lundi 5 mars 2018

Londres, la vague de froid, Airbnb, EasyJet... et nous.

PNC aux portes...


Pendant ces vacances de février, nous sommes allés à Londres tous les six.
Cela faisait un moment qu'on voulait le faire, rendre visite à nos copains... et puis continuer sur la lancée de nos petits périples en famille, notamment en grande-Bretagne (rubrique dédiée ici). Parce qu'on adore voyager avec nos enfants.

Avant de publier un billet à proprement parler sur ce séjour qui a été une réussite (oui, Londres avec les enfants et un bébé, ça se fait!), je prends un billet à part pour évacuer le sujet du transport et du logement... qui ont été LES sujets de ces vacances. Je crois qu'on n'aura jamais vécu autant de péripéties en voyage. Et avec quatre jeunes enfants avec nous, je pense qu'on peut dire que le baptême du baroudeur a été réussi, pour notre petit dernier. Hum hum.
J'aborderai le thème en trois points: Première, deuxième puis troisième péripéties. Chronologiquement, et de la moins gênante à la plus désagréable.





Première péripétie: Airbnb.

Quelques semaines déjà avant notre date d'arrivée, je commençais à avoir un mauvais pressentiment quant au logement que nous avions réservé; la communication se faisait de plus en plus inexistante avec les hôtes.. je demandais un lit bébé par exemple, on me répondait pas, ou par la négative... la veille du départ, malgré mes différents messages, je n'avais toujours pas reçu les indications concernant notre arrivée, les clés, etc. Je me suis donc inquiétée: je m'imaginais avec toute la famille, à Londres, sans logement. Ce qui peut se gérer correctement juste en couple peut devenir une grosse galère avec des enfants.

J'ai donc appelé le centre d'aide Airbnb, qui m'a tout de suite conseillé d'annuler la réservation.
Voilà. Donc la veille du départ, plus de logement. Génial! Je commençais à douter de la fiabilité de cette plateforme... autant dire que là, j'étais assez dégoutée et persuadée que je ne ferais plus appel à ce type de location entre particuliers.

SAUF que dans notre malchance, j'ai pu tester le service client du site. Eh bien cette expérience m'a en fait permis de m'apercevoir qu'Airbnb est en fait plus sécurisant qu'espéré, car il repose sur un réseau d'appartements énorme, et que le site met le paquet sur la gestion de ce type de problèmes.

Je suis donc tombée sur Irina, au numéro de téléphone français... qui m'a prise en charge et a réglé mon problème super facilement. Elle m'a envoyé de nouveaux liens correspondant à des appartements du même style que celui que nous avions réservé, dans le même quartier. Et m'a rappelée une heure après.
Contrairement à mes craintes, trouver un appartement de dernière minute, dans une grande ville très demandée, est en fait plus facile que ce que je pensais: en effet, il y a beaucoup de turnover, d'annulations de dernière minute, etc... on a donc pu, en une heure, régler notre problème, avoir la réponse positive d'un autre hote, et au passage bénéficier d'une réduction par rapport à notre mise initiale (grâce à l'effet last minute, les appartements sont souvent bradés).
Nous avons donc passé un séjour dans un appartement super, grand, bien situé, avec une terrasse... et bien moins cher que le prix du marché.

Cette mésaventure du départ m'a finalement mise en confiance sur la qualité du réseau Airbnb et m'a laissé penser que même en grosse galère une fois sur place, on peut trouver assez vite une résolution de son problème.
Bien sûr, il faut adhérer un minimum au côté "artisanal" et donc un brin aventureux de la location entre particuliers... mais c'est aussi ce qui fait le charme d'Airbnb, et des voyages en général. (même si Airbnb perd son authenticité au fil du temps... de plus en plus d'hôtes étant en réalité des professionnels de la location de vacances).


Deuxième Péripétie: se rendre de l'aéroport de Gatwick à Londres.

Une fois sur place, il y a tout un tas de possibilités pour rejoindre Londres à partir des aéroports, mais il faut savoir qu'ils sont assez éloignés de la capitale. Le taxi coute donc très cher.
Nous avions prévu de prendre le train... Pas le Gatwick express, mais le train normal, un brin plus lent mais moins cher.

Nous sommes arrivés un dimanche... et nous sommes aperçus sur place que c'était le jour de.. la grève générale des trains! (les grèves ici sont le dimanche, pour moins importuner la population. ironie).
Quand on a vu la galère proposée en solution de remplacement (des heures de queue pour attraper un car, qui nous emmènerait rejoindre une gare plus loin, qui elle même nous permettrait d'avoir un éventuel train... une joie avec quatre jeunes enfants!),  on s'est donc rabattus sur... la solution la plus chère, donc, que nous avions évacuée au départ: le taxi! huhu. 1h30 de taxi, 146 Pounds.

Mais bon, on s'est dit que notre ristourne Airbnb couvrait finalement cette dépense imprévue... (l'être humain et sa capacité à positiver!). Ce sont des choses qui arrivent. Le genre de choses qu'on relativise vite, surtout quand on a la "chance" de vivre la "troisième péripétie".


