ai identifié aussi ce qui me pose problème pendant la grossesse; pour celle-ci comme pour les précédentes: Je suis en fait littéralement estomaquée, scandalisée, outrée (si si), par l'extrême solitude et injustice qui fait que JE suis en position de "faiblesse", de "dépendance", et pas les autres.
Régulièrement, en me levant le matin, je suis devant cette incompréhension la plus totale: pourquoi la planète ne s'arrête-t-elle pas de tourner pour mes beaux yeux? Pourquoi ma grossesse ne déclenche-t-elle pas une extrême attention, à chaque instant, de la part de mon entourage? Pourquoi suis-je la seule, dans le couple, à me déformer petit à petit, à subir les assauts des hormones, à souffrir physiquement, à haleter de fatigue, à constater la déchéance physique, à subir les angoisses associées, à se poser des questions existentielles?
Pourquoi être une femme est-il si différent d''être un homme?

"Forte" de ces questions objectivement toutes plus mégalomanes, égocentriques et irrationnelles les unes que les autres, que les soupçons de lucidité et de recul qu'il me reste en magasin me permettent d'analyser assez facilement, mais que je ressens pourtant profondément dans mes tripes, je me retrouve régulièrement coincée avec mes émotions fortes; j'estime qu'elles doivent pouvoir s'exprimer... tout en réalisant à quel point personne, à part une femme enceinte, n'est en mesure de les comprendre, ni n'a spécialement envie de les entendre. Ce que je comprends, en théorie, complètement.


Alors je sais ce que je pourrais penser d'une amie qui viendrait me voir, à deux semaines de son terme, pour me faire part de tous ces états d'âme: J'aurais un petit sourire aux lèvres, je lui dirais "bienvenue dans la dernière ligne droite, la période de folie de fin de grossesse est ouverte!
Prends-ton mal en patience, essaie de lâcher-prise, tu charges trop la mule, tu te mets trop de pression!
Vous allez vous retrouver, avec ton homme, comme vous avez toujours su le faire.  Il est là pour toi, ce n'est pas pour rien qu'il a voulu faire un quatrième enfant avec toi, c'est qu'il ne te trouve pas si nulle, moche, grosse, inutile!
Profite, profite de ces derniers moments qui sont "magiques". Cette attente, faite de moments d'ennui et de "vide" intersidéral, cette routine, ce repos forcé, pas toujours très marrants certes, mais qui ont leur utilité... et qui seront subitement, bientôt, interrompus par l'excitation qui arrive, une adrénaline complètement dingue, l'ACTION, enfin, et une claque de bonheur qui va te mettre à terre et remettre à sa place ces neuf mois écoulés, en laissant place à d'autres émotions et bouleversements: te rappelant que tout cela était une période nécessaire mais qui appartiendra bientôt au passé."



Sur ce, après vous avoir livré mes états d'âme, telle un petit animal blessé tentant de garder encore un peu de dignité, je vais retourner à mes petits monologues un peu pathétiques, et méditer encore quelques jours sur mon lit ou mon canapé...
si vous avez des astuces à partager pour faire de ces derniers jours, subitement, un véritable rêve éveillé, je prends! (mais ne me parlez pas de cette p¨^'# de méthode italienne, c'est vraiment pas le moment!).
D'ici là, on va avoir droit dans quelques jours à une petite semaine juste tous les deux, qui me fera, je pense, le plus grand bien (merci à mes proches d'avoir décelé que l'impatience me rendait un brin bipolaire en ce moment!)... et qui sait, le bébé choisira peut-être cette semaine plus confortable pour venir, entre une baignade, une séance de ciné et un petit resto en terrasse...

Peut-être que mon billet aura parlé à deux ou trois d'entre vous! (si ce n'est pas le cas, alors cela signifiera que je suis définitivement la seule femme en fin de grossesse a être complètement dingue, et je me serai donc auto-humiliée en beauté sur la blogosphère, hu hu. Pas grave, on va dire que j'ai fait ça pour la Cause!)