Troisième péripétie, donc: (même pas trouvé comment vous la résumer en titre)

Toute la semaine, nous avons eu le "plaisir" de profiter de la fameuse "vague de froid". Nous nous y étions préparés, nous étions super bien équipés. Comme on dit dans les pays nordiques, "il n'y a pas de mauvais temps, seulement des mauvais équipements", n'est-ce pas?
Gants, bonnets, collants thermiques, superposition de couches de vêtements et bottes de neige (en gros, nos affaires de ski!), combi-pilote + babynomade en polaire + protection pluie/vent pour la poussette, nous on permis de marcher dans Londres avec les enfants sans problème.

Non, la troisième péripétie n'était pas vraiment celle-ci... même si cette météo neigeuse m'a évidemment parfois un peu inquiétée.
En fait, j'ai eu souvent peur qu'on n'arrive pas à prendre l'avion du retour. Chose qui ne m'était encore jamais arrivée. Eh bien mon mauvais pressentiment s'est encore une fois révélé vrai (je pourrais peut-être songer à professionnaliser mes prédictions...): Nous n'avons pas pu prendre notre avion au retour.

Après le londres-Gatwick en Uber, très tôt le matin pour réussir à arriver en avance et anticiper les problèmes sur l'autoroute à cause de la neige et du brouillard (première angoisse), nous sommes arrivés à l'aéroport.... et avons vu l'agréable message, au comptoir EasyJet: "disrupted flights".
Tous les vols Easy jet annulés le 1er mars (et même le lendemain).
Super.
Nous avons donc ajouté une nouvelle corde à notre arc de parents voyageurs; comment on rentre chez nous, donc, dans un pays bloqué par le froid et la neige, avec quatre jeunes enfants et un bébé, sans solution de remplacement ni logement?

Nous savions que nous avions nos copains à Londres (c'est aussi pour ça qu'on avait décidé de faire ce family-trip), mais l'idée de compter sur eux n'était que théorique!
Ayant beaucoup voyagé, enfant, j'ai toujours sur que l'annulation d'un vol était possible, mais je me l'étais toujours imaginée causant, disons, 24h de retard, pas plus.
En fait de retard, ce n'était pas 24h que nous allions être coincés ici... mais plutôt, après consultation de l'appli, en panique... trois jours. Pas un vol de dispo pour une famille (cinq places d'avion), en direction de Nice, avant le 4 mars. Chouette.
Ayant senti qu'il fallait sauter sur l'occasion, nous avons le plus vite possible réservé le vol du 4 mars. Bien nous en a pris, les places étaient très chères, et les vols du 4 mars se sont très vite bookés.

Etape suivante, donc (outre celle de donner le biberon dans le hall du terminal, plein de courants d'airs): faire la queue au service client pour trouver une solution d'hébergement.
Par chance, j'ai réussi à attraper une jeune femme d'Easy jet, et à lui montrer un début de panique de jeune maman... elle m'a prise en pitié et m'a réglé le problème sans me faire patienter dans la file.
En dix minutes, elle nous a trouvé un taxi, un hôtel disponible pour nous à 10 minutes de l'aéroport, et un taxi pour le retour. Nous n'avions pas un Pound à avancer, nous allions être logés et nourris jusqu'au prochain vol. Bon point.
Dans notre malchance donc, nous avons eu cette chance d'être, à nos yeux, vraiment bien pris en charge par EasyJet (même si c'est, je crois, la seule compagnie à avoir annulé autant de vols à cause du froid... ne fonctionnant pas comme les compagnies traditionnelles, avec des parcours différents, une annulation entrainant en cascade tout un tas d'autres annulations).

Nous sommes allés donc, rassurés mais tout de même abattus, nous installer pour trois jours dans l'hôtel désigné.
Je passerai sur les émotions négatives procurées par un tel séjour: l'hôtel s'est révélé assez effroyable au final (une déco atroce, une hygiène déplorable, une moquette hors-d'âge dans les toilettes par exemple (l'imagination travaille à plein, face à ces cas-là), un buffet de cuisine anglaise matin midi et soir, qui, associés à l'inquiétude, m'auront permis de me délester d'un ou deux kilos)... plein de détails assez glauques, nous situant dans une ambiance assez cinématographique, allant de La Famille Adams à Shining, en passant par l'ambiance glaciale de Grand Budapest Hotel et l'épreuve pour le couple et la vie de famille de Snow Therapy.

J'aurais pu, malgré l'ennui, le froid et l'absence totale d'activités aux alentours, réussir à profiter au maximum du séjour en pleine campagne dans un hôtel déprimant, si je n'avais pas été assaillie, 72h durant, par cette angoisse latente: celle, au deuxième coup d'essai, d'échouer encore à prendre notre avion (la météo étant assez effroyable). Ce qui est arrivé à d'autres compagnons d'infortune. Quand j'ai compris que c'était surtout les autres aéroports d'Europe qui avaient été bloqués (spécialement celui de Nice), et que la situation s'améliorait, cela m'a un peu rassurée.