13 commentaires:

  1. Bonjour, Ce post reprend bien l'ambivalence des sentiments qui me submergent chaque jour, de cette 3eme grossesse.. Grossesse tant désirée après de multiples fausses couches. Je m'étais promise également de la vivre au mieux, forte de mon expérience passée, et bien que neni ! Alors merci !!!! Non tu n'es pas seule :-)

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  2. Bonjour, j'entends bien tes arguments concernant cette fin de grossesse difficile, moi même attendant mon 4e enfant et n'ayant jamais trouvé le statut de femme enceinte particulièrement agréable. Mais j'ai tout de même un peu de mal à comprendre que tu ne puisses pas du tout prendre de recul par rapport à tout ça. Tu te rends bien compte, j'en suis sûre, que l'état de fragilité et de dépendance dont tu sembles tant souffrir, n'est finalement qu'un avant goût de ce qui t'attend (ainsi que nous tous) dans les années et les décennies qui viennent, et parfois bien plus tôt que nous l'aurions voulu. Au moins cet état actuel a été désiré de ta part, tout du moins pour ce qu'il va t'apporter ensuite. Le vieillissement et tous ses corollaires, non! Tu es jeune, en bonne santé, tu as un mari, des enfants, qui vont bien, tu te trouves encore un potentiel de séduction. Alors, en vrai c'est quoi ton problème, de ne pas avoir assez de problèmes?
    Oui la fin de grossesse c'est pénible. Sens toi moche, grosse, peu désirable et inutile si tu veux (enfin si c'était vraiment le cas, mettrais tu autant de photos de toi sur IG?)
    Mais vraiment, et j'essaie de le dire sans ironie ni animosité, rends toi compte aussi que tes plaintes ont un côté un peu ridicule. Garde des réserves pour le jour ou il t'arrivera quelque chose de vraiment, vraiment pénible. Un peu d'humilité que diable!

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    1. Merci pour votre commentaire... encourageant.
      Heureusement qu'il existe encore sur cette planète des etres humains droits dans leurs bottes comme vous qui savent traverser la grossesse la tête haute et avec discipline, sans céder aux sautes d'humeur!
      D'ailleurs, vous êtes sure que vous n'êtes pas un homme? 😉

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    2. Je suis un peu déçue par ta (votre) réponse....
      C'est tout noir ou tout blanc, c'est ça? Si on ne trouve pas tes idées incroyablement justes, intelligentes, et prêtant à réflexion, on est tout méchant et on na rien compris (et en plus on s'est trompé de sexe?
      On peut aussi trouver ça chiant d'être enceinte et ne pas en faire tout un plat jour après jour après jour et après jour, consacrer son temps et son énergie à autre chose....à moins vraiment d'en avoir trop pour soi, du temps...
      Après, s'il faut être un homme pour penser ça, eh bien tu as une vision de la femme bien étriquée et c'est dommage (pour toi).
      Bonne fin de grossesse!

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    3. Si vous n'avez noté aucune pointe d'humour et de dérision (et meme d'auto-dérision) dans mon billet, et dans mon commentaire... je ne peux rien rajouter à ça 😉

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  3. 2 réflexions me viennent à l'esprit à chaud
    1) est-ce ce que la femme en pastel existe vraiment dans la vraie vie (pas sur IG ou dans un blog anglo-saxon) ? Et admettons que oui, que savons nous de ses névroses, complexes, angoisses ?
    2) ne mets tu simplement pas la barre un peu haut dans ta vie en général ? La recherche de la perfection est fort nuisible
    Je suis convaincue que la grossesse n'est jamais qu'une belle période de 9 mois, jour après jour. Il y a des moments cools, d'autres affreux mais au final c'est juste un passage à vivre et comme tout le reste, ca passe.
    Peut être simplement que beaucoup de femmes dans ce monde n'ont pas le temps/les ressources/ les moyens de se poser autant de questions.
    Allez, tu y es presque. Cest au final un travail sur soi, une bonne façon d'être poussée dans ses retranchements. Et un jour on m'a dit qqch que je trouve sssez juste : la vie ne nous impose jamais plus que ce qu'on peux supporter et dépasser

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    1. Bien sûr que cette femme en pastel n'existe pas, c'est d'ailleurs pour ça que je l'ai décrite de façon caricaturale! Et que j'ai précisé que je pouvais très bien etre vue comme cette femme en pastel, justement.
      C'est effectivement très subtil!

      Quant à se poser toutes ces questions, c'est effectivement le propre de cette période, je pense... où l'on est, qu'on le veuille ou non, plus centrée sur soi, ses ressentis, son nombril... ce qui a un aspect fatigant parfois!.

      Même si je le suis mille fois moins que lors de la première grossesse par exemple... tant mon énergie et mon temps sont accaparés par, notamment, mes autres enfants, bel et bien présents, eux 😅

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  4. oh là là !!! je vous ai lue ! relue! vous Marine et vous qui lui avez répondu....
    Je suis une femme, mère et grand mère de 66 ans !!! j'ai eu 3 enfants ! et je n'ai pas toujours bien vécu mes grossesses ...Surtout la première ( alitée presque jusqu'à la fin ) puis une fausse couche et ensuite mes deux autres grossesses!! A l'époque, j'avais une employée de maison, et j'étais très bien entourée ; mais comme vous je vivais pas vraiment bien ces moments et j'avoue que j'ai bien enquiquiné mon mari( de l'époque) je suis divorcée et remariée...Avec le recul , je me dis que j'avais tout faux !!! car j'avais beaucoup de chance par rapport à de nombreuses femmes qui en plus de travailler et d'élever leurs enfants n'avaient pas le temps de se poser tant de questions .... et je sais maintenant que j'étais une sacrée privilégiée(comme vous il me semble)
    Chère Marine, OUI c'est pénible d'être enceinte! de subir les changements dûs aux hormones, etc etc ....mais rendez-vous compte enfin!!! vous allez être seule une semaine avec votre époux ! et vous avez les moyens apparemment d'en profiter (tout comme moi à l'époque) alors que tant de femmes en bavent et n'ont pas les moyens ni de se reposer, ni d'être chouchoutée par leur homme et encore moins de se libérer de leurs autres petits bouts !!! Alors je vous en prie essayer de relativiser (ce que je n'ai pas fait....)Car au bout du compte, un jour où l'autre vous risqueriez bien de TOUT perdre !!! allez sans rancune ! tenez bon car c'est peut être la dernière ligne droite de votre grossesse mais pas celle de votre belle vie entourée de l'amour de tous les vôtres