Juste en couple, on aurait pris notre mal en patience. Avec des enfants et un bébé, toute sortes d'inquiétudes m'ont traversé l'esprit.
Nous avons donc, Jean-Chou et moi, beaucoup pris sur nous. On a fait en sorte de faire passer le temps, heure après heure (l'arrivée à l'heure de coucher tout le monde étant une victoire!) de rester calmes avec les enfants, etc... on a aussi fait connaissance avec d'autres compagnons naufragés du froid, dans l'hôtel, notamment des niçois, avec qui on a sympathisé et rigolé.

Je me suis enfin détendue, le 4 mars une fois les portes de l'avion enfin refermées, à 7h20 (dernière épreuve... l'heure du réveil pour embarquer dans cet avion, ha ha!). Avant de crier victoire, je préférais vraiment rester prudente.
En rentrant, l'expression "home sweet home" a vraiment pris tout son sens.
D'ailleurs, moi qui ai toujours aimé les aéroports, et l'air de voyage et d'aventure dans lequel on est plongé immédiatement dès qu'on s'y trouve, je serai bien moins légère maintenant, en prenant l'avion.

De quatre jours initialement prévus, nous avons donc finalement passé sept jours en Angleterre.
Cette troisième péripétie a été, même si elle a été bien gérée par EasyJet (on a lu des anecdotes bien moins sympa à propos d'Air France, à Nice, qui n'a pas du tout joué le jeu et a appliqué la politique du "démerdez-vous"!), une vraie épreuve. Une petite torture psychologique.
Maintenant qu'on est sortis de ce trou, c'est facile de relativiser et même d'en rire (on a lu les commentaires assassins sur Trip Advisor sur notre hôtel, son hygiène et sa cuisine... ça nous a bien fait marrer hier, à l'apéro), mais vraiment, ce n'était pas drôle à vivre.

Enfin ce qu'on pourra tout de même retenir de positif, au final, c'est que les enfants ont été géniaux, positifs, se sont très peu disputés, ont joué ensemble avec trois fois rien, sans écran, ni télé, ni wifi (20 min de wifi par jour, no comment) (on s'est d'ailleurs beaucoup inspiré de leur présence dans l'instant, de leur légèreté), notre bébé a rivalisé d'adaptation, de douceur, de rires et de joie (l'expérience lui aura-t-elle transmis le virus du voyage? qui sait... ) que nous sommes restés soudés tous les six, et que, pour avoir voulu des vacances juste tous les six, "family building", eh bien on peut dire qu'on en a eu pour notre argent.
Nous avons aussi rencontré des anglais souriants, serviables, compatissants, aidants. Ce qui a compté énormément.

Jean-Chou a raté des RDV importants pour le boulot, et, à peine arrivé à la maison, a du reprendre un avion pour aller travailler, mais bon. On se reposera quand on sera morts, n'est-ce pas?
(mais quand-même, je ne veux plus entendre parler de sites de météo, de tracking de vols, de campagne anglaise - ni même de campagne tout court, c'est à se pendre- de neige et de froid pendant un petit moment. Et je ne vais pas faire l'impasse sur la réclamation à la compagnie aérienne).

Ah! et j'oubliais. On a aaaaaaaaadoré Londres! Un séjour magique! J'ai fait plein de photos.
Et ça, c'est bien ce qui restera au final. Et qui fera l'objet... du prochain billet!
billet non sponsorisé évidemment... ni par Airbnb, ni par la compagnie des trains anglais, ni pas Easyjet!

à très vite.


"Voyager, c'est naitre et mourir à chaque instant" (Victor Hugo)

"Le voyage est le meilleur moyen de se perdre et de se retrouver en même temps". (Brenna Smith)

"La bonne humeur est un bon compagnon du voyage" (Paul de Kock)

"Qui n'a pas quitté son pays est plein de préjugés (Carlo Goldoni)

"Qui voyage ajoute à sa vie" (proverbe berbère)

"Quand rien n'est prévu, tout est possible " (Antoine de Maximy)

"Voyager est un triple plaisir: l'attente, l'éblouissement et le souvenir" (Ilka Chase)

"En route, le mieux c'est de se perdre: les projets font place aux surprises et c'est alors, alors seulement, que le voyage commence" (Nicolas Bouvier)

"Rien ne développe l'intelligence comme les voyages" (Emile Zola)

"EasyJet. Vous ne voyagerez plus jamais comme avant" (auteure inconnue, de retour d'un family-trip à Londres).

2 commentaires:

  1. eh bien,... quelle aventure ! et comme toute aventure, il vous restera d'excellents souvenirs malgré tout ! et puis, "qui n'a pas voyagé est plein de préjugés" (CG), "rien ne développe l'intelligence comme les voyages" (EZ), "quand rien n'est prévu, tout est possible" (AdM),... bref,... bon retour chez vous et bravo pour ce "road trip" improvisé si drôlement raconté. free spagh.

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