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  5. J'aime beaucoup te lire, je le fais depuis quelques temps maintenant. C'est complexe et simple à la fois ce que tu vis. C'est désiré, voulu, réfléchi et en même temps il y a ça, des émotions, des sentiments qui surviennent, dérangeants parfois, et ça ne peut pas se prévoir... Les petites douleurs, les lourdeurs OK, mais les doutes et les pensées négatives... Faut dire qu'on a un peu plus de temps pour penser, c'est un peu Le moment pour ça. On est plus centrée sur soi-même enceinte, et en fin de grossesse, on guette le moindre signe... Tout devient comme suspendu, sur le fil, jusqu'à la délivrance (qui peut prendre des plombes et qui peut laisser des traces longtemps...) comme un élastique distendu infiniment. On ne voit plus le moment où il va nous revenir (en plein poire ;). Peut-être y a-t-il quelque chose là à creuser, accepter un peu de lâcher prise, de se laisser aller, glisser (mais pas sombrer ahah...). Accepter cet état de passivité obligatoire, pas facile. C'est l'attente, la grande, ce magnifique être à venir et, la petite, la cachée, la confuse... le bonheur ? L'accomplissement ? Ou juste la vie extraordinaire et tellement commune à la fois...? Tu vis pour la 4e fois et peut-être la dernière, quelque chose d'indescriptible, de tellement intime, de tellement public pourtant (pour toute grossesse généralement), c'est aussi pour toi une (re)naissance, un deuil, on grandit ("murit"... vieilli), c'est dur. Ambivalence ? Carrément ! En gros, on le ressent au fond de soi, par légers acoups, puis parfois par vague. Et il faut rester sereine ? On revient à l'acceptation, de choses qu'on n'est pas encore prêt d'accepter, un autre/nouveau rythme qu'on doit suivre et accepter avec le sourire (Je déteste, moi je fais la soupe a la grimace - à mon conjoint grave, un vrai catalyseur, oui, il a dit oui ^^). Le trip bouddhiste ça doit être pour une autre vie ou alors, quand on est à un cheveu de se réincarner en déesse... ou en libellule. Bref, dans une autre dimension ;) et tant mieux ! La vie...

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    1. Merci... c'est exactement ça.ce qui est drôle c'est qu'à la fois je vis ces émotions à 200%... et j'arrive aussi les mettre à distance et à en rire.
      Je suis les deux à la fois, comme spectatrice!
      Mais ce qui reste assez mystérieux c'est cette notion du temps...

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  6. Je ne suis pas toujours d'accord avec vous (sur la politique entre autres ;-) ) mais outre le plaisir de lire votre plume et d'apprécier vos qualités d'analyse et d'auto-analyse, j'admire, et là plus que jamais, votre grande honnêteté ! Cela fait du bien de lire autre chose que le fatras habituel et politiquement correct sur la grossesse ! Je ne conclurai donc pas ce post par "profitez bien des derniers jours" mais par "tenez bon" et "gardez confiance" !
    Mymi

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  7. bonjour,
    j'aime bien votre article. Il reflète toute la complexité de la vie et du raisonnement humain. La grossesse , et tous les autres événements majeurs de la vie vont ainsi.. La vie est un mouvement oscillatoire...Quant au rapport au temps, tout est chronométré, daté, prévu mais la nature est variable et le murissement est fait de multiples paramètres . Lors de mes grossesses, je me suis dit plusieurs fois que, finalement, j'étais dans ce moment, plus que jamais, dans l'animalité et que le temps humain ne comptait plus...Il faudrait pouvoir oublier les conventions, les horloges et ce qu'on connait déjà. Laisse toi porter par la Dame Nature, laisse toi porter par le temps de ton bébé ......

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  8. Vous avez l'immense honnêteté de dire ce que beaucoup de femmes n'avouent pas, ni aux autres ni à elles-mêmes. Sauf lorsqu'après un ou deux enfants, on évoque le suivant. Et là : "ah non, ça suffit" !! Alors bien sûr qu'il n'y a pas que ça, bien sûr qu'il y a aussi et surtout les enfants une fois là, leur éducation, travailler et porter tout cela... Mais il y a aussi la grossesse. Peut-être ne vivons nous pas dans le même genre de milieu mais mes amies sont assez claires là-dessus : une fois, deux fois, et ça suffit. Certes finalement certaines "oublient" quand l'enfant est là, mais lorsqu'il faut en envisager un de plus, ça revient vite... et c'est clairement un argument "contre".

    Quant au "les dernières semaines sont insupportables" c'est ce que j'entends de toutes les femmes enceintes autour de moi, que ce soit au travail ou en famille. Du coup le réconfort mutuel c'est quand une femme pas enceinte, typiquement une collègue, vous dit "allez courage c'est bientôt fini", on dit tous cela à nos collègues, qu'on ait ou pas des enfants, et même les hommes. Et ça semble naturel à tout le monde. Ca me semblait donc assez évident.

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